jeudi 9 mai 2013

De retour de Boréal 2013...

Enfin de retour de Montréal, après avoir participé coup sur coup au Congrès Boréal 2013 et à la Conférence mondiale en intégrité de la recherche! Inutile de dire que je suis pas mal fatigué :-)

Rapido, le Boréal de cette année a été des plus intéressants (j'ai assisté à plus de table-rondes que la normale) et les discussions intéressantes se sont enchaînées sans arrêt. Cette année, pour la première fois, je logeais sur place (cela faisait étrange d'être pour la première fois à un Boréal à Montréal qui ne soit pas "dans ma ville" :-) ) et ma foi, c'était une idée très pertinente! Tout comme celle de voyager entre Québec et Montréal en train :-)

Comme les deux congrès étaient l'un à la suite de l'autre, je suis totalement épuisé, mais le cerveau en ébullition suite à toute l'émulation que provoque immanquablement le milieu de la SFFQ (et même la Conférence mondiale m'a inspiré). Je reviendrai donc plus tard sur Boréal, quand j'aurai récupéré (si j'y reviens :-p). Mais je vais quand même en profiter pour féliciter chaudement les lauréats des prix Aurora-Boréal, notamment Ariane Gélinas (dont il faut toujours tenir compte de l'opinion, ai-je laissé échapper lors d'une table-ronde sans savoir qu'Ariane était dans la salle ;-)) et Geneviève Blouin (qui a commis l'exploit de décrocher *deux* prix dont l'un dans la catégorie où j'étais en nomination -- un c'est bien, mais deux c'est mieux :-))

Les meilleurs moments de cette longue période de cinq jours? Le concours de maltraitement de textes (Jouissif! Je veux y participer!), le panel sur la bande-dessinée, les deux dîners au McKibbin's et la fameuse bière avec Guillaume Voisine que nous avons enfin, après des années, réussi à prendre! (Pour prendre une bière, il suffit de déménager, c'est simple comme bonjour!). Seulement, il y a une autre bière à venir, alors ce n'est pas fini! Et le petite pélerinage dans mes anciens lieux de débauche (i.e. chapters et cie) que je me suis autorisé :-)

Ah, et j'ai adoré le personnage du Cardinal psychédélico-hypnotique créé avec brio par Martin Mercure! :-)

Bon, le Phil est fatigué et va aller se coucher! Sur ce, à bientôt!

Ciao!

mercredi 10 avril 2013

Aurora-Boréal 2013 : une nomination pour « Le fantôme dans le mécha »

Décidément, c'est la semaine des bonnes nouvelles!

C’est bien connu, le printemps amène les nominations pour les prix Aurora-Boréal, qui seront décernés en mai prochain, à Montréal. Eh bien, on m’a prévenu que mon texte « Le fantôme dans le mécha » (teaser ici) sera en nomination cette année dans la catégorie « Meilleure fiction courte ». On trouvera l’annonce des nominations ici.

« Le fantôme dans le mécha » est en bonne compagnie, avec "Aurores à venir" (Alain Bergeron), Le chasseur (Geneviève Blouin), "514 YIH-OOPI (Luc Dagenais) et "Aurore, l'enfant du diable" (Nicolas Handfield). Messieurs dames, à vos lectures! :-)

Merci à tout ceux et celles qui ont proposé ce texte pour les prix de cette année! Une nomination, c'est un grand honneur! :-)

Maintenant que j’ai mentionné cette nomination sur mon blogue, je n’en parlerai plus, excepté pour féliciter le ou la vainqueur (e).
Conformément à mes superstitions personnelles, je nous dis « M… » à tous!  Et aussi "M..." aux nominés des autres catégories!

lundi 8 avril 2013

Pour accéder aux rêves, un soupçon de Paprika...

Paprika du regretté Satoshi Kon, adapté d’un roman de Yasutaka Tsutsui, est l’un de mes films d'animation préférés : excentrique, original, avec une bonne intrigue de science-fiction… Peut-être un peu de prêchi-prêcha à quelques endroits et une complexité qui demande plus d’une écoute, mais rien de bien méchant. Paprika pousse dans une direction déjantée la prémisse du Brainstorm (1983) de Douglas Turnbull : des scientifiques parviennent à visualiser et enregistrer les rêves d’autrui au moyen d’appareils oniriques (dans Brainstorm, il s'agissait d'enregistrer les expériences cognitives des sujets). Plus encore, les mêmes scientifiques réussissent à s’immiscer dans les rêves des gens endormis, le tout dans une perspective psychothérapeutique. Seulement, un terroriste s’empare des appareils oniriques et implante d’étranges visions chez ses victimes alors qu'elles sont éveillées — mettant celles-ci, mais aussi toute la société, en grave danger. L’enquête pour démasquer le coupable, à la fois dans la réalité et dans le monde des rêves, se révéle des plus mouvementés!
Eh bien voilà qu’une équipe japonaise vient de faire les premiers pas dans une voie de recherche semblable, le tout dans une perspective thérapeutique… Mais déjà les questions éthiques se posent. En tout cas, voilà un bel exemple comme quoi les spécimens les plus excentriques de la science-fiction (et, dans le cas de Paprika, une SF à la fois de roman et d’anime), peuvent anticiper des développement technologiques bien réels!
L’article est ici.

mercredi 3 avril 2013

Une histoire sans être humain... (MAJ)

Depuis le temps qu'on souligne le fait que mes nouvelles comportent souvent des arrière-mondes complexes sur lesquels on aimerait en apprendre plus, eh bien hop! Voici que les Éditions Alire acceptent de publier le diptyque de science-fiction que je leur ai soumis :-)

Oui, un diptyque de science-fiction — bien que les choses puissent évoluer, il est fort probable que le récit conserve sa forme en deux tomes.

Ce cycle s’intitule « Le jeu du démiurge » (titre qui pourrait changer, sait-on jamais) et, bien entendu, il ne contient aucun être humain :-) Ni aucun Ourag ou autres hommanimaux. Mais il y a beaucoup d’humanité, oui :-)

Le contrat n’est pas encore signé, mais j’ai obtenu la permission de transmettre l’information. Après tout, si je change d’idée, j’aurai l’air fou :-) Et de toute façon, je n’ai pas l’intention de changer d’idée :-)

D’autres détails à venir en temps et lieu…

Bon, maintenant je plonge dans le projet suivant! Next! :-)

P.S. Merci à tout ceux qui vont se rappeler m'avoir donné un conseil ou un avis en lien avec ce projet :-) Vous serez félicités en bonne et due forme, ne vous inquiétez pas : j'ai soigneusement gardé vos noms dans mon petit carnet noir... :-)

Mise à jour

Le diptyque est déjà inscrit sur le site d'Alire, dans la section Titres à venir ! :-D

lundi 11 février 2013

Toujours sur Terre!

Eh oui. Je suis toujours là. Non, je n'ai pas passé le dernier mois terré dans mon laboratoire ultra-secret à essayer de réparer la machine à apocalypse ou à créer une nouvelle race d'hommanimaux raffinés et sexys (en fait je n'ai passé qu'une semaine sur le dossier des hommanimaux, à la fin janvier, parce que la machine à apocalypse est plutôt récalcitrante... Ce n'est pas facile de concevoir une mécanique destinée à détruire le monde et qui soit en même temps écologique avec un bilan carbone nul!) Mais avec toutes les péripéties des deux derniers mois, je n'ai pas eu le temps, et encore moins l'énergie de publier sur mon blogue -- et surtout, je n'avais pas grand chose à dire :-) Mais bon, maintenant je commence à émerger...

