Après retravail, j'ai reçu la confirmation officielle par courriel hier soir: ma nouvelle L'Ombre ou le Marquis devrait paraître prochainement dans Alibis, normalement dans le numéro du printemps (le 42).
Si, lecteurs égarés sur ce blogue, vous avez bien lu: "Alibis", pas "Solaris". J'étais curieux d'essayer un autre genre, de comparer les contraintes d'écriture entre le polar et la SFF (très instructif comme exercice) et d'assembler les éléments pour une histoires plus "réaliste" qui me trottaient dans la tête depuis deux ou trois ans. Cela a finalement donné une nouvelle noire (mes lectrices-tests -- elles se reconnaîtront -- m'ont bien expliqué la différence entre le Noir et le Polar ;-) ) qui a fait l'objet d'une passionnante direction littéraire en décembre dernier.
Si passionnante d'ailleurs que je compte bien récidiver :-)
Au menu de cette histoire: des comics, des mangas, du hockey, du sadomasochisme, des rituels tordus, du chantage, de l'abus sexuel, des morts violentes... et de la tendresse. Bref, ce qu'il y a dans la vie de tous les jours.
Finalement, ça doit être un texte de littérature générale...
(Et non, pas d'hommanimaux dans cette histoire, même si j'adore Blacksad :-))
(Et merci aux lectrices-tests, elles se reconnaîtront.)
Les carnets du Crâne à Casquette
Blogue de Philippe-Aubert Côté : science-fiction, science et bioéthique
mardi 17 janvier 2012
mercredi 11 janvier 2012
Curiosité : Pinocchio sur... Mars?
Je disais l’autre jour à Jonathan Reynolds que j’avais un faible pour les histoires excentriques — j’entendais par là les histoires qui partent d’une prémisse à première vue incongrue, mais qui développent celle-ci de manière (relativement) logique. Par exemple : « Et si Jack l’Éventreur avait pu emprunter la machine à explorer le temps inventée par H.G. Wells? » (C’était demain, Time after time, 1979). « Et si une jeune sorcière débarquait dans un village pour y créer sa propre entreprise de livraison? » (Kiki la sorcière, de Miyazaki). « Et si on imagine une cité steampunk où toutes sortes d’individus excentriques magasinent leur religion? (Franklyn). Etc.
Et si Pinocchio se payait un voyage sur Mars?
Je me suis souvenu récemment de ce dessin animé de Ray Goossens (1965), concepteur des vieux (et assez pénibles à revoir) dessins animés de Tintin (j’ai revu L’Affaire Tournesol dans le temps des fêtes, je me suis presque griffé les avant-bras en serrant les dents). Dans Pinocchio in outer space, Goossens revampait le conte de Collodi, popularisé par Disney, avec une sauce SF qui en fera sourciller plus d’un… mais quand j’avais vu ça enfant, j’avais tout simplement tripé.
Dans cette version, Pinocchio, toujours désireux de devenir un vrai enfant, mais peinant à adopter les bonnes conduites imposées par les adultes, entend parler d’Astro, une étrange baleine observée par les télescopes terriens… ladite baleine — un véritable monstre! — se déplaçant dans l’espace! Alors qu’il se rend à l’école, le célèbre pantin rencontre Nurtle, une tortue humanoïde venue d’une autre planète pour enquêter sur la présence d’étranges traces de radioactivité que sa race a observées sur la planète Mars — le pauvre Nurtle, un peu empoté avec son vaisseau, s’est momentanément retrouvé sur Terre! Qu’à cela ne tienne : Pinocchio et Nurtle s’envolent vers Mars, le second ne croyant en rien le récit du premier sur une hypothétique baleine cosmique.
Mais sur Mars, les deux compères découvrent une étrange cité en ruine, remplie de machineries atomiques encore en activité. Et dans cette cité, toutes sortes d’animaux étranges, géants : des crabes, des scorpions, des dinosaures, des araignées… et des baleines. Astro, la baleine cosmique, serait-elle une création accidentelle des martiens? Une création qui aurait anéanti ceux-ci?
Bien entendu, la cité explose, les deux compères s’échappent et se retrouvent engloutis par Astro la monstrueuse baleine cosmique. Mais ils s’échappent, entraînant malencontreusement le monstre vers la terre…
Mais tout finit bien, évidemment, parce que c’est un vieux dessin animé pour enfant qu’on passait jadis dans le temps des fêtes :-)
Pourquoi je me souviens bien de ce dessin animé? Deux raisons. Premièrement, c’est la première fois que j’ai entendu parler « d’énergie atomique ». Et la destruction de la cité martienne, balayée par l’explosion de son réacteur, est bien le premier champignon atomique que j’ai vu. Le film a été fait en 1965, donc en pleine période de psychose nucléaire — dire que j’allais plus tard abondamment m’intéresser à l’histoire de la bombe atomique.
Ensuite, eh bien je crois que depuis ce film, j’aime bien les histoires où des gens visitent une épave ou une cité abandonnée, voyant plein de machines ou d’objets qui sont mystérieux pour eux, mais évident pour le lecteur/spectateur :-)
Évidemment, c’est plein de naïvetés, mais c’est aussi plein de petites idées charmantes. Et franchement, je suis encore amusé du fait qu’on puisse refaire un conte classique du genre à la sauce SF, et que ça marche :-) (Et bon, j'adorais le personnage de Nurtle :-))
Ci-dessous, la séquence qui m’avait intéressé à l’époque, celle où les deux compères visitent la cité martienne abandonnée avec ses mo-monstres et la grosse explosion finale. C'est quand même pas si mal foutu que ça, malgré l'âge et le style enfantin.
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dimanche 25 décembre 2011
Joyeux Noël… et un film fun
Eh? C’est Noël aujourd’hui, alors qu’est-ce que vous faites ici? :-)
D’abord, Joyeux Noël à tout le monde. Passez une bonne journée de farniente à faire tout, sauf penser au travail ou aux vilaines thèses de doctorat à rédiger… Au programme de ma journée : lire, déconner entre amis et parents, se taper un film d’horreurs niaiseux et prendre des notes pour mes prochaines histoires SFF.
Pour ceux qui seraient tentés par un peu de cinéma prochainement, je suis allé voir Sherlock Holmes 2 vendredi dernier et j’ai adoré! Je n’ai pas envie de faire de critique détaillée (j’ai le goût de profiter de mes vacances avec les ordinateurs fermés ;-)) mais vraiment, je ne comprends pas la tiédeur de Médiafilm à propos de cette suite assez rocambolesque. Personnellement, j’ai passé un bon moment (quoique parfois j'ai été obligé de plaquer mes mains sur mes oreilles parce que le son était beaucoup trop fort), j’ai ri à plusieurs endroits, j’ai trouvé que ce second opus s’amusait assez bien avec les clichés créés dans le premier, et finalement j’ai bien aimé Jared Harris dans le rôle de Moriarty. Certes, mon rêve était de voir Russell Crowe dans ce rôle, mais Harris s’en tire très bien et suffit à inspirer cette fascination teintée de crainte qu’on associe au diabolique mathématicien. Et bon, un Moriarty champion de boxe, c’est très intéressant :-)
Faut que je trouve la trame sonore, maintenant.
