samedi 19 décembre 2009

Le dernier-né de l'ami Cameron





Bien sûr, je ne pouvais laisser passer le dernier film de James Cameron, le premier depuis Titanic. En général, j’aime bien les films de ce physicien recyclé en cinéaste, où l’on sent le souci du détail et de la cohérence.

En un mot : WOW.

En plusieurs mots, maintenant…

La critique publiée sur médiafilm regrettait que Cameron ait mis son talent et les nouvelles technologies au service d’un récit cliché. Je comprends cette impression dans la mesure où l’intrigue d’Avatar inclut un arbitraire très classique : la rencontre avec une race E.T. illustrant le mythe du bon sauvage. Les extra-terrestres de la planète Pandora, les Na’vis, rappellent beaucoup les cultures amérindiennes dans leur vision holistique de la nature, ils sont détenteurs de la classique « sagesse ancestrale » rencontrée souvent dans la SF (la vieille SF, même). La collision entre notre monde et le leur ne se fait pas sans heurts, rappelant ce qui s’est passé autrefois chaque fois qu’un pays européen posait pied dans un nouveau monde. Et dans Avatar, l’enjeu est toujours (encore) l’exploitation des ressources naturelles locales pour le compte d’une vilaine société capitaliste aux actionnaires affamés.

Donc oui, il y a cet arbitraire. Une fois qu’on le pose et qu’on passe au reste, on réalise que le film fourmille d’un tas de petites idées intéressantes.
Les résumés du film que j’ai lus dans la presse comportent une erreur : il n’y est pas question de scientifiques qui sont transformés en extra-terrestres pour infiltrer ceux-ci, comme dans le roman « Projet miracle » de Mike Resnick. Les humains entrent en contact avec les Na’vis grâce à des avatars, des corps de Na’vis conçus en boîte et qu’ils peuvent téléguider à en s’enfermant à l’intérieur de sarcophages spéciaux. Ce contrôle n’est pas continu : lorsque les humains quittent leur caisson, leur avatar s’endort ou s’effondre. Ce détail permet d’aborder l’arbitraire cliché avec un angle intéressant qui vaut le détour, et Cameron pousse la logique assez loin. Ainsi, le héros du film, Jake, un marine paraplégique, pilote un avatar et se fait adopter par les Na’vis. Bien entendu — on l’anticipe dès le début —, il va tomber amoureux de la princesse de la communauté E.T. — et réciproquement. Mais l’amour est vécu par l’intermédiaire de son avatar. Les choses prennent rapidement un petit côté tordu et intéressant…

Et bon, on devine la suite : bien entendu, la méchante compagnie minière va employer Jake, via son avatar, pour manipuler les Na’vis et les éloigner du site qu’elle convoite. Bien entendu, Jake (et d’autres scientifiques eux aussi pilotes d’avatars, comme Sigourney Weaver qui joue avec brio les Diane Fossey (!) de l’espace) va prendre la défense des Na’vis. Bien entendu, tout va culminer dans une grosse bataille finale où tous les opprimés se solidarisent, y compris Mère-Nature. Et bien entendu…

Et puis après? On le sait, on le devine, mais on veut le voir quand même! J’ai su tout le long qu’il y aurait une scène où la jolie princesse E.T. se retrouverait face au vrai Jake, à l’humain. Oui, je le savais d’avance, et j’avais juste hâte de voir la scène en question. Et quand la rencontre se produit, c’est très touchant. Je savais qu’il y aurait une grosse bagarre à la fin avec intervention de Mère-Nature. Et j’avais hâte de la voir quand même. Je savais qu’il y aurait une confrontation finale entre le héros et le vilain colonel fou. Et j’avais hâte que le fichu colonel en crève! :-)