Alors pour ceux qui ont manqué les épisodes précédents, je suis maintenant un résident officiel de Québec-la-Capitale-Nationale et nouvel employé pour le Gouvernement.

Les choses ont été précipitées, l'automne dernier: soutenance de thèse, obtention du diplôme... puis peu de temps après le Salon du Livre de Montréal, j'ai décroché un emploi à la vénérable Commission de l'Éthique en Science et en technologie (on me trouve déjà sur leur site web, mon nouvel emploi n'est pas des plus secrets :-)). J'ai dû déménager quasiment en catastrophe au mois de décembre, mais le dérangement en valait largement la peine : je réside maintenant dans un joli coin de Québec (pas très loin de la maison occupée jadis par Lovecraft, d'ailleurs, ce qui est sûrement un signe du destin parce que c'est purement involontaire de ma part...) et le travail que je fais est hautement passionnant. Oeuvrer pour le gouvernement provinicial est une expérience des plus... particulières. Sans entrer dans les détails, avoir un aperçu de l'envers du décor, si je puis dire, vous ouvre de nouvelles perspectives. Pendant longtemps, la politique s'est essentiellement résumée, pour moi, à un show télévisuel -- le Club des Ex, les conférences en direct à RDI pendant je rédigeais ma thèse, etc. Maintenant, je vis une partie du "show" de l'intérieur, sur place... et je me souviens du choc que cela a été quand je suis passé pour la première fois d'étudiant à celui d'enseignant. Ouaip.

Passionnant comme travail, donc. Et en plus, mon emploi du temps est totalement compatible avec la cogitation et la rédaction de récits de SF :-) Ça, pour un individu comme quoi, c'est du gros luxe crasse!

Certes, il va me falloir encore un peu de temps pour vraiment ressentir que j'habite la Capitale plutôt que la Métropole, mais tranquillement, on va s'habituer.

On va essayer maintenant de reprendre tranquillement possession de ce blogue. Vu que l'aménagement de mon antre est pratiquement terminé (grâce à l'aide généreuse du Paternel et de la Maternelle qui ont tous les outils, le savoir-faire et plein de tours dans leur sac pour vous retaper un appartement en moins de deux en exploitant son potentiel...), je vais pouvoir retrouver des occupations plus susceptibles d'alimenter ce blogue que dans les deux derniers mois.

Bon, maintenant que mon billet est fait, je suis sauf pour un mois, au moins :-p

À très bientôt pour d'autres nouvelles du style je-me-moi et, je l'espère, sur d'autres sujets beaucoup plus passionnants :-)

P.S. Si jamais vous écrivez sur ce blogue, sachez que je peux autoriser vos billets du travail mais non vous répondre, parce que l'accès aux blogues et automatiquement bloqué -- alors si je prends du temps à publier vos billets et y répondre, ce n'est pas que je vous snobe :-) 

lundi 14 janvier 2013

Bientôt...

Bientôt.

Ça s'en vient.

Ça va recommencer.

:-)

lundi 10 décembre 2012

Ce pari avec Guillaume Voisine...

Il y a quatre ans, Guillaume Voisine et moi avions fait un pari. À l'époque, le vénérable rédacteur en chef de Brins d'éternité rédigeait une nouvelle de zombies pour le fanzine ClairObscur et je lui avais imposé un titre, soit Les zombies dans nos campagnes. En retour, je devais faire une nouvelle de loups-garous dont il m'imposerait le titre. Guillaume avait alors poussé l'outrecuidance jusqu'à me mettre en scène dans son histoire de morts-vivants, en plus de me suggérer des titres pour mon histoire de loups-garous et de m'imposer une contrainte d'écriture. Pour ceux qui ont manqué ou oublié cet épisode incontournable de l'histoire de la SFFQ (qui a fait depuis l'objet de plusieurs documentaires sur Historia et Canal D, en plus d'être parodié dans les Simpson et même dans South Park), c'est ici et ici.

Guillaume a publié Les zombies dans nos campagnes dans le ClairObscur no. 6 (2009). Quand la revue Zinc, consacrée à la littérature générale, a lancé un appel à textes pour un spécial "Lycanthropie" au début de l'été dernier, j'ai tout de suite sauté sur l'occasion pour respecter enfin ma part de notre pacte -- et aussi pour rabattre le caquet aux mauvaises langues aiguisées qui, depuis des années, me jugent incapable de pondre une fiction courte (Na! :-p) J'ai donc écrit La danse de Jasmine, un texte d'environ 2000 mots, qui parle de loups-garous et qui respecte la contrainte d'écriture imposée par Guillaume. Je n'ai pas retenu les propositions de titres de ce dernier, parce que ceux-ci ne correspondaient pas au contenu de mon récit, et n'étaient peut-être pas appropriés pour Zinc, mais comme je n'avais imposé que des titres à Guillaume pour son histoire de zombie (et que celui-ci a osé me mettre en scène, na!) je me suis dis que je pouvais jouer un peu avec les règles :-)

J'avais envoyé La danse de Jasmine fin mai et comme je n'avais eu aucune réponse depuis, je me disais que le texte avait été refusé et j'envisageais de le retravailler pour le proposer à la Maison des Viscères... mais jeudi dernier, quelle n'a pas été ma surprise de recevoir par la poste deux copies du "Spécial Lycanthropie" de Zinc, avec mon texte dedans... Ah ben.

Alors si vous êtes curieux de lire une courte (!) histoire de loups-garous (!!) mettant en vedette Guillaume (!!!) et sa voisine (!!!!), c'est en kiosque en ce moment.

Référence : La danse de Jasmine, Zinc no. 28, décembre 2012.

mercredi 14 novembre 2012

Évènement des revues Alibis et Solaris au Salon du Livre de Montréal

De 18h00 à 21h00 au kiosque Alire, au Salon du Livre de Montréal!

Seront en dédicace :

18h00-19h00
Alibis: Richard Ste-Marie, Julie Racine et Sébastien Aubry
Solaris : Michel Lamontagne, Philippe-Aubert Côté et Ariane Gélinas

19h00-20h00
Alibis: André Jacques, Véronique Bessens et Geneviève Blouin
Solaris: Guillaume Bourque, Luc Dagenais et Yves Meynard

Je n'ai pas vraiment le choix d'y être ou pas :-) D'autant plus que je me suis aussi commis dans Alibis dernièrement... avec une récidive probable dans un avenir plus ou moins proche! Mais avant d'aller au salon, quelques précautions à prendre de mon côté:

1) Argent de mon compte en banque transféré dans un compte inaccessible via la carte débit, check!
2) Carte de crédit placé en sûreté dans un coffre fort auquel je n'aurai pas accès pendant tout le salon, check!
3) Argent liquide : juste ce qu'il faut pour m'acheter à manger pendant le salon, check!
4) Pamphlet des rats de bibliothèque anonyme, avec numéro de téléphone en cas d'urgence, check!

Bon, cette année on devrait éviter les excès :-)

Au plaisir de vous voir éventuellement au salon!

dimanche 11 novembre 2012

Pour le jour du souvenir...