Allez, on retourne en congé. Et loin de ce blogue pour quelques jours…
Passez un bon temps des fêtes et une bonne année!
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vendredi 16 décembre 2011
"The Spielberg’s production of Tintin"
(Attention lecteurs imprudents, spoilers!)
Petit avant-goût de vacances de Noël : je suis allé voir le Tintin de Spielberg au cinéma. C’est bien le Tintin de Spielberg dont il est question ici, parce que si vous allez voir ce film avec votre album du Secret de la licorne sous le bras pour vous assurer que les décors et l’intrigue du film sont copiés-collés du livre, vous allez grincer des dents!
Mais bon, si vous êtes ce genre de spectateur vous n’irez sûrement pas voir ce film :-)
Je suis allé le visionner en me disant que transformer une bande dessinée en film revient à faire passer une histoire d’une forme d’art (la BD) à une autre forme d’art (le cinéma) dont les règles et les contraintes sont différentes, voire incompatibles — on a qu’à voir les innombrables adaptations ratées de comics de super-héros. Je n’espérais pas que le film de Spielberg soit un copié-collé du Secret de la licorne. Pour être franc, j’espérais même qu’il soit différent. Après avoir tant lu et relu ces albums, un peu de nouveauté et de variations n’était pas une mauvaise chose, selon moi.
Première impression : Waouh!
Visuellement, c’est époustouflant. Les décors, le design des personnages… La fusion entre un style « réaliste » et le style de dessin propre à Hergé (gros nez, etc.) est étonnamment assez réussie (quoique j’ai trouvé les têtes des Dupond-Dupont trop gonflées à mon goût; idem pour la tête de Tintin dans les premières séquences, mais par la suite cela ne m’a pas dérangé). C’est rocambolesque à souhait, avec plein de petits détails que l’amateur de Tintin va repérer avec plaisir, plus des scènes purement jouissives (les mésaventures du capitaine Haddock avec sa boule d’alcool dans l’avion, le duel à la grue entre ce même capitaine et le vilain Sakharine…) C’est la récréation, quoi!
Beaucoup vont grincer des dents devant les libertés prises avec les intrigues originales : plutôt que de se contenter d’adapter le Secret de la Licorne, Spielberg a délibérément combiné cet album avec le cœur du Crabe aux pinces d’or et la finale du Trésor de Rackham le Rouge. Il a, de plus, révisé les rôles de plusieurs personnages. Exit les frères L’oiseau : ceux-ci sont remplacés par Ivan Sakharine, qui passe de personnage tertiaire dans l’album à celui de vilain en chef — il devient même le descendant de Rackham le Rouge, désireux d’en découdre avec le capitaine Haddock. Aussi, la quête des trois maquettes de la Licorne et de ses parchemins emprunte un détour par le Maroc pour progresser un instant dans les ornières du Crabe aux pinces d’or, où l’on en profite pour croiser la divine Castafiore. Dit comme ça, on se demande qu’est-ce qui a pu passer par la tête de Spielberg, mais l’ensemble se révèle très cohérent. De plus, il faut l’admettre, adapter tel quel Le Secret de la licorne aurait donné un long-métrage plutôt lent et étiré. La combinaison des trois albums cités plus haut permet au contraire de fournir assez de péripéties pour remplir les 107 minutes du film. Spielberg a pris, je crois, une bonne décision. Je suis même d’accord avec son choix de déplacer la découverte du trésor de Rackham le rouge à la fin du film et de nous épargner une adaptation intégrale du Trésor de Rackham le rouge — un album bien joli et amusant, mais assez dépourvu d’action. Et puis Spielberg s’est ménagé une porte de sortie, comme les spectateurs le verront.
J’ai malgré tout plusieurs réserves. J’ai trouvé que Tintin envisageait trop rapidement et trop facilement l’existence d’un mystère autour de la Licorne — dans l’album, cela ne survenait qu’au moment de découvrir le premier parchemin légué par François de Haddock; Tintin avait alors une preuve concrète qu’il y avait un mystère
Ensuite, j’ai eu beaucoup de misère avec la surenchère d’action qu’on a dans le dernier tiers du film, et les invraisemblances lors du voyage en avion (Haddock, rallumer un moteur avec son haleine empuantie par l’alcool? Allons…) Je sais, on est dans une bande dessinée et les extravagances sont permises. Mais on dirait qu’il y a une limite au-delà de laquelle, fiction extravagante ou pas, je cesse d’embarquer. Dans Les aventuriers de l’Arche perdue, je pouvais bien accepter qu’Indiana Jones se laisse traîner sous un camion (il en ressortait magané aussi). Mais dans Kingdom of the crystal skull, j’avais trouvé superflu — ridicule, même! — la scène où Mutt fait le Tarzan dans les lianes (et la scène du frigidaire était borderline, aussi…). Spielberg avait dépassé ma limite de tolérance. Dans Tintin, il s’est produit la même chose à plusieurs endroits : on a beau être dans un film rocambolesque, quand c’est trop gros, je décroche. Que le navire de Rackham le rouge s’entremêle dans les cordages de la Licorne et passe littéralement par-dessus celle-ci, non! Qu’Haddock réussisse à tenir sur le devant d’un hydravion en pleine tempête, non! Et devant l’avalanche de péripéties qui accompagne le trajet de Tintin entre le palais du négociant arabe dont j’oublie le nom et le port, j’ai vite crié « Grâce! ». Spielberg et Peter Jackson, son complice, ont de très bonnes idées, mais ils sombrent facilement dans l’extravagance (d'ailleurs, le King Kong de Peter Jackson m'avait fait sourciller, aussi...)
Mais en dehors de ces réserves, ce Tintin reste une distraction très agréable et très bien faite. C’est un Tintin vu par Spielberg, et même si ce n’est pas comme les albums d'Hergé, je crois que le vénérable réalisateur a très bien saisi l’esprit derrière ces albums (le générique en fait foi). C’est plus cet esprit qu’il a porté à l’écran que les albums eux-mêmes. Et c’est très acceptable.
Reste à savoir si les spectateurs américains vont acheter. Le film m’a parlé et m’a fait sourire parce qu’il me rappelait des albums cent fois lus. Mais pour un spectateur novice? Hum…
Prochaine sortie ciné: Sherlock Holmes 2... :-)
P.S. Ma scène préférée, c'est quand même la première, quand on voit Hergé dessiner Tintin... Très cute :-)
P.S. Ma scène préférée, c'est quand même la première, quand on voit Hergé dessiner Tintin... Très cute :-)
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samedi 3 décembre 2011
Ces classiques pour Noël...