Pour le reste, l’intrication des vues réelles et animées, au sein des mêmes images parfois, est tout à fait extraordinaire. Le monde E.T. dépeint par Cameron est tout à fait époustouflant avec sa faune et sa flore bigarrées, multicolores et phosphorescentes. Cameron aime la cohérence et on le voit très bien dans la conception de ses arrières-mondes. Une bonne partie du film, d’ailleurs, ne sert pratiquement qu’à nous faire visiter la planète Pandora avec ses us et coutumes. Je connais certaines personnes qui feront une syncope devant ces scènes anthropologiques qui, selon eux, trouveraient mieux leur place dans le National Geographic, mais on s’en fout. Moi j’ai aimé le dépaysement, la visite d’un autre univers. En fin de compte, tous ces petits détails — peut-être trop vite montrés — trouvent leur utilité dans l’histoire.

Ah, et fait intéressant : les méchants sont assez unidimensionnels et manichéens. Mais dans les militaires, cela faisait du bien d’en voir qui ont enfin de l’allure. La militaire jouée par Michelle Rodriguez est intelligente, moralement droite et pas énervante comme ses semblables dans Aliens, du même Cameron. Ça fait du bien.

Pour les curieux, il existe un guide qui détaille l’arrière-monde d’Avatar. On peut apprécier tout le travail de conception accompli pour le décor, et qu’on ne peut, malheureusement, qu’entrevoir au cours de ces deux heures quarante. Le livre apporte même certaines réponses aux interrogations que j’ai formulées pendant le visionnement — le fait que des montagnes soient suspendues dans le vide, par exemple. Ou la position de Pandora. Quand on entend, au début, que les voyageurs doivent dormir cinq ans pour gagner la planète, alors que les vaisseaux interstellaires ne fonctionnent pas avec l’hyperespace, mais avec le bon vieux principe d’action-réaction de Newton, je me suis dit que cette planète devait être à moins de cinq années-lumière de la Terre. Confirmation du livre : elle est dans le coin d’Alpha du Centaure, notre plus proche voisine, à environ quatre années-lumière. Étoile qui sera probablement, un jour, la première cible des voyages interstellaires. Quand l’humanité sera rendue à ce stade. Si elle y parvient…

Donc, conclusion : moi j’ai passé un bon moment.
.

dimanche 29 novembre 2009

Une curiosité nommée Franklyn…


Certains connaissent mon intérêt pour les personnages bizarres et masqués (Hé! Qui a crié « fétichiste » dans le fond de la salle? Gnnnnn…), aussi cette pochette DVD m’a-t-elle, bien sûr, attiré lors de ma visite hebdomadaire à la Boîte Noire. Dans ce film, on y parle d’un détective masqué à la Rorschach (Ryan Philippe) évoluant dans un monde parallèle steampunk dont la destinée recoupe celle de trois individus vivant dans notre Londres contemporain : un jeune romantique qui se remet difficilement de sa dernière rupture (Sam Riley), une étudiante en art qui simule sans cesse son propre suicide (Eva Green) et un vieil homme qui erre à travers les bas fonds londoniens en quête de son fils disparu (Bernard Hill, que tous associent au roi Théoden, mais que je percevrai toujours comme le capitaine Smith, dans Titanic). Le film suit les quatre protagonistes, en apparence séparés. Mais au fur et à mesure que l’intrigue avance, on remarque des points communs entre ces vies et ces mondes séparés… jusqu’à la convergence dans une finale qui changera à jamais la vie des quatre personnages principaux, pour le meilleur et pour le pire.