Il m'arrive parfois de porter un coquelicot à cause de feu mon grand-père, vétéran de la WWII qui a, heureusement, échappé au front à cause de son hypertension -- ce qui ne l'a pas empêché, en restant à l'arrière et en aidant les hôpitaux militaires, de recevoir les blessés et d'avoir son lot d'horreurs. Je ne l'ai jamais connu, mais il y a tant de questions que j'aurais aimé lui poser... Comme souvent, la tête ailleurs, j'oublie d'acheter la fameuse petite fleur rouge ou je ne tombe sur aucun vendeur, voici ma manière de signaler le jour du souvenir: un joli site sur la représentation iconographique des soldats pendant la Grande Guerre, incluant notamment quelques eaux fortes d'Otto Dix, dont j'ai pu admirer quelques oeuvres au Musée des Beaux-Arts de Montréal.

C'est par ici.

En prime, une vidéo que j'ai partagée hier sur facebook : l'une de mes scènes préférées dans tous les films que j'ai vus, tirée de Gods and monsters (1998), superbe duel d'acteurs entre Ian McKellen et Brendan Fraser. C'est l'une des scènes ou la clé des tourments de James Whale nous est livrée -- derrière les horreurs de ses films se cachent les horreurs à la fois pires et plus simples de la guerre. Et c'est la scène qui, symboliquement, représente la mort du réalisateur, dont le suicide nous est épargné. Un pur moment de magie cinématographique, à mon sens, servie par une musique tout à fait appropriée.

mercredi 31 octobre 2012

Différents visages d'une métamorphose

L’étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde est un grand classique de la littérature, et c’est aussi l’un de mes grands classiques : lu en troisième ou quatrième années du primaire, alors qu’on avait droit à des cours de catéchèse, le roman de Stevenson était extrêmement révolutionnaire pour un jeune esprit. Imaginez : alors qu’on m'enseignait qu'il y avait des bons et des méchants, et alors que je baignais dans des dessins animés manichéens, voilà que je tombais sur un livre qui explique (très bien) que les humains ne sont pas bons ou mauvais mais bons ET mauvais… Waouh! Que de subversion! Et surtout : quelle belle leçon d’éthique! On ne s’étonnera pas qu’au sein de ma DVD thèque il y ait une collection de films consacrées au bon docteur et à son double maléfique.

Pour l’halloween, une excentricité de ma part n’étant pas coutume, je me suis proposé de faire un petit tour des différentes manières dont la transformation de Jekyll en Hyde et vice-versa est envisagée au cinéma -- vidéos youtube inclues!

1) D'abord, l'original (1886)

Contrairement à la plupart des adaptations cinématographiques, le roman de Stevenson ne révèle qu'à la fin le lien entre Jekyll et Hyde; d’abord lors du récit du Dr Lanyon (qui nous fournit une description extérieure de la fameuse transformation) et ensuite par la confession du Dr Jekyll (qui nous fournit une description intérieure de la même transformation). Voici la transformation de Hyde en Jekyll décrite par le Dr Lanyon (extraits de Stevenson, R.L., L’étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde, Folio Junior, traduction de Charles-Albert Reichen — traduction enjolivée pour un public jeunesse, mais très agréable à lire) :

« Il [i.e. Hyde] porta le verre à ses lèvres et en vida le contenu en une seule gorgée. Un cri suivit; l’homme chancela sur ses jambes, fit quelques gestes désordonnées, puis s’agrippa à la table où il se cramponna fermement. Il avait les yeux injectés de sang et sa bouche, ouverte haletait d’une façon horrible. Comme je le regardais, je crus voir un changement se produire. Il sembla graindir, grossir et, sur son visage devenu subitement noir, je vis les traits se fondre et s’altérer. Le moment d’après, j’avais bondi sur mes pieds et reculais contre le mur, levant le bras pour me protéger de ce prodige, l’esprit submergé par la terreur.

— Seigneur Dieu! m’écriai-je, Seigneur Dieu, est-ce possible?

Là, devant mes yeux, pâle et frissonnant, à demi évanoui et tâtonnant devant lui comme un Lazare sortant du sépulcre se tenait… le Dr Henry Jekyll! » (p. 102-104)

Plus loin, voici comment Jekyll raconte lui-même le processus :

« Très tard, par une nuit maudite, je mélangeai les éléments, assistai à leur ébullition dans le verre; puis, quand toute fumée eut disparu, je pris mon courage à deux mains et, d’un seul coup, avalai la mixture.

Suivirent les douleurs les plus effroyables. Je sentis mes os se désagréger; je fus pris de terribles vomissements, en même temps que j’éprouvais une angoisse dont l’intensité égale certainement celle qui préside à notre naissance ou à notre mort. Peu à peu, ces affres commencèrent à disparaître et je revins à moi avec l’impression que l’on éprouve au sortir d’un grave évanouissement. Il y avait quelque chose d’étrange dans mes sensations, quelque chose d’ineffablement neuf et, en raison de sa nouveauté même, d’une douceur incroyable. Je me sentais plus jeune, plus léger, plus leste. Intérieurement, j’avais conscience d’une capiteuse insouciance, d’un courant d’images sensuelles désordonnées qui me trottaient par l’imagination comme un carrousel endiablé, un affranchissement de tout sens du devoir, une liberté inouïe, mais non point innocente de l’âme. Je me reconnus, dès les débuts même de cette nouvelle vie, dix fois plus pervers, dix fois plus méchant, dix fois plus esclave du péché origine; et cette pensée, en ce moment-là, me réconforta et m’enivra comme un vin généreux. » (p. 109-111)

Il faudrait vérifier, mais je constate que Stevenson jette ainsi les bases des transformations classiques dans les histoires d’épouvante (notamment le détail de l’ossature qui se brise pour se reconstituer, comme dans plusieurs films de loups-garous). Détail curieux aussi le fait que Hyde devienne subitement « noir » avant de laisser la place à Jekyll. Enfin, alors qu’on pourrait s’attendre à ce qu’au cours de la métamorphose la masse du sujet reste constante (dixit les lois de la thermodynamique), on constate que Jekyll et Hyde n’ont pas la même grandeur et pas la même masse. Toutefois, volontairement ou non, Stevenson contourne habilement ce paradoxe : quand le Dr Jekyll explique ses recherches, il affirme que le corps n’est qu’une émanation des pouvoirs de l’âme; on peut donc imaginer, dans le cadre de la science « fictive » présentée dans ce roman, que les changements de forme de cette émanation constitue un phénomène assez radical pour provoquer, en apparence, une diminution ou une augmentation de la masse.

À partir de là, comment le cinéma a envisagé la transformation de Jekyll en Hyde et vice-versa?

2) Dr Jekyll et Mr Hyde (1920)


Avec John Barrymore (arrière-grand-père de Drew) dans le double-rôle. Cette transformation est restée célèbre parce que Barrymore avait la réputation de se passer de maquillage pour incarner M. Hyde, changeant seulement l'expression de son visage pour ce faire. Cependant, Rick Baker a toujours contesté cette affirmation, ayant relevé des signes évidents de maquillage suite à une analyse minutieuse des images.

3) Dr Jekyll et M. Hyde (1931)


Première adaptation parlante, mais à une époque où il était impossible d'ajouter de la musique en toile de fond. Fredric March, connu pour la suite comme un acteur comique, interprète un Hyde simiesque et jovial, l'idée derrière ce film étant que Hyde représente les instincts réprimés de l'Homme (i.e. l'Homme préhistorique). Cette transformation est remarquable sur trois points : 1) elle est filmée en "caméra subjective", comme si la caméra était située à l'intérieur de la tête du Dr Jekyll ; 2) le Dr Jekyll commence une métamorphose en direct -- lorsqu'on voit des marques apparaître sur son visage. L'effet, bien que simple à réaliser, était assez ingénieux pour l'époque : March, couvert d'un maquillage rouge, était éclairé par une lumière de la même couleur (ce qu'on ne peut deviner vu que le film est en noir et blanc). Au fur et à mesure de la métamorphose, on a progressivement éteinte la lumière rouge pour la remplacer par une lumière blanche, ce qui permet l'apparition des marques qu'on voit sur la vidéo; 3) ici, cette métamorphose "vue de l'intérieur" rejoint assez bien l'approche retenue par Stevenson à la fin du roman.