J’ai pris un risque aujourd’hui : je me suis procuré le DVD de La vie est belle (It’s a wonderful life, 1946), le cultissime classique de Franck Capra avec James Stewart. Un (gros!) risque puisque je ne l’avais jamais vu et qu’en règle général je préfère acheter les DVD de films que je connais — sauf exception pour les anime japonais, rarement accessible même en vidéothèque. Mais bon : ce soir, j’avais le goût de me taper un vieux film de Noël, et puis La vie est belle est considéré comme un chef d’œuvre incontournable, un de ces classiques auquel nombre de films et de dessins animés font souvent allusion. (Et en fait, après visionnement, c’est un bon film :-) )
Mais ce faisant, j’ai passé en revue les rayons « Films de Noël » installés spécialement dans tout Archambault et HMV qui se respectent. C’est ahurissant de voir le nombre de films en lien avec Noël qu’on nous propose, des films qu’on ne peut vraiment écouter que dans cette période de l’année. (Par comparaison, les films d’Halloween, surtout des films d’horreurs, s’écoutent bien à longueur d'année.) Or, je me suis rappelé une discussion avec quelques amis récemment où l’on parlait de « nos » films de Noël. Parce qu’on en a tous, des films qu’on aime bien regarder dans le temps des fêtes, et de préférence à cette époque de l’année. Comme s’ils n’avaient pas le même effet le reste du temps. Ça peut être des films en lien avec Noël, ou des films qui, pour une raison ou une autre, se sont vus associé à Noël dans notre esprit.
Je me suis alors demandé quels étaient mes films de Noël, ceux que j’aime bien écouter avant ou pendant le temps des fêtes, et sans lesquels j’ai l’impression qu’il manque quelque chose dans cette vénérable période de l’année. Alors voici une tentative de liste, sans ordre de préférence :
1) La beauté du diable (René Clair, 1950).
Vraiment pas un film de Noël, puisqu’il s’agit d’une variation sur l’histoire de Faust. Mais pour moi, c’est un film que j’écoute toujours au moins une fois avant de tomber en vacances de Noël. Parce que c’est dans cette période que je l’ai découvert il y a longtemps. Parce que la trame sonore a vraiment un côté « Noël ». Et parce que c’est un film génial! Un duel d’acteur mémorable entre Michel Simon et Gérard Philippe — ils se détestaient, paraît-il, mais, peut-être à cause de cela, ils atteignent dans cette unique confrontation le sommet de leur talent. Rien de moins. (Quoi? Je n’ai pas vu tous leurs films pour en juger? Mais je vous emmerde! :-) )
C’est l’un de mes « quatre chefs-d'œuvre absolus » auquel je faisais allusion dans ce texte publié sur le blogue Chevalier des touches.
2) Autant en emporte le vent (Victor Fleming, 1939)
Pas un film de Noël non plus, mais il arrive fréquemment qu’on le passe à la télévision entre Noël et le jour de l’an. Pour moi, c’est le grand classique qu’on écoute en dilettante entre ces deux moments charnières de l’année. Le « taratata » de Vivien Leigh est irrésistible. Et la finale : « Que vais-je devenir? — Ma chère, c’est le cadet de mes soucis. » Aaargh!
Et finalement, mon film de Noël en lien avec Noël qu’il faut que j’écoute au moins une fois pendant la période de l’avent, alors qu’il ne reste qu’une semaine ou deux avant les vacances, roulement de tambours, j’ai nommé…
3) Le sapin a des boules (J. Chechik, 1989)
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| Je sais, c'est écrit "Le sapin a Les boules"... |
Oui. Bon. Je l’avoue! J’ai un faible particulier pour ce film niaiseux avec Chevy Chase — acteur qui m’indiffère totalement par ailleurs. Je sais que Le sapin a des boules est le titre québécois de National Lampoon’s Christmas Vacation, mais j’adore ce titre : simple, qui veut tout dire, qui veut rien dire, qui est sans rapport avec le film, mais pourtant en traduit bien l’ambiance générale :-) Et bon, je me bidonne chaque fois devant les catastrophes que rencontre le pauvre Chevy en voulant organiser un « Noël à l’ancienne », avec sa famille de dégénérés, son patron cheap et les voisins straights… Sans oublier la dinde trop cuite et la maison aux milliards d’ampoules… La finale est américaine à souhait, mais c’est tellement niaiseux aussi!
À cela il y a d’autres films sur lesquels j’aime bien tomber quand ils passent : Le Miracle de la 34ème rue (j’aime bien la troisième version pour la musique de Bruce Broughton, mais je n’avais pas aimé qu’on retire le petit doute « fantastique » qu’il y avait à la fin des deux autres versions), sans oublier les innombrables versions de l’histoire de Scrooge (je me souviens, jeune, avoir souvent vu la version avec Mickey et l’Oncle Picsou).
Et il y a bien sûr les dessins animés qui passaient à Ciné-Cadeau dans ma tendre jeunesse :-) Je ne les réécoute plus aujourd'hui, mais il m’arrive, lorsqu’en zappant je tombe dessus, d’en regarder une ou deux minutes en me rappelant de bons souvenirs (comme la scène du gâteau empoisonné dans Astérix et Cléopâtre…)
Et en revenant du temps des fêtes, j’aime bien jeter un coup d’œil à ce bon vieux Seigneur des Anneaux pour bien commencer l’année.
Et vous, quels sont vos classiques de Noël?
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samedi 12 novembre 2011
Ah, Fellini...
En rôdant sous la lune dans de sombres lieux de perdition (c.-à-d. un Renaud-Bray, avant d'aller chez Planète BD, mon pusher de bandes dessinées...), je suis tombé sur un livre d’esquisses de Fellini, aux pages remplies de ces femmes aux courbes voluptueuses et aux seins démesurés qu’il affectionnait tant. Ça m’a remis en mémoire une scène dans son Casanova qui m’avait marqué il y a longtemps, quand je devais avoir dans les 22-23 ans. Casanova, interprété par Donald Sutherland, est reçu à la cour du Duc de Wutenberg, qu’il tente d’impressionner en exhibant les trésors amassés dans ses voyages. Mais le Duc, un homme chétif et déconnecté, flotte dans un autre monde… Casanova tente de se faire entendre à travers la cacophonie du banquet — les convives s’amusant sur les orgues gigantesques qui décorent l’endroit.
Et soudain, les convives se mettent à jouer une musique étrange, à faire frémir. Je croyais au début qu’ils chantaient en allemand, mais je crois qu’il s’agit d’une langue inventée — ce que confirmerait certains sites que j’ai consultés sur le web pour retrouver l’extrait en question.
C’est sinistre, magnifique, onirique, démentiel, sans rapport… C’est du grand Fellini, quoi!
La musique en question débute vers 2 min 22 s, avec une conclusion intéressante à 4 min 37 s. Dommage que les dialogues soient en italien. D’après mes souvenirs, Casanova parle de ses voyages, de ses projets d’ingénieurs, présentent des graines qui apporteraient la jeunesse éternelle. Il s’insurge ensuite contre les soûlons qui tripotent une femme, laquelle se révèle être un automate de bois. Casanova ressent alors un coup de foudre pour l’automate. Dans mon souvenir, les paroles de Sutherland (en VF) faisaient un étrange écho à cette musique quasi diabolique qui joue en arrière-plan.
