Bien sûr, je ne pouvais laisser passer le dernier film de James Cameron, le premier depuis Titanic. En général, j’aime bien les films de ce physicien recyclé en cinéaste, où l’on sent le souci du détail et de la cohérence.
En un mot : WOW.
En plusieurs mots, maintenant…
La critique publiée sur médiafilm regrettait que Cameron ait mis son talent et les nouvelles technologies au service d’un récit cliché. Je comprends cette impression dans la mesure où l’intrigue d’Avatar inclut un arbitraire très classique : la rencontre avec une race E.T. illustrant le mythe du bon sauvage. Les extra-terrestres de la planète Pandora, les Na’vis, rappellent beaucoup les cultures amérindiennes dans leur vision holistique de la nature, ils sont détenteurs de la classique « sagesse ancestrale » rencontrée souvent dans la SF (la vieille SF, même). La collision entre notre monde et le leur ne se fait pas sans heurts, rappelant ce qui s’est passé autrefois chaque fois qu’un pays européen posait pied dans un nouveau monde. Et dans Avatar, l’enjeu est toujours (encore) l’exploitation des ressources naturelles locales pour le compte d’une vilaine société capitaliste aux actionnaires affamés.
Donc oui, il y a cet arbitraire. Une fois qu’on le pose et qu’on passe au reste, on réalise que le film fourmille d’un tas de petites idées intéressantes.
En un mot : WOW.
En plusieurs mots, maintenant…
La critique publiée sur médiafilm regrettait que Cameron ait mis son talent et les nouvelles technologies au service d’un récit cliché. Je comprends cette impression dans la mesure où l’intrigue d’Avatar inclut un arbitraire très classique : la rencontre avec une race E.T. illustrant le mythe du bon sauvage. Les extra-terrestres de la planète Pandora, les Na’vis, rappellent beaucoup les cultures amérindiennes dans leur vision holistique de la nature, ils sont détenteurs de la classique « sagesse ancestrale » rencontrée souvent dans la SF (la vieille SF, même). La collision entre notre monde et le leur ne se fait pas sans heurts, rappelant ce qui s’est passé autrefois chaque fois qu’un pays européen posait pied dans un nouveau monde. Et dans Avatar, l’enjeu est toujours (encore) l’exploitation des ressources naturelles locales pour le compte d’une vilaine société capitaliste aux actionnaires affamés.
Donc oui, il y a cet arbitraire. Une fois qu’on le pose et qu’on passe au reste, on réalise que le film fourmille d’un tas de petites idées intéressantes.
Les résumés du film que j’ai lus dans la presse comportent une erreur : il n’y est pas question de scientifiques qui sont transformés en extra-terrestres pour infiltrer ceux-ci, comme dans le roman « Projet miracle » de Mike Resnick. Les humains entrent en contact avec les Na’vis grâce à des avatars, des corps de Na’vis conçus en boîte et qu’ils peuvent téléguider à en s’enfermant à l’intérieur de sarcophages spéciaux. Ce contrôle n’est pas continu : lorsque les humains quittent leur caisson, leur avatar s’endort ou s’effondre. Ce détail permet d’aborder l’arbitraire cliché avec un angle intéressant qui vaut le détour, et Cameron pousse la logique assez loin. Ainsi, le héros du film, Jake, un marine paraplégique, pilote un avatar et se fait adopter par les Na’vis. Bien entendu — on l’anticipe dès le début —, il va tomber amoureux de la princesse de la communauté E.T. — et réciproquement. Mais l’amour est vécu par l’intermédiaire de son avatar. Les choses prennent rapidement un petit côté tordu et intéressant…
Et bon, on devine la suite : bien entendu, la méchante compagnie minière va employer Jake, via son avatar, pour manipuler les Na’vis et les éloigner du site qu’elle convoite. Bien entendu, Jake (et d’autres scientifiques eux aussi pilotes d’avatars, comme Sigourney Weaver qui joue avec brio les Diane Fossey (!) de l’espace) va prendre la défense des Na’vis. Bien entendu, tout va culminer dans une grosse bataille finale où tous les opprimés se solidarisent, y compris Mère-Nature. Et bien entendu…
Et puis après? On le sait, on le devine, mais on veut le voir quand même! J’ai su tout le long qu’il y aurait une scène où la jolie princesse E.T. se retrouverait face au vrai Jake, à l’humain. Oui, je le savais d’avance, et j’avais juste hâte de voir la scène en question. Et quand la rencontre se produit, c’est très touchant. Je savais qu’il y aurait une grosse bagarre à la fin avec intervention de Mère-Nature. Et j’avais hâte de la voir quand même. Je savais qu’il y aurait une confrontation finale entre le héros et le vilain colonel fou. Et j’avais hâte que le fichu colonel en crève! :-)
Pour le reste, l’intrication des vues réelles et animées, au sein des mêmes images parfois, est tout à fait extraordinaire. Le monde E.T. dépeint par Cameron est tout à fait époustouflant avec sa faune et sa flore bigarrées, multicolores et phosphorescentes. Cameron aime la cohérence et on le voit très bien dans la conception de ses arrières-mondes. Une bonne partie du film, d’ailleurs, ne sert pratiquement qu’à nous faire visiter la planète Pandora avec ses us et coutumes. Je connais certaines personnes qui feront une syncope devant ces scènes anthropologiques qui, selon eux, trouveraient mieux leur place dans le National Geographic, mais on s’en fout. Moi j’ai aimé le dépaysement, la visite d’un autre univers. En fin de compte, tous ces petits détails — peut-être trop vite montrés — trouvent leur utilité dans l’histoire.