Fredric March a aussi reçu un oscar pour son interprétation dans ce film.

4) Dr Jekyll et Mr Hyde (1941)



L'une de mes adaptations préférées, avec Spencer Tracy (monumental dans le double-rôle!) et Ingrid Bergman (tout aussi monumentale!). Cette seconde version, sortie dix ans après la précédente et reprenant les mêmes grandes lignes, reprend l'interprétation freudienne du roman de Stevenson : Hyde n'est plus un homme préhistorique, mais l'incarnation des pulsions sexuelles refoulées du bon docteur -- pulsions qui remontent comme des fleurs à la surface d'un étang lors de la métamorphose :-) La séquence est très onirique et aussi... très osée pour l'époque!

On ne voit pas Hyde sur la séquence montrée ici mais c'est l'un des Hyde les plus intéressants du cinéma, tant les différences entre lui et Jekyll sont subtiles, tout en étant suffisantes! Spencer Tracy était un grand acteur qui n'avait pas besoin de beaucoup de maquillage pour nous faire froid dans le dos!

5) Dr Jerry et M. Love (The nutty professor, 1963)


Le chef d'oeuvre de Jerry Lewis, qui inverse le thème stevensonien en nous proposant un "Jekyll" laid et un "Hyde" séduisant et tombeur. Je n'ai malheureusement pas réussi à trouver la scène de la transformation, qui est extrêmement sérieuse et efficace (alors que le film est une comédie!). Mais je vous ai trouvé au moins la trame sonore de Walter Scharf, très inventive, qui mélangeait orchestre classique et instruments plus modernes -- commes la batterie.

J'ai toujours voulu avoir une montre comme celle que possède Jerry Lewis dans ce film -- une montre de gousset ordinaire qui joue de la musique militaire quand on l'ouvre :-) C'est le seul air que je sache jouer au piano...

6) Dr Jekyll and Sister Hyde (1971)



Ah les Anglais! Ce film de la Hammer innove en nous montrant un Dr Jekyll qui se transforme en... Miss Hyde. Je sais, l'idée fait sourire... mais le film est sérieux, très bien pensé et bien fait. J'en veux pour preuve cette séquence de transformation en continu, où Jekyll change de sexe sans qu'il y ait une seule coupure.

Dans cette version, Jekyll ne cherche pas à séparer le bien et le mal présent en chaque humain : la fameuse potion consiste ici en un élixir de longue vie, obtenu à partir de cadavres de femmes. Une autre originalité de Dr Jekyll et Sister Hyde réside aussi dans le fait que ce film croise le roman de Stevenson avec une autre histoire célèbre de celui-ci, celle des "profanateurs de sépultures".

7) Au bord de la folie (Edge of sanity, 1988)


Ce film-ci n'est pas parmi mes préférés : il est... très tordu, très weirdo, très kitsch, et quelque pa rt onne peut s'en étonner, vu qu'il s'agit d'un film figurant dans la carrière tardive d'Anthony Perkins. Mais je le trouve intéressant pour la scène de la transformation, que je n'ai pas retrouvée sur le web (vous avez donc seulement la bande annonce). En effet, dans cette version, Jekyll est transformé en Hyde accidentellement, lorsque des réactifs renversés par un singe entrent en contact avec la drogue anesthésiante qu'il prépare. Le dégagement de vapeur qui en résulte suffit à provoquer la métamorphose. C'est, à ma connaissance, le premier (si ce n'est le seul) film où la drogue de Jekyll fonctionne par inhalation. De plus, le genre d'accident montré dans la film est plausible : tout ceux qui ont travaillé dans un labo de chimie ont, à un moment ou à un autre, été exposé à une vaporisation de solvant qui leur a fait tourner la tête. Je garde un souvenir désagréable de la fois où cela m'est arrivé :-)


Pas mon film préféré, mais j'aime bien le titre :-)

8) Mary Reilly (1996)




L'une de mes versions préférées, magistralement interprétée. Si Mary Reilly n'est pas adapté directement du roman de Stevenson (il s'agit d'un roman de Valérie Martin), le film reprend l'approche choisie à l'origine par ce dernier, soit  de ne révéler le lien entre Jekyll et Hyde qu'à la fin du récit. Cependant, alors que Stevenson construisait son suspense sur le mystère des liens unissant Jekyll et Hyde, Valérie Martin et Stephen Frears créent habilement leur suspense en exploitant le fait que si le lecteur connaît déjà la vérité, ce n'est pas le cas de l'héroïne... La transformation de Hyde en Jekyll montrée à la fin du film est l'une des plus originale jamais vue dans les adaptations de l'oeuvre : au lieu d'une transformation lycanthropique, c'est toujours Jekyll ou Hyde qui donne naissance à l'autre -- soulignant la différence fondamentale entre les deux mais aussi le lien intime qui les unit.

Et pour finir, oui, pourquoi pas un peu de naiser... de fantaisie! La transformation "jewels inclus" de Jekyll and Hyde: together again (1982) et la confrontation entre Bugs Bunny himself et le bon docteur... :-)




lundi 22 octobre 2012

Sur la zone d'écriture de Radio-Canada...

...je viens de commettre ma dernière mauvaise action : un conseil d'écriture, publié dans le cadre d'une (fort intéressante) série de billets consacrés à la science-fiction. Allez donc y faire un tour, si vous voulez lire les intéressants conseils de Sylvie Bérard, Mario Tessier ou encore les suggestions littéraires de Jean Pettigrew et les réflexions fort intéressantes de Nicolas Dickner, Marie-Ève Sévigny et cie...

http://zonedecriture.radio-canada.ca/?r

Et pour mon conseil d'écriture:

http://zonedecriture.radio-canada.ca/2012/10/conseil-decriture-philippe-aubert-cote.html

vendredi 19 octobre 2012

Le fantôme dans le mécha (teaser)


Hop! Après l'introduction, et comme je suis d'humeur, voici le teaser pour Le fantôme dans le mécha!

Avec l'autorisation des éditeurs, voici le début de la nouvelle Le fantôme dans le mécha (genre: science-fiction), disponible dans le numéro 184 de la revue Solaris (automne 2012). Ce récit est particulier pour deux raisons : 1) c'est la première histoire "sur commande" que je publie et 2) cette histoire prend place à l'intérieur d'un numéro spécial consacré à Isaac Asimov. Ce numéro réunit les fictions de plusieurs vétérans du milieu de la SFFQ -- en dehors de moi, qui suis le plus jeune auteur du numéro :-) -- ainsi que deux articles forts intéressants. Un joli numéro spécial à lire, quoi :-)



Le fantôme dans le mécha

Par Philippe-Aubert Côté
I

Une heure après le début de la diapause, Néolème et Théo s’emmitouflèrent dans leur vareuse protectrice, sortirent de leur chambre et traversèrent les appartements du Seigneur sans en éveiller les occupants. Déjouant la vigilance des gardes, ils empruntèrent la poterne de service pour émerger au pied des murailles de la forteresse d’Irénosthène. « On devrait être en diapause, protesta Néolème. Si on nous attrape…

— Retourne près de tes blocs mémoriels, si tu as peur », lui répliqua Théo.