« Franklyn » est sorti en 2008 en Grande-Bretagne et semble ne débarquer que maintenant sur nos terres. Dommage parce que, franchement, j’ai cru voir en ce long-métrage un petit bijou qui pourrait souffrir d’une comparaison injustifiée avec Watchmen (à cause du personnage du détective masqué). Pour le reste, il s’agit d’une histoire différente, qui oscille entre un Londres familier et des cités tentaculaires appartenant à la tradition steampunk — revue et corrigée par un Terry Gilliam sur l’acide (nullement associé à ce projet, soit dit en passant). Il y a probablement beaucoup de mon goût personnel dans mon enthousiasme, mais j’ai vraiment été happé par l’atmosphère, l’ambiance musicale, le décor steampunk déjanté et les personnages tous aussi tourmentés les uns que les autres. La manière dont les histoires des deux univers se recoupent, avec un détail subtil qui fait verser l’histoire dans le fantastique, m’a paru extrêmement brillante : tout se fait progressivement, d’abord avec subtilité grâce à de petits indices glissés ici et là pour le spectateur attentif, puis avec de plus en plus d’évidence jusqu’à la révélation finale. Une révélation classique pour certains, mais qui teinte tout l’amont du film d’une dimension psychologique touchante et tourmentée, qui n’a pu que me plaire. Et qui, instantanément, vous fait réinterpréter toutes les scènes vues auparavant sans que vous ayez besoin d’appuyer sur « rewind ».

Le genre d’histoire que j’aurais aimé écrire, sincèrement :-)

Bon, ce n’est pas assuré que vous aimerez, si vous louez ce film, mais je crois qu’il s’agit d’une petite curiosité qui mérite d’être vue et qui, malheureusement, risque de sombrer dans l’oubli, faute d’avoir Robert Pattisson au générique (vous savez, le type qu’on voit partout sur les affiches et qui a un regard vide…)

Et en passant, j’ai vu que Jonathan Reynolds m’a décerné un prix doublé d’une tag. Je le remercie de son attention qui me touche, sincèrement :-) Seulement, je n’aime vraiment pas les tags, pas plus que livrer des secrets sur moi… alors désolé, mais ce ne sera pas aujourd’hui que vous apprendrez mes plus noirs secrets… :-) (Hé! Qui a crié le mot « fétichiste » au fond de la salle? Gnnn…)

mercredi 18 novembre 2009

Comment survivre au salon du livre...


Élisabeth Vonarburg, dans un récent courriel, a eu un de ses mots d'esprits inimitables que je me permets de reprendre ici -- sans lui avoir demandé la permission. Je ne crois pas toutefois qu'elle m'en voudra, et moi je m'en voudrais de le garder pour moi. Elle m'a donc dit, la grande dame de la SF, au sujet du salon du livre de Montréal qui arrive en même temps qu'un virus appelé AH1N1 (vous ne le connaissez pas, je suis sûr...) quelque chose comme : "En tout cas, avec le H1N1 qui court, jamais le salon du livre n'aura autant mérité son surnom de bouillon de culture."


(Note à moi-même: quand je serai capable de faire des mots d'esprit aussi spontanés, vérifier si les poules ont, entretemps, acquis une dentition...)


On peut se poser la question: autant de gens qui se frôlent, se serrent les mains, s'embrassent, le tout dans un espace clos... eh oui, cela peut augmenter les risques de rencontrer et de contracter la charmante bestiole au code postal. Aussi vais-je agir pour diminuer les risques au maximum.


Donc ne m'en voulez pas si je me montre compulsif avec le purrell, si je préfère vous serrer la main plutôt que vous embrasser (même avec les gens vaccinés, avoir le vaccin n'empêche pas le charmant virus de se trouver sur votre joue et de le refiler aux autres), si dans le métro je porte constamment mes gants de cuir pour me rappeler de ne pas me mettre les mains dans le visage ou si j'arrive en scaphandre. Ou que j'envoie seulement mon hologramme. Qui sait, c'est peut-être moi qui pourrait vous transmettre un joli virus ramassé par inadvertance dans le métro...

