Terminé maintenant le Congrès Boréal. Tous sont repartis aux quatre coins du Québec — ou de la planète dans certains cas —, l’adrénaline retombe et la fatigue de la fin de trimestre (travaux, ACFAS, Boréal, tout cela en deux semaines) reprend le dessus. Mais pas assez pour m’empêcher de pondre un billet sur le sujet. Je sais, tout le monde va pondre son propre billet et livrer ses impressions, mais je tiens quand même à souligner ce que j’ai apprécié — cela fera toujours un velours mérité aux personnes concernées. Mais je vais sûrement en oublier dans le lot, alors je m’en excuse à l’avance!
D’abord, un grand merci aux participants du colloque Boréal qui ont généreusement partagé avec nous leurs connaissances. Les exposés ont été très intéressants, je souhaite qu’ils aient alimenté la réflexion des personnes qui y ont assisté. J’espère aussi que ma modeste contribution a atteint le même but.
Ensuite… Ah! Il y avait tant de choses à voir! Mais impossible de se scinder en deux ou trois personnes pour aller aux tables rondes simultanées — sans oublier le fait que, contrairement à l’année passée, je connaissais plus de gens et j’ai donc manqué plusieurs tables rondes pour papoter gentiment dans les couloirs. Mais c’est aussi l’un des plus grands plaisirs de Boréal que de voir toute la communauté réunie en chair et en os et d’échanger par d’autres voies que le web. Dans le désordre…
Ø J’ai fait la connaissance de Catherine Dufour, écrivaine française et invitée d’honneur avec qui j’ai eu un plaisir fou à discuter — tant au bar que lors de la table ronde que j’animais sur la bioéthique et sur laquelle elle siégeait aussi.
Ø J’ai pu effectuer une courte présentation sur les chimères humain-animal samedi matin, où j’ai parlé des expériences que les Russes ont jadis entreprises pour créer un hybride homme-singe. J’avais promis du scabreux et du croustillant et je crois que certains en ont eu pour leur argent (façon de parler, bien sûr…).
Ø La table ronde « Le maltraitement de vieux » a été pour moi le moment le plus succulent. Joël Champetier, Natasha Beaulieu, Patrick Senécal et Francinne Pelletier y ont lu des extraits de textes qu’ils ont écrits entre 14 et 24 ans si je ne m’abuse, afin d’en montrer les naïvetés. Les mots me manquent pour dire comment certains textes étaient consternants!!! Mais le but de l’exercice n’était pas de rire des auteurs, plutôt de rire avec eux. Le tout d’une manière pédagogique : une fois les rires retombés et les côtes douloureuses, les auteurs expliquaient en quoi leurs textes étaient défectueux et montraient que tous les grands écrivains passaient par là.
Ø Tables rondes sur la bioéthique, et une autre intitulée « Lis ton livre et reste tranquille », que j’ai eu l’honneur d’animer. C’était la première fois que j’animais, j’ai tenté de rester le plus effacé possible pour laisser parler les autres (autant les panellistes que le public) et de me contenter d’orienter la discussion, ponctuait d’un grain de sel de temps en temps. Je crois que cela a engendré de bonnes discussions. En tout cas, c’est comme ça que j’envisageais la tâche d’animateur et j’espère avoir atteint le but recherché.
Ø L’heure où Élisabeth Vonarburg nous a parlé du processus d’écriture de « Reine de mémoire » était un de ces rares moments où l’on écouterait son interlocuteur des heures sans se lasser. L’exercice était passionnant et instructif et m’a fourni des pistes de réflexion pour un projet d’uchronie qui me trotte en tête depuis longtemps, mais que j’ai de la difficulté à faire — pas évident l’uchronie!
Ø Très impressionnant aussi le professionnalisme des revues Clair Obscur et Brins d’éternité. Brins d’éternité, avec sa nouvelle couverture et l’ambition (dans le bon sens du terme, il s’agit d’une ambition noble et raisonnable) de ses rédacteurs de passer du fanzine à la revue professionnelle en fait une publication à surveiller et qui mérite d’être encouragée. (Et si je le dis, c’est que j’envisage aussi de le faire — oui d’accord, mes textes ne sont pas des trucs-géniaux-qui-manquent-à-cette-revue-et-sans-lesquels-celle-ci-est-incomplète mais j’ai bien l’intention d’y contribuer après la publication de ma première nouvelle dans Solaris.)
Ø Discussion d’une heure (et demie) sur « tout et rien » avec Jean Pettigrew, en qui l’on découvre un passionné d’une très grande gentillesse et — comment dire? — d’une très grande intégrité par rapport à son art. Le genre de personne avec qui l’on peut apprendre beaucoup.
J’en oublie sûrement. Mais je retiendrai surtout avoir revu plein de copains de l’atelier (Pascale Raud, Mathieu Fortin, Alexandre Lemieux, Vincent Saint-Aubin-Émard), d’avoir revu ou fait la connaissance de plusieurs auteurs de ma génération (Jonathan Reynolds, Guillaume Voisine, Émilie C. Lévesque — alias S@hée —, Josée Lepire, François-Bernard Tremblay, Sébastien Aubry). Joël Champetier en a profité pour réviser avec moi ma nouvelle qui devrait paraître très bientôt dans Solaris, et j’ai pu passer un agréable moment avec Valérie, son épouse. Côté livre, je me suis procuré auprès de René Beaulieu un exemplaire de la thèse que Kim Stanley Robinson a rédigée sur l’œuvre de Philip K. Dick.
Fait intéressant, j’ai fait la connaissance de plein de gens qui me connaissaient de réputation, qui lisent régulièrement ce blogue ou ont pris connaissance de mes petites critiques de livres dans Solaris — sans oublier l’article rédigé avec Mario Tessier pour les carnets du futurible. (Mario Tessier, toujours aussi agréable, et toujours détenteur d’une érudition qu’on ne peut qu’envier —je me répète, je le sais, ça va sûrement le gêner, mais je le réaffirme parce que je le pense). Mais ça faisait drôle de rencontrer plein de gens qui vous connaissent « de réputation ». (Ah? On parle donc de moi quand je ne suis pas là?)
Ah, et détail sans importance, mais j’ai participé pour la première fois au concours d’écriture sur place. L’exercice est simple : on vous donne un thème (cette année c’était « Aux armes! ») et vous avez une heure pour écrire à partir de ce thème une histoire comportant un début, un milieu et une fin. Je me suis prêté au jeu. Et j’ai gagné le concours. Le texte, avec quelques corrections mineures, mais pas de réécriture, devrait paraître dans Solaris.
Bon, sur ce on va dormir! Je prends une journée plus détendue demain. Avant de replonger dans le monde de la bioéthique — cours de neuroéthique, un article à corriger, un autre à retravailler, etc. Et ah! Faut travailler cette nouvelle pour le prochain atelier d’écriture…
Encore merci à tous les participants du Congrès et à tous ceux qui en font un événement chaleureux — Yolande, vous êtes incluse là-dedans et mériterez toujours une attention spéciale de ma part pour m’avoir si gentiment accueilli lors de mon premier Congrès Boréal, en 2008. Et félicitations à tous les lauréats des prix Jacques Brossard et Boréal, qui ont bien mérité leur récompense!