Comme prévu, Rhupan les attendait à l’angle de la contre-garde orientale. Après une accolade rapide, les trois amis s’élancèrent sur les sentiers montagneux qui descendaient en sinueux lacets jusque dans la Kludde Chasma, vaste réseau de vallées où s’épanouissait la célèbre forêt de cristal. « On fait une bêtise », chuchotait Néolème pour lui-même.

Certes, ils disposaient de cinq heures avant la fin de la diapause, mais si jamais le Seigneur s’éveillait plus tôt et constatait leur disparition ? Néolème aurait dû rester tranquille dans son propre sarcophage, à recharger ses accumulateurs… Mais Rhupan voulait leur montrer « quelque chose de tabou », et refuser son invitation aurait constitué une grave offense : c’était grâce à lui que les autres juvéniles avaient cessé de surnommer Néolème « sauterelle détraquée ».

Ils cheminèrent une bonne heure. Néolème s’arrêtait pour sonder les parages, en quête d’un éventuel poursuivant, puis repartait au pas de course pour rattraper ses deux compagnons. Dans les hauteurs, la forteresse d’Irénosthène, juchée au sommet du contrefort dans lequel on l’avait en partie sculptée, se découpait sur un ciel grenat. Au-delà, le massif de Kludde, dévorant le quart de la voûte céleste, laissait fuir de longs nuages orographiques depuis ses cimes déchiquetées.

Au bas du contrefort, les trois robots traversèrent une succession de collines rocailleuses où fleurissaient les premières touffes d’aiguilles translucides. Plus loin, des centaines de conglomérats iridescents, parsemés de cristaux rhomboédriques, luisaient dans le crépuscule rougeâtre qui baignait en permanence la région. Les capteurs internes de Néolème frémirent quand il s’insinua entre eux : il y avait tant d’électricité accumulée ici ! Il ramena son capuchon sur son crâne insectoïde et, avec d’infinies précautions, évita les aspérités des gemmes. Les robots foudroyés survivaient très bien aux décharges de Kludde Chasma, mais Néolème n’était encore qu’un juvénile au tégument souple : même avec sa vareuse, il hériterait d’une sévère brûlure.

Il aurait aimé être comme Rhupan : comme tous les enfants de la race Tenma, celui-ci possédait déjà un corps adulte, avec une cuirasse articulée sous laquelle roulaient des muscles nanocarbonés indifférents à la foudre et aux objets tranchants. Rhupan pouvait vagabonder à travers la forêt de cristal avec pour tout vêtement un kilt en lanières de cuir, mauves comme son tégument thoracique.

« Nous approchons », émit Rhupan sur une fréquence cryptée.

Les trois robots se trouvaient maintenant entourés par une multitude de piliers quartzifères hauts de quatre à cinq mètres, aux surfaces effilochées, d’apparence soyeuse. Suivant leur guide, Néolème et Théo avancèrent sur une cinquantaine de mètres avant de s’abriter derrière un arbre diamantin effondré.

Néolème put zoomer à travers l’espace libre laissé entre le tronc et le sol : trente mètres plus loin s’ouvrait une large clairière, au bord de laquelle une quarantaine de Tenmas étaient agenouillés sur des tatamis. L’un d’eux, un robot massif à la cuirasse vermillon, arborait sur le devant de son heaume céphalique une libellule dorée – Néolème ignorait de quel clan cet insecte était l’emblème. À voir la largeur du couvre-nuque de l’individu, et l’ampleur des ailettes décoratives sur ses tempes, il s’agissait sans aucun doute du chef. De part et d’autre de celui-ci, quatre Tenmas plus âgés, au tégument terni, étaient installés. En plus du kilt traditionnel, ils avaient revêtu une tunique vert de cobalt.

Tous regardaient la huitaine de guerriers qui s’affrontaient au centre de la clairière. Non, ils ne luttaient pas tout à fait entre eux. Avec leurs sabres, ils excitaient les cristaux de Kludde Chasma pour en arracher des éclairs. Quand ils y parvenaient, ils faisaient ricocher la fulguration sur leur lame pour la renvoyer à leurs adversaires. Ceux-ci tentaient de l’éviter ou de la réexpédier à un autre joueur.

Une joute de porte-éclair. L’un des rituels les plus tabous des Tenmas. « C’est un au revoir ? demanda Théo à Rhupan sur la fréquence cryptée.

— Oui. Le clan offre une dernière joute pour honorer les quatre aînés qui portent la tunique verte. À la fin, chacun d’eux sera accompagné au cœur de Kludde Chasma par l’un de ses enfants pour rencontrer sa mort. »

Néolème frémit des antennes. « Ils vont être euthanasiés ?

— Non. Quand nous sentons nos biocomposantes se flétrir, nous allons au-devant de la mort avec dignité. » Rhupan effleura son plastron. « Tous les Tenmas ont des cristaux de Kludde Chasma dans leurs parties cybernétiques. Kludde Chasma fait partie de notre cycle vital. Nous naissons avec ses minéraux, nous nous épousons en son sein, et quand nous sommes vieux, nous y retournons. »

Ils restèrent silencieux tous les trois, les yeux fixés sur la joute de porte-éclair. Néolème trouvait cela magnifique. Et désespérant. Conduire ses proches à la mort au lieu de les soigner ? C’était… cruel !

« Néolème, Théo, voulez-vous être mes amis ? » demanda Rhupan.

Néolème dévisagea Théo. Celui-ci, avec son visage d’humain en argent et ses yeux bleus si expressifs, semblait surpris et ravi tout à la fois.

Rhupan expliqua : « Chez les Tenmas, les amis doivent posséder un souvenir. Un secret qu’ils gardent pour eux. Je voulais vous offrir ce spectacle comme souvenir. » Il inclina la tête. « Acceptez-vous d’être mes amis ? »

Théo posa la main sur le front de leur camarade, là où le heaume céphalique s’emboîtait dans sa visière. « On sera amis pour la vie.

— Et au-delà », renchérit Néolème en effleurant des doigts la tempe du Tenma.


II

1.

Le pilote replia les voiles. Le petit éoscaphe décrocha des vents de haute altitude et descendit en direction du massif de Kludde, planant sur les courants intermédiaires. Loin en bas, la forteresse se dressait toujours sur son contrefort, séparé de la montagne par un large col. Irénosthène, gardienne des frontières entre les deux plus grands empires d’Anachéron : celui de l’Octant, au sud, auquel appartenait Théo, et celui des Tenmas, au nord.

En apercevant ainsi la citadelle du haut des airs, Théo fut submergé par la nostalgie. Pendant toute son enfance, alors que lui et son gémeau passaient d’un de leurs quatre cogéniteurs à un autre pour accomplir leur apprentissage, il venait à Irénosthène une fois par an, pendant trois mois, pour acquérir les rudiments du commerce et des échanges avec les autres cultures robotiques.

C’était avant son entrée dans l’âge adulte et le début de ses fonctions officielles en tant qu’aide diplomatique auprès des traîne-cyclones, quatre ans plus tôt. Théo s’attendait à voir Irénosthène changée, mais en zoomant depuis le cockpit, il repérait les remparts de pierre familiers, soutenus par des piliers granitiques sculptés à même la montagne, et les mêmes bâtiments aux arêtes prolongées par des éperons pour fendre les vents. Autour du donjon central, où résidait l’administration, les comptoirs commerciaux destinés aux Tenmas s’étalaient sur les bastions qui accueillaient aussi les jardins et les zoos.