Ah, et fait intéressant : les méchants sont assez unidimensionnels et manichéens. Mais dans les militaires, cela faisait du bien d’en voir qui ont enfin de l’allure. La militaire jouée par Michelle Rodriguez est intelligente, moralement droite et pas énervante comme ses semblables dans Aliens, du même Cameron. Ça fait du bien.
Pour les curieux, il existe un guide qui détaille l’arrière-monde d’Avatar. On peut apprécier tout le travail de conception accompli pour le décor, et qu’on ne peut, malheureusement, qu’entrevoir au cours de ces deux heures quarante. Le livre apporte même certaines réponses aux interrogations que j’ai formulées pendant le visionnement — le fait que des montagnes soient suspendues dans le vide, par exemple. Ou la position de Pandora. Quand on entend, au début, que les voyageurs doivent dormir cinq ans pour gagner la planète, alors que les vaisseaux interstellaires ne fonctionnent pas avec l’hyperespace, mais avec le bon vieux principe d’action-réaction de Newton, je me suis dit que cette planète devait être à moins de cinq années-lumière de la Terre. Confirmation du livre : elle est dans le coin d’Alpha du Centaure, notre plus proche voisine, à environ quatre années-lumière. Étoile qui sera probablement, un jour, la première cible des voyages interstellaires. Quand l’humanité sera rendue à ce stade. Si elle y parvient…
Donc, conclusion : moi j’ai passé un bon moment.
Et bon, on devine la suite : bien entendu, la méchante compagnie minière va employer Jake, via son avatar, pour manipuler les Na’vis et les éloigner du site qu’elle convoite. Bien entendu, Jake (et d’autres scientifiques eux aussi pilotes d’avatars, comme Sigourney Weaver qui joue avec brio les Diane Fossey (!) de l’espace) va prendre la défense des Na’vis. Bien entendu, tout va culminer dans une grosse bataille finale où tous les opprimés se solidarisent, y compris Mère-Nature. Et bien entendu…
Et puis après? On le sait, on le devine, mais on veut le voir quand même! J’ai su tout le long qu’il y aurait une scène où la jolie princesse E.T. se retrouverait face au vrai Jake, à l’humain. Oui, je le savais d’avance, et j’avais juste hâte de voir la scène en question. Et quand la rencontre se produit, c’est très touchant. Je savais qu’il y aurait une grosse bagarre à la fin avec intervention de Mère-Nature. Et j’avais hâte de la voir quand même. Je savais qu’il y aurait une confrontation finale entre le héros et le vilain colonel fou. Et j’avais hâte que le fichu colonel en crève! :-)
Pour le reste, l’intrication des vues réelles et animées, au sein des mêmes images parfois, est tout à fait extraordinaire. Le monde E.T. dépeint par Cameron est tout à fait époustouflant avec sa faune et sa flore bigarrées, multicolores et phosphorescentes. Cameron aime la cohérence et on le voit très bien dans la conception de ses arrières-mondes. Une bonne partie du film, d’ailleurs, ne sert pratiquement qu’à nous faire visiter la planète Pandora avec ses us et coutumes. Je connais certaines personnes qui feront une syncope devant ces scènes anthropologiques qui, selon eux, trouveraient mieux leur place dans le National Geographic, mais on s’en fout. Moi j’ai aimé le dépaysement, la visite d’un autre univers. En fin de compte, tous ces petits détails — peut-être trop vite montrés — trouvent leur utilité dans l’histoire.
Ah, et fait intéressant : les méchants sont assez unidimensionnels et manichéens. Mais dans les militaires, cela faisait du bien d’en voir qui ont enfin de l’allure. La militaire jouée par Michelle Rodriguez est intelligente, moralement droite et pas énervante comme ses semblables dans Aliens, du même Cameron. Ça fait du bien.
Pour les curieux, il existe un guide qui détaille l’arrière-monde d’Avatar. On peut apprécier tout le travail de conception accompli pour le décor, et qu’on ne peut, malheureusement, qu’entrevoir au cours de ces deux heures quarante. Le livre apporte même certaines réponses aux interrogations que j’ai formulées pendant le visionnement — le fait que des montagnes soient suspendues dans le vide, par exemple. Ou la position de Pandora. Quand on entend, au début, que les voyageurs doivent dormir cinq ans pour gagner la planète, alors que les vaisseaux interstellaires ne fonctionnent pas avec l’hyperespace, mais avec le bon vieux principe d’action-réaction de Newton, je me suis dit que cette planète devait être à moins de cinq années-lumière de la Terre. Confirmation du livre : elle est dans le coin d’Alpha du Centaure, notre plus proche voisine, à environ quatre années-lumière. Étoile qui sera probablement, un jour, la première cible des voyages interstellaires. Quand l’humanité sera rendue à ce stade. Si elle y parvient…
Donc, conclusion : moi j’ai passé un bon moment.
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