C'est du Fellini, eh!
mercredi 2 novembre 2011
The people vs George Lucas
J'ai loué récemment le documentaire The people vs George Lucas (site officiel ici), sorti en DVD il y a quelques semaines. Le synopsis au dos de la pochette m’intriguait : on y déclarait George Lucas « cinéaste le plus controversé qui soit ». Pas que ses œuvres aient soulevé des critiques sociales révolutionnaires, mais parce que si on dénombre des milliers — des millions! — de gens qui portent la série Star Wars aux nues, un grand nombre de ces admirateurs détestent radicalement son créateur. Motifs des récriminations? Entre autres le mauvais goût montré par Lucas au moment de remonter sa trilogie originale — je peux comprendre : le petit numéro chanté qui fait « Muppet Show » au début du Retour de Jedi me reste encore en travers de la gorge…
Mettons cartes sur table : je suis un grand amateur de SF, mais pas de Star Wars — et encore moins de Star Trek, mais ça, c’est une autre histoire :-). Bon, d’accord, dans les nombreux DVD de SF que je possède j’ai également les DVD des épisodes 4-5-6 de Star Wars, plus celui du troisième, et je serais un fieffé menteur si je disais que je n’ai jamais éprouvé de plaisir à les visionner, qu’enfant ça ne m’a jamais rempli les yeux d’étoiles et qu’aujourd’hui je ne les réécoute plus. Mais voilà, je n’ai pas de figurines de Star Wars, pas de comics, pas de faux sabres lasers, je déteste plus ou moins la série animée sur la guerre des clones qui passe à Télétoon, etc. (Je suis admiratif devant toute l’imagination et la technique déployée dans cette série, mais déplore que ce soit au service d’un seul univers très typé…) Le seul truc de Star Wars que vous pouvez trouver chez moi, en dehors des DVD, c’est un livre (dédicacé) qu’un ami a écrit sur le sujet. Donc je ne suis pas un admirateur fini de Star Wars, mais j’étais curieux de voir ce que pouvait contenir un commentaire sur le sujet, alors j’ai loué.
Premier constat amusant : beaucoup d’entretiens présentés dans le documentaire ont été tournés au Palais des Congrès de Montréal lors de la World Con de 2009 — j’ai même reconnu avec nostalgie la file d’attente pour obtenir le coup de griffe avec Neil Gaiman. Mais j’avoue que pour un documentaire qui s’annonçait comme étant amusant, j’ai été un peu déçu. The people vs George Lucas n’est qu’un collage de fragments d’entrevues tournées ça et là, avec un fil conducteur quasi inexistant. Pendant près de 90 minutes on a le droit à une succession de geeks finis qui viennent encenser ou descendre l’Oncle George, entrecoupés de films amateurs (parfois géniaux, parfois « euh… ») qui caricaturent les principales scènes de la série. George Lucas lui-même n’apparaît que via de vieilles entrevues — mais ce n’est guère étonnant. Au moins, on peut avoir droit à quelques interventions pertinentes de gros noms comme Neil Gaiman, Gary Kurtz, David Brin, John C. Wright, Simon Pegg (qui reprend son personnage du film Paul pour tirer à boulet rouge sur Jar Jar Binks…). Quelques moments anthologiques sont au rendez-vous, comme des extraits de l’horrible Star Wars Holiday Special, une émission télévisuelle de deux heures diffusée en 1978 et d’un mauvais goût si flagrant que même l’oncle George a voulu l’effacer des mémoires. Certains films parodiques sont amusants, comme ce court-métrage qui parodie Misery, avec Lucas à la place de Paul Sheldon.
Malgré l’aspect décousu de l’ensemble, il y a quelque chose de fascinant dans ce documentaire : j’ai été surpris de voir jusqu’à quel point Star Wars est important pour un tas de gens, de voir les formes multiples et parfois exagérées que prend cette passion (figurine, mais aussi cosplays, films amateurs, fanfics, fanpics, etc.) Il est vrai que Star Wars a marqué un tournant dans l’histoire du cinéma, au même titre que l’œuvre de Tolkien dans le monde littéraire : c’était du jamais vu, et il n’est guère étonnant que des millions de gens en soient imprégnés à ce point.
En dehors du mauvais goût évident qu’on détecte derrière bon nombre de scènes refaites par Lucas dans le Star Wars original, et des faiblesses des trois « premiers » épisodes de la série, le documentaire pose quelques questions importantes sur l’éthique de l’art. Lucas s’est opposé dans les années 1990 à la colorisation des films en noir et blanc au nom du respect de l’Histoire, il est même l’un des principaux artisans de la numérisation des vieux films — pour les préserver de la dégradation des pellicules originales. Or, en réinventant les premiers Star Wars, il avait, paraît-il, l’ambition de faire disparaître les versions originales de sa trilogie. Or, qu’on le veuille ou non, Star Wars marque un tournant de l’histoire du cinéma, c’est un film historique. Un film historique peut-il être refait par son propre créateur? Bonne question. Pour Lucas, la réponse est claire : Star Wars est son œuvre, il peut en faire ce qu’il veut. Les fans pensent autrement : pour eux, Star Wars fait partie de la culture populaire, ils ont donc leur mot à dire. Et si Star Wars est une série de films historique, la modifier en cherchant à faire disparaître la version originale revient à vouloir réécrire l’histoire… Un crime de tyran!
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| Le fantasme de plusieurs fans... |
Si le documentaire apporte quelques réflexions intéressantes, il passe à côté, je crois, d’une autre question importante : la passion des admirateurs de Star Wars envers leur œuvre fétiche n’est-elle pas exagérée? Je n’ai pas vérifié, mais The people vs George Lucas me semble avoir été tourné par des geeks pour des geeks (corrigez-moi si je me trompe!) soucieux surtout de poser une réflexion sur 1) le mauvais goût de Lucas et 2) la légitimité de retoucher une œuvre historique. Mais on aurait pu aussi se demander si l’ampleur des réactions soulevées par les atteintes de l’oncle George à son œuvre n’est pas exagérée. Il me semble qu’un regard extérieur aurait été le bienvenu.
En fait, il aurait manqué, je crois, une ou deux têtes dirigeantes à ce documentaire. Je me souviens de ce film sur le Heavy Metal que m’a montré un jour Jonathan Reynolds. Dans ce documentaire, un fan de Heavy Metal, anthropologue de formation, menait une enquête sur les coulisses de ce genre musical, un peu comme un explorateur partant à la découverte d’un territoire inconnu. J’aurais aimé une approche semblable pour The people vs George Lucas, par exemple un fan de Star Wars et un fan de SF (mais pas de Star Wars) qui vont enquêter pour comprendre l’étrange relation qui unit Lucas, Star Wars et ses hordes d’admirateurs. Cela aurait fourni un fil conducteur qui aurait permis de structurer l’ensemble et aurait rendu ce documentaire plus solide, à mon sens.
Amusant à voir, mais à la télévision, je dirais.
P.S. Combien de fois ai-je employé l'expression "mauvais goût" dans ce billet? Hum. Synonymes...
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jeudi 13 octobre 2011
Ce que m'a raconté un cardinal moqueur...
Parce que parfois, on oublie de rire un peu...
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| "Hin-Hin-Hin" |
Un jeune curé, très angoissé, est incapable de prononcer un seul mot le jour de son premier sermon.