Les zoos. Théo s’y était bien amusé, autrefois, à apprivoiser les créatures organiques. Réprimant un rire grinçant, il se rappela comment son gémeau raillait son désir de « communiquer » avec les bêtes. Et pourtant ! Cette grande sauterelle de Néolème n’avait pu s’empêcher d’adopter un chat qu’il gardait contre lui à l’intérieur de son unité de recharge. Un félin tout gris, qui avait dû être son seul ami à la forteresse – en dehors des blocs mémoriels consacrés à la physique, de Théo et de Rhupan, bien sûr.

Rhupan. Où était celui-ci, en ce moment ?

« Atterrissage dans quelques minutes, dit le pilote, un serpentiforme connecté aux commandes. Le voyage vous a été agréable ?

— Il l’a été, croyez-moi.

— J’en suis ravi. Je m’en voudrais de déplaire à l’un des enfants du Seigneur d’Irénosthène.

— Je ne suis qu’un humble diplomate », précisa Théo.

Cela faisait des années qu’on ne l’avait pas qualifié « d’enfant du Seigneur d’Irénosthène ». Théo réprima son agacement : il ne venait pas en rejeton d’un monarque exigeant plus de déférence qu’un autre. Le Seigneur d’Irénosthène n’était qu’un commerçant puissant au service de l’Octant, non un roi. Et Théo rendait seulement visite à son cogéniteur, comme n’importe quel citoyen attentionné le ferait.

Faux. Son cogéniteur l’avait appelé. « Théo, tu dois venir, avait-il dit d’une voix tracassée. Pour une mission des plus importantes. »

Or, Polychirès, Seigneur d’Irénosthène, n’avait jamais été inquiet.


© 2012 Philippe-Aubert Côté et Revue Solaris.

Vous voulez savoir ce qui inquiète le Seigneur d'Irénosthène et pourquoi celui-ci a convoqué son rejeton? Alors cliquez ici. Pour vous abonner carrément à Solaris (ce qui en vaut largement la peine, si si) cliquez ici. Et pour les fans de polar, peut-être serez-vous intéressés à faire connaissance avec la jumelle de Solaris, Alibis...

mercredi 17 octobre 2012

Le fantôme dans le mécha : une introduction

Samedi dernier le 13 octobre avait lieu à Québec le lancement conjoint de Solaris, Lettres québécoises, Nuit blanche et L'écrit primal dans le cadre du festival Québec en toutes lettres, dont la thématique, cette année, est l'oeuvre d'Isaac Asimov. J'y étais pour le fun (*surtout* pour le fun, parce que discuter avec d'autres passionnés et rire un bon coup, quel bonheur!), mais aussi parce que le numéro spécial de Solaris proposé à l'occasion de l'évènement contient une nouvelle de mon cru, intitulée Le fantôme dans le mécha. Comme le lancement est effectué et que les numéros de la revue devraient aboutir sous peu dans les boîtes aux lettres des abonnés, je vais poster sous peu mon habituel teaser :-)

Mais avant, je vais publier un billet sur la genèse de ce texte. Un billet plutôt qu'une série de billets, comme je l'avais promis ailleurs -- mais je dois avouer qu'en ce moment je finalise le dépôt final de ma thèse et que je me distrais avec d'autres projets, alors... ;-)

Le fantôme dans le mécha est particulier pour deux raisons: 1) c'est le premier texte écrit "sur commande" que je publie et 2) c'est un texte-hommage à Isaac Asimov, un auteur dont j'aimais plus ou moins les écrits -- qui n'ont pas vraiment bien vieilli, il faut l'admettre, même s'ils ont fait date -- mais que j'ai appris à découvrir en accomplissant ma revue de littérature pour ce projet. Le bonhomme était des plus fascinants et si son oeuvre n'est pas à imiter, elle mérite qu'on s'y penche un instant -- en fait, je dirais que tout aspirant-écrivain de science-fiction a le devoir de se pencher sur l'oeuvre d'Asimov à un moment ou l'autre de son cheminement.
Quand on m'a proposé de pondre un texte-hommage à Asimov, j'ai hésité : je n'avais lu que le premier tome de Fondation et le début des Cavernes d'acier, et si j'avais trouvé ces textes faciles à lire, je les trouvais horriblement datés et naïfs. Néanmoins, comme on m'a tout de suite assuré que je n'étais pas obligé de pasticher Asimov mais que je pouvais partir de ses thèmes pour rédiger l'histoire qui me plaisait, j'ai accepté. Une variation sur des thèmes connus, ça, ça me plaisait.
J'ai donc lu Fondation jusqu'à la fin, puis les Cavernes d'acier, plus quelques nouvelles, en plus de me pencher sur les textes que le bon docteur avait lui-même rédigé pour expliquer son approche littéraire. J'ai relu certains passages de la thèse que Kim Stanley Robinson consacre à Philip K. Dick, où il est question d'Asimov et de son époque. J'ai passé en revue ma bédéthèque pour en extraire les albums traitant de robots. Le tout avant de passer quelques heures en bibliothèque (Bibliothèque Nationale et Université de Montréal) pour trouver livres et articles savants sur les dernières recherches en robotique. Principal constat : peu importe la nature du texte, qu'il s'agisse d'un article de vulgarisation ou d'une publication académique pleine d'équations, Asimov est omniprésent : si ses trois lois ne sont pas cités quelque part, le fantôme de son oeuvre surgira inévitablement au détour d'un paragraphe.
En arrière-plan, les étudiants en colère envahissaient chaque soir les rues de Montréal, des carrés rouges partout, et les bruits des casseroles accompagnaient chaque coucher du soleil -- une fois je suis sorti sur ma propre terrasse pour y joindre ma marmite à spaghettis, d'ailleurs :-)
Je me demandais quelle histoire rédiger lorsque, dans le métro, j'ai lu un passage intéressant sur le genèse de Fondation: Asimov aurait été, à ce qu'il dit, inspiré par une citation extraite au hasard d'un opéra de Gilbert et Sullivan. Coïncidence, en février, j'avais exploré l'oeuvre des deux compositeurs britanniques après avoir visionné le fim Topsy-Turvy (un peu trop long, mais bien fait et avec des acteur géniaux). Topsy-Turvy relate la création mouvementée du Mikado, réputé comme étant l'opéra le plus célèbre de Gilbert et Sullivan. S'il n'est pas le plus célèbre, le Mikado est sûrement très original : dénué de la magie fréquente dans les autres oeuvres du fameux duo, cet opéra en deux actes propose une histoire située dans le Japon de l'ère Edo, avec des personnages uniquement japonais (quoique réinventés un peu pour les besoins de la pièce).
L'irruption inopinée de Gilbert et Sullivan dans mes lectures sur Asimov m'amusa, puis je me remémorai la visite que j'avais effectuée en juin dernier au musée de Pointe-à-Callière pour admirer la collection du Dr Béliveau sur les samouraïs. Par boutade, je me suis dit "pourquoi pas une histoire sur des robots asimoviens qui préparent une pièce sur des robots japonais, pendant qu'on y est?" (Le noir assis à côté de moi dans le métro m'a jeté un coup d'oeil de travers, sans doute avais-je parlé à voix haute, et ma remarque, pris hors-contexte, n'avait sûrement rien de rassurant...)
Puis là, ça m'a frappé.
Les robots qui ont bercé mon enfance, qui ont marqué ma génération, ils étaient surtout japonais -- soit entièrement comme Astroboy, soit d'inspiration japonaise comme les Transformers, dont j'avais pu écouter les épisodes sur la télévision câblée de ma grand-mère, pendant que celle-ci s'occupait à autre chose dans la maison. Demandez aux gens de trente-cinq à vingt-cinq ans : les robots qu'ils ont connus en premier, ce sont les Goldorak et compagnie... Ceux de Star Wars aussi, mais je suis sûr que beaucoup d'entre eux mentionneront spontanément les dessins animés du samedi matin ou de Canal Famille...
Alors je me suis dit que j'allais mettre en présence les robots de deux générations: ceux de ma génération, très inspirés par les anime, et ceux de la génération de mes parents et des autres contributeurs du numéro, surtout inspirés par Asimov. Plutôt approprié pour un auteur qui s'est finalement révélé être le plus jeune de ce numéro spécial... :-)
Confronter deux générations de robots (rebricolés par mes soins, certes) a été mon point de départ. J'ai cependant gardé une deuxième contrainte, soit conserver l'une des planètes décrites par Asimov dans Fondation -- en fait j'ai pris un type de planète que le bon docteur décrivait avec les connaissances de son époque et j'ai actualisé en fonction des découvertes récentes dans le domaine. Puis je suis allé de l'avant en écrivant une histoire qui plairait d'abord à moi.
Cela a donné Le fantôme le mécha que vous pourrez découvrir dans le numéro 184, spécial Asimov, de Solaris.
Teaser à venir demain. Ou après-demain, selon mon humeur :-)
P.S. Finalement, ça peut servir d'écouter des p'tits comics à la télé ET du Gilbert et Sullivan... :-p