Hum... Côtoyer autant de gens pendant le salon du livre va être une expérience plus que fascinante, cette année! :-p
.
Ceci dit, adopter les bonnes attitudes constitue une prévention efficace contre le AH1N1, alors pas de quoi paniquer pendant le salon. Pour plus d'informations sur le AH1N1 et sur les mesures que tous peuvent appliquer autant pour se protéger que protéger les autres, on trouvera des informations sérieuses sur le site de la santé publique. Un site très utile pour faire le ménage dans toutes les stupidités qu'on a entendu sur les vaccins et qui viennent d'une troupe d'hurluberlus illuminés dont on pourrait rire si leurs propos aberrants n'étaient pas pris au sérieux par autant de gens crédules...

mardi 10 novembre 2009

Les aventures d'un jeune Moriarty


Le hasard l’autre jour a mis entre mes mains, à la bibliothèque nationale, la bande dessinée adaptée de la série Artemis Fowl, publiée chez Gallimard. Je ne connaissais rien de ce personnage, mais un vague recoin obscur de mon cerveau rempli de monstres et de chimères m’affirmait que j’avais déjà vu ce nom quelque part. Aussi ai-je donc emprunté l’ouvrage. Qui m’a beaucoup plu. Et comment puisque le héros de cette histoire n’est nul autre que… le méchant. :-) [N.B. La page couverture montrée ici est celle de l'édition anglaise, plus jolie que celle retenue pour la traduction française.]

Artemis Fowl est, selon certaines sources, un gros succès de la littérature jeunesse et une adaptation cinématographique serait en cours. Fruit de la plume de l’écrivain irlandais Eoin Colfer (prononcez « Owen Colfer »), Artemis Fowl raconte les aventures de l’héritier d’une famille irlandaise connu pour n’avoir vécu que par le crime. Pour restaurer la fortune familiale après la disparition de son père, mais aussi pour retrouver celui-ci et sauver sa mère devenue folle, le jeune Fowl, 12 ans, petit génie de l’informatique et des sciences, conçoit un plan audacieux : kidnapper une fée et lui dérober son or. Un plan dangereux, qui passera à deux doigts de provoquer la chute tant du monde féerique que du nôtre… Car Fowl ne kidnappe nul autre que la capitaine Holly Short, membre des FARfadets (Forces Armées de Régulation du Peuple des fées), une elfe policière dont la disparition provoquera tout un branle-bas de combat. Branle-bas dont Fowl s’en sortira grâce à une ruse extraordinaire, qui constitue le clou du récit.

Un antihéros, bref, dont on aurait peut-être censuré les aventures dans ma prime jeunesse. Toutefois, ce n’est pas la première fois que les Britanniques nous livrent des histoires pour enfant un peu cruelles et dotées de personnages ambigus — on n’aura qu’à demander à J.K. Rowling ou Roald Dahl. Et ici, quelle gageure : ce ne sont pas les aventures d’un jeune Sherlock Holmes qu’on nous raconte, mais celles d’un jeune Moriarty plutôt charismatique, à tout le moins fascinant.

La bande dessinée m’a beaucoup plus. L’histoire est bien ficelée, le design des personnages m’a semblé assez original. L’univers féerique auquel se frotte le jeune Artémis est aussi bien différent de celui d’Harry Potter. Si, ici aussi, elfes, fées, gobelins et nains côtoient aussi bien les centaures que les trolls, c’est dans un univers souterrain à la Blade runner plutôt qu’un univers de sorciers. Dans le monde des fées, il y a de la magie, oui, mais aussi beaucoup de technologie qui emploie justement cette magie. L’univers féerique qui sert d’arrière-monde aux aventures de Fowl tord donc le cou à quelques stéréotypes et flirte avec la SF, ce qui n’est pas pour me déplaire :-)