Le lendemain il va voir l'archevêque et lui demande quelques conseils pour être à la hauteur, au sermon du dimanche suivant. L'archevêque lui conseille alors de se verser quelques gouttes de vodka dans un grand verre pour se sentir plus détendu."
Le dimanche suivant, le jeune prêtre suit le conseil et réussi à parler sans être paralysé, et sans avoir le trac.
De retour à la sacristie, il trouve une lettre laissée par l'archevêque, ainsi rédigée :
Mon Fils, la prochaine fois, mettez quelques gouttes de vodka dans un grand verre d'eau et non quelques gouttes d'eau dans la bouteille de vodka.
D'autre part, je tiens à vous faire part des quelques observations suivantes, afin que vous amélioriez encore un peu vos prochains prônes.
1) Il n'est nul besoin de mettre une rondelle de citron sur le bord du calice.
2) Évitez de vous appuyer sur la statue de la Sainte Vierge et surtout, évitez de l'embrasser en la serrant étroitement dans vos bras.
3) Il y a 10 commandements et non pas 12.
4) Les apôtres étaient 12, non pas 7, et aucun n'était nain.
5) Nous ne parlons pas de Jésus Christ et ses apôtres comme de "JC & Co".
6) Nous ne nous référons pas à Juda comme à "ce fils de pute".
7) Vous ne devez pas parlez du Pape en disant "Le Parrain".
8) Ben Laden n'a rien à voir avec la mort de Jésus.
9) Les murailles qui se sont effondrées au septième jour ne se trouvaient pas à Mexico mais à Jéricho !
10) L'eau bénite est faite pour bénir et non pour se rafraîchir la nuque.
11) Ne célébrez jamais la messe, assis sur les marches de l'autel.
12) Ponce Pilate a dit "vos histoires je m'en lave les mains", et non "vos conneries, je m'en bas les couilles".
13) Les hosties ne sont pas des gâteaux à apéritif à consommer avec le vin de messe.
14) L'initiative d'appeler les fidèles à danser était bonne, mais pas celle de faire la chenille dans l'église.
15) L'homme assis près de l'autel et que vous avez qualifié de "travelo en jupe", c'était moi...
Sincèrement l'Archevêque.
PS : Jésus n'a pas été fusillé, mais crucifié.
dimanche 9 octobre 2011
Ces voyages dans l’inconnu…
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"Ovulation", peinture à l'huile par Von Taylor |
L’une des choses que j’aime le plus dans l’écriture ou la préparation d’histoires SF, c’est la recherche d’informations sur un sujet qui m’est peu familier, voire inconnu. Et auquel je ne me serais jamais intéressé si une histoire ne m’avait obligé à me renseigner dessus.
Ainsi, pour Le patient de l’interne Freud, j’ai lu (partiellement) la correspondance de Freud, riche en petits détails trippants sur son stage chez Charcot. En préparant Pour l’honneur d’un Nohaum, j’ai lu des guides touristiques sur Moscou qui m’ont appris des choses étonnantes (Des lustres dans les stations de métro? Ils sont fous, ces Russes…) Pour un autre récit non publié, j’ai dû télécharger plein d’articles académiques sur la propulsion interstellaire (je ne lisais que les introductions et les conclusions, parce que les sections avec équations à la pelle, je n’y comprenais rien…). Pour un autre futur texte en cogitation je vais devoir me renseigner sur l’histoire de la Chine. J ’ai quelques bouquins empruntés qui attendent que je m’y plonge dès que j’aurai réglé le compte à une certaine thèse (bientôt, bientôt je vais pouvoir lui enfoncer un pieu dans le coeur... euh... s'cusez, mauvais monstre!). Mais j’ai bien hâte : jamais je ne me suis intéressé à l’histoire de la Chine , je devrais apprendre des choses intéressantes. Même si je n’ai pas envie de visiter ce coin de la planète. (Moi et les voyages…)
Mais en ce moment, je dois me renseigner sur un sujet qui est pour moi un gros point d’interrogation. Pour une histoire SF que j’aimerais soumettre à une revue d’ici la fin du trimestre. Un sujet mystérieux, sur lequel oui j’ai quelques connaissances théoriques de base, mais dont j’ignore tout *concrètement*. Que je ne peux rendre de manière réaliste dans un texte.
J’ai nommé : les menstruations!!!
Parce que mon personnage principal est une jeune adolescente du futur qui vit ses premières menstruations, constate qu’elle commence à devenir femme et comble de malheur, il lui arrive une aventure abracadabrante (euphémisme pour dire « ça va fesser et être pénible pour tout le monde »). Ce n’est pas un choix gratuit : sa manière de vivre ce changement important va avoir une influence sur ses actions et ses réactions au… disons chaos où je compte la plonger.
Et en relisant mes plans, cela m’a frappé : comment une jeune adolescente vit-elle ses premières règles? D’accord, mon héroïne est loin d’être la jeune Québécoise moderne qui vit dans une famille normale ou divorcée, alors j’ai une grosse marge de manœuvre pour imaginer sa vision du monde. Mais quand on a ses règles, qu’est-ce qu’on ressent? Comment vit-on la chose? Comment perçoit-on le début de ce phénomène?
Diantre! Je sais rien de tout ça moi! Demandez-moi de me mettre dans la peau d’une chimère humain-animal, pas de problème! Mais ça…
Donc, je reviens à l’instant de la bibliothèque avec plein de petits guides illustrés, écrits dans un langage simple, pour expliquer aux jeunes filles prépubères *comment ça marche* — avec un minimum de langage technique parce qu’évidemment, mon héroïne doit se décrire les choses avec des comparaisons et des termes que n’emploierait jamais un médecin. J’ai passé au comptoir de prêt automatisé en cachant les bouquins entre deux BD à la couverture sanglante (sanglante, ouais, j’ai eu de la suite dans les idées…). Pour faire bonne mesure, je vais sûrement au besoin interroger quelques personnes bien placées. Et surtout m’assurer d’avoir au moins une ou deux lectrice-test.
Le but, c’est qu’une femme en lisant le texte trouve que « ça a l’air plausible » et qu’un gars puisse « avoir une certaine compréhension » du phénomène.
Il n’y a rien de mieux que la SF pour vous forcer à voyager dans l’inconnu et vous renseigner sur les sujets pointus les plus mystérieux qui soient :-)
(Source de la toile "Ovulation" : ici)
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vendredi 7 octobre 2011
J'ai hâte en mautadine!!!
Grraaaaaa...
Ma seule déception: j'avais lu (ou entendu) qu'on avait envisagé à l'origine de confier le rôle de Moriarty à Russell Crowe... Cela aurait tellement été "contre-emploi" que j'en trépignais de hâte. Hélas, on a pas tout ce qu'on veut dans la vie. Surtout quand ça implique Hollywood...
Mais bon, on va se payer un billet de cinéma pour ce film, c'est ASSURÉ! :-D
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mardi 27 septembre 2011
Pour les fans d'ACP, voici le tome 2.5!