jeudi 4 octobre 2012

Dans la culotte des super-héros...

Pour l’un de mes projets d’écriture, je me renseigne sur les super-héros ces temps-ci — on se distrait comme on peut après sa soutenance de thèse :-). J’accumule les ouvrages, ainsi que les notes, je finis les comics commencés il y a des années et abandonnés, je relis quelques classiques en glissant des fiches entre les pages… Et pour me détendre à travers tout ça (!), j’ai lu La vie sexuelle des super-héros de Marco Mancassola, un roman que j’avais vu en grand format chez Renaud-Bray il y a quelques mois, mais qui vient de sortir en format poche. Le quatrième de couverture, qui propose une sorte de Watchmen avec de « vrais super-héros déjà connus », m’avait intrigué. Alors qu’Alan Moore et Dave Gibbons nous présentaient une galerie originale de super-héros fatigués et à la retraite, victimes d’un mystérieux tueur, Mancassola adopte comme point de départ l’idée qu’en ce début du 21e siècle, Red Richards, Superman, Batman, Mystique et les autres ont pris leur retraite, s’investissant dans la recherche scientifique, le showbiz, la luxure ou la formation des nouveaux super-héros. Mais voilà que Batman reçoit une mystérieuse lettre d’adieu sans signature, avant d’être assassiné lors d’une soirée sexuelle tordue. Puis d’autres missives atterrissent chez Red Richards, puis Mystique… Quelqu’un en veut-il aux anciens super-héros? S’agit-il de l’œuvre d’un groupe terroriste? Pourquoi ces meurtres? L’inspecteur Dennis De Villa cherche à résoudre ces questions, alors que son frère, Bruce, mène sa propre enquête pour le compte de la Presse.

L’intérêt de cette variation sur Watchmen, c’est d’employer des super-héros ou des super-vilains déjà connus (Red Richards des Quatre Fantastiques, Batman, Mystique, Superman…), de nous exposer leurs travers et perversions (surtout sexuelles) et de les confronter à la vieillesse ou des évènements dérangeants — mais le tout de façon sérieuse. Je dois l’admettre, j’ai glissé des fiches à quelques endroits lorsque j’avais repéré une réflexion ou une idée en arrière-plan à laquelle je n’avais pas pensé et qui me semblait susceptible de participer à une histoire de mon cru sur les super-héros. À plusieurs endroits la prose de Mancassola offre quelques bijoux à méditer. Mais en dehors de ça, La vie sexuelle des super-héros a été pour moi un cas intéressant de « j’aurais fait autrement » : arrivé à la fin, quand la solution du mystère est enfin livrée, j’ai trouvé celle-ci très intéressante… pour tout de suite me dire que l’auteur aurait pu l’exploiter d’une manière plus adéquate. Peut-être l’auteur a-t-il focalisé son attention sur ce qui l’interpellait dans son histoire en mettant de côté ce qui l’intéressait moins, et par malheur ce qu’il a mis de côté était ce qui m’intéressait… mais je pense que peu importe ce que l’auteur voulait faire, il y a des choses qu’il ne pouvait mettre de côté. Des choix qu’il ne pouvait se permettre.

Parce qu’à mon sens, le roman de Mancassola souffre de plusieurs mauvais choix. À commencer par la structure du récit : divisé en cinq sections d’inégale longueur, le roman nous raconte pendant 245 pages les déboires amoureux d’un vieux Red Richards, avant de passer aux perversités sexuelles et à l’assassinat de Batman (sur 68 pages), le passé de Bruce De Villa (76 pages), les mésaventures de Mystique (172 pages) et un épilogue avec Superman (33 pages). Au lieu de mêler les aventures de tous ces personnages et de disséminer les événements liés à la série de meurtres, on passe de looooooooooongues pages à voir en profondeur les tourments des super-héros et leurs aventures sexuelles. J’ai vite sombré dans l’impatience après la dixième description de relations charnelles entre Red Richards (l’homme caoutchouc) et une apprentie astronaute. Les flash backs sur le passé de Bruce De Villa m’ont endormi — ce personnage m’a paru d’une insignifiance totale, pourquoi nous attarder sur lui alors que les super-héros sont plus intéressants? L’histoire des meurtres ne devient qu’une sous-intrigue insignifiante en arrière-plan, que l’auteur nous rappelle de temps en temps comme s’il accomplissait une corvée. Ce faisant, on sombre dans l’incohérence : si les anciens super-héros étaient visés par un complot meurtrier, ils réagiraient beaucoup plus que ce qu’on voit dans ce roman, la Police serait plus inquiète et même la Défense serait dans le coup…

Je n’ai pas embarqué dans les tourments des super-héros, et ce n’est pas que j’étais offusqué de voir les perversions sexuelles de Batman — je ne suis pas un geek aveugle pour qui les héros sont intouchables, bien au contraire! —, mais parce que je ne connectais pas avec les personnages. La faute en incombe peut-être aux choix narratifs de Mancassola. Celui-ci a en effet opté pour une narration omnisciente très lourde, où les choses sont *dites* plutôt que *montrées*. Au lieu de mettre en action les personnages, de nous faire comprendre leur psychologie à travers les événements qui leur arrivent et leurs actions, on préfère nous résumer celle-ci au moyen de lourds paragraphes explicatifs qui m’ont ennuyé. Souvent, plusieurs semaines d’évènement étaient expédiées en quelques lignes. La partie avec Red Richards m’a été extrêmement pénible : 245 pages de longs tourments amoureux, avec à deux ou trois endroits le rappel qu’il y a une intrigue policière, une série de meurtres à résoudre. Parfois, on aurait dit que l’auteur lui-même trouvait son récit ennuyeux, et s’empressait, via le narrateur omniscient, de nous annoncer « qu’un événement troublant » allait arriver, ou de recourir aux rêves pour nous faire croire que soudain, il arrive quelque chose — je pense à un rêve éveillé où Red Richards se croit victime d’une bombe. Le lecteur se dit « Enfin il arrive quelque chose! », pour découvrir qu’il ne s’agit que d’un cauchemar fait par Richards à bord d’un avion. Avis à tous les aspirants-écrivains : quand vous pimentez votre intrigue avec des séquences oniriques pour créer du suspense, il y a un problème quelque part…