Intrigué, je suis allé emprunter les romans à la bibliothèque, l’adaptation BD ne se limitant pour le moment qu’au tome 1. Force m’est d’admettre que j’ai préféré la bande dessinée; je serais prêt à ouvrir le portefeuille pour elle, mais pas pour les romans. Ceux-ci sont remplis de bonnes idées et ont des intrigues assez bien ficelées, mais ils manquent, à mon avis, de ce qui faisait le charme des romans de J.K. Rowling auprès des adultes : une excellente maîtrise de la prose et des techniques narratives, ainsi qu’une rigueur extraordinaire dans la conception des arrières-mondes. Le style de Colfer m’a vraiment donné l’impression d’être destiné à la jeunesse, ce que je ne ressentais pas avec Rowling. Ensuite, je n’ai pu m’empêcher de noter des erreurs majeures dans les univers dépeints par Colfer — pas de petits accrocs que seul un fanatique maniaque remarquerait, mais des problèmes de logique qui invalident carrément l’intrigue. Curieusement, ces erreurs sont corrigées dans la bande dessinée. Je suis actuellement en train de parcourir le second roman de la série et les irritants abondent tellement que je ne crois pas poursuivre. Cela dit, pour un public jeunesse, ces romans constitueront sûrement des œuvres marquantes.

Mon impression, c’est que le passage du premier roman à la bande dessinée a permis une épuration — les illogismes ont été corrigés —, mais aussi un approfondissement : le côté descriptif manque cruellement dans les romans de Colfer, je n’ai pas perçu son univers de la même manière que je percevais le château de Poudlard, par exemple. La bande dessinée compense ce défaut en nous montrant cet univers (bien entendu…) et en lui donnant une apparence qui rompt avec ce qu’on attend d’un monde féerique, ce qui peut soulever l’intérêt.

Je suis curieux de voir les adaptations BD des autres romans du cycle. Si les romans de Colfer n’ont pas réussi à rejoindre le lecteur que je suis (et qui n’appartient pas au public visé), la bande dessinée a atteint ce but. Je suis curieux, maintenant, de voir ce que ça va donner au cinéma.

samedi 31 octobre 2009

Petit événement Alibis-Solaris au SLM...

Le prochain salon du livre de Montréal verra la tenue d'un petit événement Alibis-Solaris semblable à celui qui s'est tenu l'année passée -- à la différence qu'on n'entendait pas parler du AH1N1 à l'époque... Voici les noms des auteurs qui seront présents avec leur horaire de signature, au stand Alire -- sauf changements ultérieurs -- le samedi 21 novembre 2009:

16h à 16h30 : Sébastien Aubry et Benoît Bouthillette
16h à 16h30 : Patrick Senécal
16h à 16h30 : Jean-Louis Trudel
16h30 à 17h : François Lévesque
16h30 à 17h : Maxime Houde et David Sionnière
16h30 à 17h : Philippe-Aubert Côté et Raymond Dumoulin
17h à 17h30 : Élisabeth Vonarburg et Luc Dagenais
17h à 17h30 : Richard Ste-Marie
17h à 17h30 : Jean-Jacques Pelletier

C'est une excellente occasion de venir bavarder avec les contributeurs des revues dans une effervescence amicale. Je ne sais pas si du vin sera servi comme l'année passée, mais des fioles de Purell et autres antiseptiques seront sûrement de mise... :-)

J'adore l'Halloween...


Je sors de mon antre (et non pas de mon cercueil; je tolère les vampires, à la limite, mais les zombies, quant à eux, fichez le camp!) et de mon silence radio de trois semaines pour souhaiter la joyeuse Halloween à tout le monde :-)


C'est un fait, j'adore l'Halloween, j'ai toujours aimé cette fête même si j'ai passé l'âge des bonbons depuis longtemps -- quoique j'adore toujours les déguisements. Les gens de QuébecSF se rappellent encore de mon acoutrement de l'année passée et au party d'Halloween du département de bioéthique de l'UdeM de cette année, j'ai gagné une bouteille de vin pour le plus joli déguisement. C'était la première fois de ma vie que je me déguisais en loup-garou (si, si!) même si cela a toujours été mon monstre préféré...