Bien entendu, après avoir commenté les deux premiers tomes (ici et ici) de la série Académie des Chasseurs de Primes, je ne pouvais passer à côté du Tome 2.5 sorti depuis le 14 septembre dernier. Pourquoi « 2.5 »? Parce que En vacances! constitue un intermède ludique entre le dernier tome et le prochain. Plutôt que de proposer une histoire globale occupant l’album d’un bout à l’autre, cet album nous offre plutôt une série de courtes histoires réalisées par des dessinateurs différents. En effet, suivant les instructions de Champoux, Godbout et Lacombe, une dizaine d’artistes se sont partagé la réalisation des dessins et des couleurs (soit Alejandra Argañaraz, Ève Bolt, Valérie Fontaine, Benoit Godbout, Michel Lacombe, Sylvain Lavoie, Jean-Noël Lemoal, Olivier Migneron, Yanick Paquette, Julie Poupart, Marie-Émilie Rowe et André Séguin). Sur ce plan, ce tome « 2.5 » m’a rappelé certains anime où l’histoire se découpe en séquences réalisées par des dessinateurs différents (Robot Carnivale ou Dante’s inferno par exemple, où le style d’animation change à chaque cercle de l’enfer visité par Dante). Il m’a fait penser aussi à ces épisodes parodiques, dans certaines séries télévisées où, plutôt que nous offrir un épisode qui fait « progresser l’intrigue », on nous offre une émission drôle, ou qui ont pour but de nous faire passer plus de temps avec les personnages.
Dans ce tome parodique, les élèves de l’Académie des Chasseurs de Primes partent en vacances… mais peut-on vraiment passer des vacances tranquilles dans une vaste communauté galactique sillonnée de pirates, de monstres, d’extra-terrestres aux mœurs douteuses, de planètes hostiles, de parcours de golfs apocalyptiques et de repas d’où peuvent jaillir nombres de petits aliens sympas? Sans oublier, bien sûr, les belles-familles ou, pire, sa propre famille? On s’en doute, peu importe l’endroit où ils se retrouvent, les académiciens n’ont guère le loisir de végéter ou de s’adonner au shopping. D’autant plus qu’être chasseur de primes, ça implique d’avoir le réflexe de se mêler des affaires des autres, surtout quand elles paraissent louches…
L’ensemble de l’album se présente donc comme une suite de mésaventures hilarantes, chacune réalisée par un dessinateur différent, ponctuée de flash-backs qui nous permettent d’en apprendre plus sur certains des protagonistes rencontrés dans les deux précédents tomes (par ex. Le clan Alzo…). Par le fait même, certains détails de l’arrière-monde d’ACP observés dans les deux autres tomes trouvent un début d’explication (Set et Kaede), tout en soulevant des questions qui seront sans doute abordées dans les tomes subséquents. On oscille tantôt entre la parodie SF (Le banquet) et les moments plus dramatiques (Set et Kaede). Ici et là, il y a de petits moments où l’on s’écrie « Ça, c’est un trait de génie! ». (Personnellement, j’ai bien ri dans l’épisode « Sigmund et Valentin » quand les clients de la discothèque transforment leur danse en une « manifestation collective d’art martial » pour mieux affronter les « licornes » qui les attaquent. À les voir se déplacer ainsi sur la piste de danse, j’entendais presque les mouvements synchronisés des zombies dans Thriller…)
Personnellement, je dois avouer que même si je préfère les aventures d’ACP qui emplissent un album d’un bout à l’autre, je n’ai pas détesté l’intermède ludique formé par ce tome 2.5. Côté scénarios, on est loin d’une succession d’histoires dépareillées, comme dans certains films à sketches (un genre de film que j’aime peu). J’ai trouvé intéressant les différentes variations graphiques des personnages rencontrés dans les autres albums : le style de dessin oscille entre le « cartoon à gros nez » et le « plus réaliste », et si certains aiment moins l’un ou l’autre de ces styles, tous admettrons qu’ils collent bien au genre d’histoire auquel ils sont associés (par exemple le style « gros cartoon » pour l’épisode Sly et Placide). Plus subjectivement, parmi les dessinateurs invités, j’ai bien aimé les dessins d’Eve Bolt, Yanick Paquette et Sylvain Lavoie.
Mon seul gros bémol pour cet album est le même que celui noté pour le tome 2 d’ACP : le format me semble encore trop petit. J’ai dû encore une fois me munir d’une loupe pour bien apprécier les dessins (et ce indépendamment du dessinateur), et signalons que je suis loin d’être hypermétrope. J’aimerais personnellement des albums d’ACP plus grands et avec le double de pages, pour que tout le matériel intéressant montré en annexe soit exploité à fond. Mais là, j’imagine bien que mes envies de lecteurs insatiables doivent entrer en conflit avec d’autres contraintes dont je n’ai pas idée — les coûts de production des albums ne devant en être qu’une :-)
Mon deuxième gros bémol: dans le tome 3, mettez-donc des trucs qui marchent pas! J'ai une réputation de méchant critique à maintenir, moi... :-)
En gros, je trouve qu’ACP tome 2.5 est un intermède ludique intéressant qui nous permettra de tenir jusqu’au troisième volet de la série. Il constitue une expérience graphique amusante et ajoute même de l’information à l’arrière-monde d’ACP. Plusieurs personnages plaisants sont introduits, et j’aimerais bien les voir creusés davantage plus tard (j’ai eu un faible pour le Capitaine Crâne et les Léonins — mais qui s’étonnera de mon intérêt pour un malfrat à tête de mort et des hommanimaux ? ;-)). Un avertissement tout de même : il faut avoir lu les tomes 1 et 2 de la série pour 1) évidemment, s’intéresser à ce tome 2.5 et 2) pouvoir l’apprécier. Un lecteur néophyte risque de se sentir perdu s’il aborde la série par ce tome 2.5, et risque encore plus de voir déflorés certains événements cruciaux des tomes 1 et 2.
Recommandé aux amateurs de la série. Recommandé aux néophytes moyennant les précautions mentionnées ci-dessus, et s'ils apprécient le côté bon enfant de la série :-)
(Pour ceux que ça intéresse, la dernière émission de La vie en BD, qu'on peut télécharger ici, contient une entrevue avec Benoit Godbout, scénariste et dessinateur d'ACP. Sans oublier la pertinente chronique manga de notre chère Pascale Raud sur le manga Ikigami -- dont le sujet est à glacer le sang...)
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jeudi 22 septembre 2011
Magnifique Macabre Manège...
Je sais, c'est Alexandre Babeanu qui a parlé de ce "manège" sur son site récemment, mais j'ai tellement été enthousiasmé que je place aussi les vidéos sur mon blogue, pour mes visiteurs qui ne fréquentent pas les blogues du milieu SFFQ et qui risquent, eux aussi, de triper... :-)
Il faut impérativement regarder les deux vidéos. À la première, on trouve ça "original", mais quand on voit le "produit final" (i.e. en action) avec le jeu de lumière, ça devient "génial" :-)
Première vidéo
Deuxième vidéo
Un effet d'optique très simple, dont les principes sont connus depuis le 19ème siècle et même avant, mais qui est toujours fascinant :-)
Je dois avouer que depuis mon enfance, j'aime bien les squelettes dansants :-) Ces types n'arrêtent jamais de sourire...