Mais plus que le contenant, le contenu m’a fait décrocher. Je n’ai pas cru au monde dépeint dans ce roman. En effet, si parfois les super-héros parlent de leurs collègues, ils n’évoquent pas leurs ennemis, les affaires célèbres auxquelles ils ont travaillé, on n’a pas l’impression que le monde a été marqué par leur présence, on n’a pas l’impression que le commun des mortels sait qu’il y a encore des super-héros. On le dit à certains endroits, mais on ne le *sent* pas (encore le « dire » versus le « montrer »…). J’ai décroché sur deux plans : 1) je n’ai pas cru que le monde présenté dans ce roman avait été marqué par l’existence des super-héros, et 2) on ne peut pas employer des super-héros déjà connus sans évoquer la mythologie qui les entoure. Comment parler de Superman sans parler de Lex Luthor? Comment mentionner Thor sans évoquer les exploits des Avengers et du SHIELD, ou l’existence des dieux? Comment parler de Mystique sans constamment rappeler les X-Men ou même montrer ceux-ci? J’ai l’impression que Mancassola a voulu faire le moins de liens possibles entre son roman et les méta-univers Marvel et DC. Peut-être a-t-il agi volontairement pour se concentrer sur les déboires amoureux et les perversions sexuelles de ses personnages. Seulement, on ne *peut pas* mettre tant d’éléments de ce genre de côté sans faire décrocher le lecteur. Si on lit ce genre de roman, c’est parce que les super-héros nous intéressent, parce qu’on s’y connaît au moins un peu. Si l’auteur ne respecte pas un minimum la mythologie établie autour des super-héros déjà connus qu’il utilise, il va seulement déranger ses lecteurs. Et faire décrocher ceux-ci.

Mais bon, sans doute me dira-t-on, si je me fie à une certaine presse, que l’auteur voulait se livrer à quelconque réflexion satirico-philosophique sur les États-Unis dans le monde, ou autres. Je dirais à cela que Watchmen offrait le même genre de réflexion tout en étant palpitant — ce n’est pas un roman, certes, mais je crois qu’on peut faire un roman qui nourrit la réflexion tout en étant palpitant, crédible et cohérent (parce qu'en refermant le roman de Mancassola, les incohérences au sein de l'intrigue ont commencé à surgir dans mon esprit).

Bref. De bonnes idées, une bonne énigme policière, mais qui aurait gagné à être racontée d’une autre façon et avec plus de rigueur. Même si on veut rédiger une oeuvre à message philosophique ou avec plusieurs niveaux de lecture, il y a des choses qu'on ne peut pas faire, à mon sens.

mercredi 19 septembre 2012

Le Herr Doktor à la Comiccon

Bon, mes amis et proches le savent pour avoir été aux premières loges, et j'ai repris la nouvelle sur facebook, mais il fallait bien que je le mentionne sur ce blogue : vous pouvez m'appeler "docteur" si ça vous chante :-)

(Pas parce que je le veux -- au contraire! -- mais si vous le faites, il n'y a aucun risque que le Bon Dieu vous envoie la foudre, la lèpre et les grenouilles pour avoir osé m'appeler avec un titre qui ne me convient pas...)

En effet, après avoir déposé ma thèse dans ce même pavillon qui abrita jadis une partie du projet Manhattan, j'ai, vendredi dernier, effectué ma soutenance de thèse dans le pavillon 1420 Mont-Royal, véritable couvent hanté qui ne figure même plus sur les cartes du campus parce que les facultés logées à l'intérieur vont bientôt déménager. La salle était horrible -- belles boiseries, mais aucune climatisation, aucun équipement informatique intégré, accoustique déplorable, des prises de courant à deux trous alors que le rétroprojecteur apporté et mon ordinateur ont des fiches à trois brins... Mais on s'en est bien tiré et malgré mon état d'exténuation totale, j'ai survécu.

Alors, officiellement, d'après mes infos, voici le verdict du jury:

1) Thèse acceptée à l'unanimité;
2) Thèse jugée "exceptionnelle"
3) De qualité telle qu'elle pourrait représenter la discipline dans les concours de thèses
4) De qualité telle qu'elle devrait être considérée pour la liste d'honneur du doyen
5) Publication au national et à l'international (il faut que je me renseigne sur ce dernier point).

Après la soutenance, le jury et les gens présents ont pu participer à un petit vin d'honneur, puis la soirée s'est terminée avec proches et amis au Boccacinos, au Centre-Ville de Montréal. Cela a été l'une des soirées les plus mémorables de mon existence, très agréables, et je remercie encore ceux qui étaient présents :-) (Et ce n'est pas fini, vous allez recevoir une carte bientôt, mouhahahahahaha :-p) C'était drôle de voir réunis à la même table des gens de ma famille, des proches, des amis du milieu de la SFFQ et des amis du milieu universitaire, et de voir tous ces gens s'entendre à merveille et rire, alors qu'en temps normal ils appartiennent à des univers disparates -- mais ils se sont tellement bien entendus que je ne serais pas surpris qu'ils entrent en contact dans un avenir proche...

Et le lendemain, histoire de me gâter un peu pour célébrer la fin de mon doctorat, je me suis payé une visite à la Comiccon de Montréal. Je dois avouer que je ne suis pas un fan de la Comiccon (surtout depuis l'explosion du nombre de ses visiteurs) mais je *devais* y aller cette année, puisque l'un des invités spéciaux n'était nul autre que Malcolm McDowell -- or, si j'ai effectué un cursus en bioéthique et en biologie, si j'écris de la SF, c'est en grande partie à cause de mon intérêt pour H.G.Wells. Et c'est grâce au film C'était demain (Time after time, 1979), dans lequel McDowell incarne Wells, que je connais le vénérable écrivain britannique. Tant dans mon mémoire de maîtrise que ma thèse je signale ma reconnaissance envers H.G. Wells, et quand je pense à celui-ci c'est McDowell que je visualise. Tout le monde était unanime, je devais donc y aller. Alors malgré l'épuisement, et muni d'une passe VIP, j'ai affronté la foule de la Comiccon et j'ai réussi à faire dédicacer mon DVD de C'était demain. McDowell a trouvé vraiment amusant qu'un visiteur lui arrive avec ce film (au lieu d'un truc en lien avec Orange Mécanique ou Star Trek Next Generation). Je suis aussi reparti avec une photo de moi en sa compagnie (j'ai l'air épuisé sur la photo mais bon, lendemain soutenance, chaleur de la convention, humidité et files d'attente, ça ne fait pas bon ménage :-))


Je suis aussi reparti avec une dédicace de Patrick Stewart dans mon exemplaire de Moby Dick -- je ne suis pas du tout un fan de Star Trek, mais j'aime bien Patrick Stewart et ça reste quand même pour moi le meilleur interprète du Capitaine Achab depuis Gregory Peck, alors j'en ai profité. Et mautadine! Je n'ai pas apporté l'un de mes Hellboy parce que je me disais que Mike Mignola serait débordé, mais non! J'aurais pu avoir une belle dédicace... Tant pis! Ça sera pour une autre fois :-)

Maintenant, repos (quasi)complet jusqu'à nouvel ordre. Et ensuite... ensuite... eh bien il y a de la SF à écrire et réviser :-)