Pourquoi cet amour pour l'Halloween? L'Halloween, pour moi, c'est un moment amusant dans la grisaille d'automne entre la fin de l'été et le début de l'hiver. C'est aussi un hommage à nos racines païennes, un souvenir des commémorations du solstice, entre autres, auxquels se livraient nos lointains ancêtres celtiques ou gaulois, à l'époque des druides, avant que le christianisme en fasse la fête de tous les saints (All Hallow Even, soit "la fête de tous les saints"). Ce matin, à la télévision, Jeanette Bertrand a associé cette fête à une origine typiquement américaine. Sans vouloir retirer quoi que ce soit à cette grande dame, il faut replacer les choses : l'Halloween est plus qu'une fête américaine. C'est un héritage anglo-saxon et gaulois (on a un héritage anglo-saxon tout autant que francophone au Québec, qu'on le veuille ou non) qui vient de la préhistoire. C'est beaucoup plus qu'une mode américaine!


Outre s'éclater au milieu de l'automne, c'est aussi une occasion de déjouer notre vieille ennemie la peur, avec toutes ces histoires effrayantes, ces monstres et autres démons qui n'ont d'emprise, en bout de ligne, que dans notre imagination.


Et qui seront toujours moins pires que ce monstre qui les dépasse tous: l'humain...

samedi 10 octobre 2009

Les mots que je ne mets pas sur ce blogue...

...je les place ailleurs.

C'est pour cela que ces temps-ci je poste moins que mon billet hebdomadaire. Je me consacre beaucoup à mes projets d'écriture ces temps-ci, en marge de mon travail, et j'ai moins de temps et d'énergie pour le web. Les deux ou trois prochaines semaines seront plus tranquilles côté blogue. Mais l'important, c'est ce qui va en sortir. Objectif: être en mesure de faire d'autres soumissions dans un avenir proche.

C'est ce qui s'appelle "placer ses priorités aux bons endroits".

:-)

Je retourne bosser... et j'espère bien aller jeter un coup d'oeil sur l'adaptation ciné de "5150 rue des Ormes".

jeudi 1 octobre 2009

Le patient de l'interne Freud (Teaser)

Avec l'autorisation des éditeurs, voici le début de la nouvelle Le patient de l'interne Freud (genre: fantastique-horreur), qui sera disponible très bientôt dans le numéro 172 de la revue Solaris (automne 2009).
.
.
.
.
Le patient de l'interne Freud
.