Il faut impérativement regarder les deux vidéos. À la première, on trouve ça "original", mais quand on voit le "produit final" (i.e. en action) avec le jeu de lumière, ça devient "génial" :-)
Première vidéo
Deuxième vidéo
Un effet d'optique très simple, dont les principes sont connus depuis le 19ème siècle et même avant, mais qui est toujours fascinant :-)
Je dois avouer que depuis mon enfance, j'aime bien les squelettes dansants :-) Ces types n'arrêtent jamais de sourire...
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samedi 17 septembre 2011
Festival Cape et Kimono en octobre...
Pour les habitants de la Capitale Nationale et des environs, ou ceux qui sont assez intrigués et libres pour se déplacer, l'Université Laval accueillera le 1er et 2 octobre prochain le festival Cape et Kimono. Comme on peut le lire sur leur site:Le festival Cape et Kimono est un événement familial qui se déroulera les 1er et 2 octobre 2011 à Québec.
C’est l’occasion idéale pour les fans d’animation japonaise, de mangas, de jeux vidéos, de fantastique, de science-fiction, d’horreur et de comics de pouvoir échanger sur de nombreux sujets, d’écouter des conférenciers réputés, de visionner des épisodes de leurs séries favorites et de rencontrer des personnes passionnées de ces formes d’expression artistique.
Cape & Kimono en est à sa deuxième édition. L’édition 2010 a eu lieu le 9 et 10 octobre 2010 à l’hôtel PUR et à la Bibliothèque Gabrielle-Roy de Québec et avait attiré près de 500 personnes.
Parmi les invités, on comptera quelques auteurs du milieu SFFQ : Héloïse Côté, moi-même, Claude Janelle, Francine Pelletier, Pascale Raud... Plus de nombeux autres auteurs et quelques acteurs, notamment Hubert Gagnon (inutile de présenter la voix d'Homer Simpson... :-)). La programmation devrait être rendue publique sous peu.
C'est la deuxième fois que le festival se tient. Je n'y étais pas l'année dernière, mais je suis bien curieux de voir en quoi ça consiste... :-) Anyway, mangas, comics, BD... Il y aura sûrement matière à pondre une ou deux histoires :-) Ou à ouvrir le portefeuille :-(
vendredi 16 septembre 2011
Turangalilayoye!!!
La Turangalila en vrai, ce n’est pas de la musique, c’est un ouragan! Assis sur la mezzanine, j’ai pu observer toutes les parties de l’orchestre en fonction — c’est l’avantage des hauteurs : on voit l’orchestre comme un organisme géant donc chaque organe, tour à tour, en groupes ou en totalité s’anime pour ajouter leur contribution à la pièce. Et dans les moments paroxystiques, la musique atteignait une telle intensité que j’ai senti (ou cru sentir) mon siège trembler. En tout cas, mon front s’est couvert de sueur… Et j’étais incapable de me boucher les oreilles, moi si sensible aux décibels : on était tous trop extatiques dans le public pour réagir :-)
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| Source: La Presse (Bernard Brault) |
Soir de concert cette semaine. J’étais curieux de voir la nouvelle salle de l’OSM après tout le tapage médiatique autour de son inauguration, mais je n’étais pas pressé. Jusqu’à ce que j’apprenne, la semaine passée, que le premier concert de la saison régulière nous proposait la Turangalila-Symphonie d’Olivier Messiaen. Ah ben. Je me suis donc précipité.
Olivier Messiaen est un compositeur très particulier, c’est peu dire. Cet homme à qui l’on prête un mysticisme sans bornes a accouché de partitions très excentriques, n’hésitant pas à y inclure des rythmes et des sonorités tout à fait inhabituelles — je pense notamment à ses transcriptions des chants d’oiseaux (ornithologue amateur, Messiaen avait en effet transcrit le chant de plusieurs volatiles sur partitions pour ensuite les inclure dans ses œuvres). Pour le lecteur profane, je dirais que rien ne vaut l’écoute pour se faire une idée de l’étrangeté de sa musique. Attention : ça ne plaît pas à tout le monde, et je connais bien des musiciens, pourtant ouvert d’esprit, qui grimacent à la mention de ses œuvres.
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| Messiaen vers 1935 |
Personnellement, les œuvres de Messiaen ne me parlent guère — je pense au Quatuor pour la fin du temps qui me laisse dans l’indifférence. Mais suite à la remarque d’un mélomane invétéré de mon entourage, je m’étais intéressé à sa Turangalila-Symphonie (le mélomane en question m’ayant raconté que Matt Groening, le créateur des Simpson, était un admirateur de l’œuvre de Messiaen et que le personnage de Leela dans Futurama avait pour prénom « Turanga »…Hé hé) Sur un CD emprunté, j’avais découvert dans la Turangalila une œuvre complexe qui — ô surprise — voulait me dire quelque chose… Mais aucun doute que plusieurs écoutes allaient être nécessaire. Et que cette pièce là, il fallait l’entendre « en vrai ». Pour le reste, c’était bien du Messiaen : une œuvre étrange qui combinait plusieurs instruments exotiques — dont les fameuses Ondes Martenot, (l'un des premiers instruments électroniques, inventé en 1928, notamment employé pour les sifflements de soucoupes volantes dans les vieux films de SF -- on les entend dans le générique de Mars attaque!).
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| Dispositif pour Ondes Martenot semblable à celui employé au concert |
Mais en vrai, joué par l’OSM, waouh! Quelle expérience! Ayoye!
Mais aussi… Au cœur de l’ouragan, j’ai perçu des motifs. Cette Turangalila démesurée (80 minutes, 429 pages de partition!), en apparence si chaotique sur CD, est en fait méticuleusement ordonné. Il y a une logique derrière tout cela, des motifs qui me sont apparus avec une clarté incroyable. J’en ai même versé une larme… Messiaen m’avait rejoint. Je l’avais compris. Je ne dis pas qu’il y aura contact sur ses autres œuvres, mais à travers celle-ci, on a pu se comprendre :-)
Bien entendu, l’enthousiasme de l’OSM a contribué à l’effet : on sentait que les musiciens tripaient à jouer cette œuvre excentrique, et ils nous ont transmis leur passion! Les voir tous s’activer de concert (!) dans les moments forts était purement jouissif.
Quant à la nouvelle salle, elle est vraiment magnifique. Et chose qui m’a intrigué, elle est conçue de manière à ce que l’orchestre soit à une extrémité tout en étant entouré par le public, puisqu’il y a des gradins « derrière » l’orchestre. La prochaine, je dois essayer ça, assister à un concert de derrière l’orchestre. J’ai ressenti une impression d’intense convivialité : ce n’était pas le public assis à écouter l’orchestre — comme si on était dans une messe —, mais l’orchestre assis au cœur du public. J’ai repensé à l’époque où il n’y avait pas de musique « classique », « populaire » ou autre, mais seulement la musique que tout le monde allait voir, peu importe la richesse, et qu’on écoutait assis un peu partout dans les salles. Ça fait du bien. :-)
C’est juste dommage que, la topographie de la nouvelle salle aidant, bien des gens se sont esquivés entre les mouvements de la symphonie. La Turangalila était peut-être trop exotique pour les oreilles des auditeurs… Malgré tout, l’orchestre s’est mérité une franche ovation à deux reprises, au milieu et à la fin de l’œuvre, qui m’a rassuré : le public, en majorité, a apprécié l’expérience.
Bien entendu, j’ai acheté le CD le lendemain.
Pour ceux que ça intéresse, ce concert devrait être diffusé sur l’Espace musique de Radio-Canada dans les prochaines semaines. Ça pourra constituer une bonne occasion de faire connaissance de cette œuvre assez singulière. Mais entre nous, je crois que pour vraiment apprécier la Turangalila , il faut l’entendre « en vrai » au moins une fois…
Ci-dessous, une vidéo youtube avec Jean Laurendeau (en charge des Ondes Martenot lors du concert) qui explique comment fonctionne cet étrange instrument -- plus compliqué à manipuler qu'il n'y paraît.
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mardi 6 septembre 2011
Prodigieuses créatures -- Tracy Chevalier
Quatrième de couverture:
« La foudre m'a frappée toute ma vie. Mais une seule fois pour de vrai. »
Dans les années 1810, à Lyme Régis, sur la côte du Dorset battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces « prodigieuses créatures » qui remettent en question les théories sur la création du monde. Très vite, la jeune fille issue d'un milieu modeste se heurte à la communauté scientifique, exclusivement composée d'hommes. Elle trouve une alliée en Elizabeth Philpot, vieille fille intelligente et acerbe qui l'accompagne dans ses explorations. Si leur amitié se double de rivalité, elle reste, face à l'hostilité générale, leur meilleure arme.
Avec une finesse qui rappelle Jane Austen, Tracy Chevalier raconte, dans Prodigieuses créatures, l'histoire d'une femme qui, bravant sa condition et sa classe sociale, fait l'une des plus grandes découvertes du XIXe siècle.
Commentaire:
De Tracy Chevalier, j’avais apprécié La jeune fille à la perle, le roman derrière le magnifique film de Peter Webber. Récemment, je suis tombé sur son dernier roman en format poche, Prodigieuses créatures. L’image de ces deux dames anglaises sur la plage, occupée à regarder quelque chose à leurs pieds, m’a intrigué. Comme le résumé parlait de fossiles, des débuts de la paléontologie en plus de femmes savantes en butte à la société scientifique (et masculine) de l’époque, je me suis renseigné, puis j’ai ouvert le portefeuille. Disons que je caresse le projet d’écrire une histoire avec une suffragette qui s’intéresse aux sciences naturelles, et que comme j’avais bien aimé La jeune fille à la perle…
…et je n’ai pas regretté mon achat!
Voilà un livre qui s’adresse à ceux qui aiment les romans historiques et psychologiques, et aussi à ceux qui s’intéressent à la paléontologie et l’histoire des sciences. Mary Anning est en effet celle à qui l’on doit la découverte des premiers spécimens de dinosaures marins (ichtyosaures et de plésiosaures), pavant ainsi la voie à toutes les recherches scientifiques qui allaient constituer, pour Darwin, un terreau fertile pour construire sa théorie de la sélection naturelle. Et pourtant, il ne s’agissait pas d’une scientifique! Certes, c’était impossible dans les années 1810-1820 porteuses des séquelles des guerres napoléoniennes, mais ce qui m’a frappé, c’est comment, au début, Mary Anning et Elizabeth Philpot chassent les fossiles par profit ou par distraction avant de basculer dans l’activité scientifique la plus sérieuse, prenant peu à peu conscience des implications théologiques de leurs découvertes. La reconstitution d’époque est très bien faite : elles grouillent de ces détails qui font « vrai » et de personnages colorés, que le lecteur au courant des sciences de l’évolution reconnaîtra avec plaisir : Charles Lyell, Cuvier, William Buckland... (Si la connaissance de ces noms n’est pas nécessaire pour comprendre le roman, elle apporte un plaisir supplémentaire). Je me suis attaché aux deux personnages principaux, partageant leur passion pour la découverte, mais aussi les obstacles auxquels ils se heurtent — chasser les fossiles n’étant pas une activité convenable pour des dames de l’époque.
Toutefois, il ne faut pas s’y tromper : malgré le quatrième de couverture, le roman ne conduit pas à une sorte de paroxysme soulevé par les découvertes des deux femmes. À le lire, on s’attend presque à ce que les remises en question théologiques soulevées par les découvertes de Mary et Elizabeth créent une véritable révolution, choquant le clergé et conduisant à des débats explosifs comme ceux ayant entouré la parution des œuvres de Darwin. On s’attend presque à voir les deux femmes devoir aller débattre leurs idées devant une communauté scientifique masculine. Ce n’est pas le cas : historiquement, de telles controverses n’ont pas eu lieu et malgré les libertés (obligatoires) prises avec l’Histoire, Tracy Chevalier n’a pas cherché à trahir cette dernière. Par conséquent, Prodigieuses créatures reste surtout un roman psychologique, tout en retenue : on s’intéresse plus à la vie de deux protagonistes, leurs rivalités amoureuses, les impacts de leur vie qui s’oriente vers les sciences naturelles sur leur psychologie, etc. On peut même dire, en un sens, que le roman n’a pas de fin. Dans La jeune fille à la perle, l’intrigue se terminait (grosso-modo) par le départ de Griet de la maison des Vermeer (même s’il y a un épilogue). On sentait, dans ce roman, un début, un paroxysme, et une conclusion. Dans Prodigieuses créatures on s’écarte de ce schéma, même si quelques « péripéties » marquent l’intrigue (notamment la contestation par Cuvier de l’authenticité du plésiosaure trouvée par Mary). Quand j’ai terminé le roman, j’ai songé à ces films biographiques où, quand le film se termine, on a droit à un texte qui nous dit ce que les protagonistes sont devenus plutôt que de le montrer. Comme de fait, le roman se termine de cette manière : il y a la fin, puis c’est dans les remerciements qu’on apprend ce qui est arrivé par la suite à Mary et Elizabeth. Certains lecteurs trouveront peut-être cette fin bâclée, mais si on envisage le roman comme une histoire psychologique plutôt qu’une biographie (une histoire de « personnages » comme dirait tonton Scott Card), ça peut marcher : à la fin du roman, les tensions psychologiques entre les personnages sont en effet réglées, mais leur vie est loin de se terminer, bien au contraire.
N’empêche, j’ai bien aimé ma lecture :-) Avec lui, j'ai passé deux jours de vacances dans le Lyme Regis des années 1810-1920, et cela faisait un bail que je n'étais pas allé au bord de la mer :-) Ça change des romans de SFF... tout en apportant une foule de petites idées intéressantes pour de futures histoires. Aussi, j’ai vu que Tracy Chevalier a écrit un roman spécifiquement sur les suffragettes. Je vais sûrement le lire dans un avenir proche…
Pour ceux que ça intéresse, via le site de l’auteure, on peut accéder à un dossier complet vraiment trippatif sur les coulisses de roman (les lieux, les personnes réelles, les sortes de fossiles mentionnées, etc.) On voit que Tracy Chevalier a eu la piqûre… :-)
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