par Philippe-Aubert Côté
.
.
À monsieur Opale
.
.
« Vous y mettrez de l’ordre après. Je peux évoquer les souvenirs tels qu’ils me reviennent, mais les agencer en un récit compréhensible relève de votre talent.
.
« Quand je reconstitue mon histoire, je pense en premier à l’obscurité de ma… Puis-je appeler ça « prison » ? Ou « tombe » ? J’étais prisonnier du corps d’Aidan Ross : c’était sombre, étroit, difficile d’y remuer. En m’enfermant là, Aidan espérait que j’y meure. Sa chair, donc, constituait aussi mon cercueil.
.
« J’ai creusé la noirceur jusqu’à atteindre les yeux d’Aidan. Je voyais le contenu de son assiette, les patients qu’il rencontrait, les photographies licencieuses qu’il regardait le soir – vous savez de quoi je parle, eh ? J’ai réussi à juxtaposer mes oreilles aux siennes, à saisir ce qu’il entendait. Un vrai supplice de Tantale, car il m’était impossible de goûter ce qu’il mangeait ou de percevoir ce qu’il touchait. J’étais un être désincarné : je ne ressentais ni douleur ni plaisir des sens.
.
« Puis l’interne Freud est intervenu.
.
« Grâce à Freud, j’ai pénétré dans ce monde. Et tué.
.
« Oui. Vous avez compris : tué. Qu’attendiez-vous ? Ne vous ai-je pas promis de révéler les dessous de l’Affaire Ross ?
.
« Commençons par là… »
.
.
Opéra de Paris, décembre 1885
.
Aidan tâte son bras gauche. Cette sensation de brûlure… Puis l’engourdissement autour de ses orbites. Ses paupières se ferment toutes seules.
.
Il les rouvre : dans le noir brille un phosphène en forme d’arbuste.
.
Ça recommence.
.
Sans quitter son siège, Aidan se penche vers l’extérieur du balcon. Il remue les yeux pour chasser la somnolence, fixe plusieurs points dans la salle. Les autres loges. Les paires de colonnes cannelées qui supportent la coupole, le marbre, le stuc, la scène, les fauteuils rouges, les spectateurs. Les chanteurs. Les ballerines qui défient la gravité au rythme des envolées lyriques.
.
Il glisse un regard vers le siège voisin, vers son vieil oncle Hugh. Ce dernier ne remarque rien, absorbé par la fin du premier acte.
.
Assis de l’autre côté de l’oncle Hugh, Freud se penche vers Aidan et murmure : « Allez-vous bien ?
.
— La chaleur m’indispose. Excusez-moi. »
.
Oncle Hugh regarde Aidan, les sourcils froncés, alors que celui-ci quitte la loge.
.
Aidan atteint le grand foyer, désert. Des colonnes dorées et des lustres flamboyants. Ses yeux brûlent, sa peau aussi. Il est incandescence. L’opéra contient tant de fenêtres : son royaume pour un carreau ouvert !
.
Une main sur son épaule. Freud l’a suivi.
.
« Transe hypnochimique ?
.
— Oui…
.
— Je vais la neutraliser. »
.
Le cri d’Aidan meurt, à peine sorti de ses lèvres : un spasme violent lui a fermé les mâchoires. Sa peau, on dirait qu’elle rapetisse, qu’elle comprime l’intérieur de son corps. Elle va se déchirer, laisser émerger un écorché. Son cœur… Chaque pulsation s’amplifie, ses veines gonflent, se déforment, comme si des vers…
.
… des racines…
.
… remuaient sous sa peau.
.
J’ouvre les yeux – mes yeux.
.
J’ai réussi ! Tes yeux m’appartiennent, Aidan !
.
Ces images, ces sensations… Les fibres de mes habits, le marbre de la pièce, chaque couleur, chaque impureté de la pierre. Les fenêtres. L’air froid au-delà. L’odeur de la suie. Les échos de la nuit. Tout est net.
.
Un hoquet derrière moi. Je me retourne et dévisage Freud. Ce Sigmund Freud pantois, à qui je dois ma délivrance.
.
Il veut hurler. Je lui serre la gorge.
.
© 2009 Philippe-Aubert Côté et Revue Solaris.
.
.
Vous voulez connaître la suite? Alors cliquez ici. Pour vous abonner carrément à Solaris (ce qui en vaut largement la peine, si si) cliquez ici. Et pour les fans de polar, peut-être serez-vous intéressés à faire connaissance avec la jumelle de Solaris, Alibis...

dimanche 27 septembre 2009

Bientôt dans une revue près de chez vous...


Mise à jour du site de Solaris pour présenter le prochain numéro, avec au menu trois nouvelles de Claude Bolduc, le lauréat du prix Solaris et une nouvelle de votre humble serviteur, Le patient de l'interne Freud -- et j'ai mon nom sur la couverture, cette fois-ci, yé ! (dit-il narcissiquement...). Je fais quelques vérifications et si tout est OK, j'offrirai peut-être un petit teaser sur ce blogue dans les prochains jours.


À noter que sur le site d'Alibis, on a aussi publié le sommaire du prochain numéro, où figure entre autres une nouvelle de l'ami Sébastien Aubry.


Quelques nouvelles noires à surveiller donc, alors que l'automne commence à nous entourer, mine de rien, et que l'Halloween approche...

lundi 21 septembre 2009

Ouah, quelle photo!

Si je suis devenu biologiste, c'est parce que le vivant nous offre des petits trésors qui suscitent l'ébahissement. Et je suis heureux de constater que je peux encore m'émerveiller, devant cette curieuse petite grenouille transparente, par exemple...