mardi 25 septembre 2007

Menace de roman!

Je n'aime pas trop parler de mes projets d'écriture, articles ou fiction, tant qu'ils ne sont pas complétés, acceptés ou publiés -- en dehors de quelques discussions avec les amis ou avec ceux à qui je demande conseil, j'aime mieux en parler lorsqu'ils se concrétisent. Mais là je suis d'humeur à me plaindre...

Depuis mai dernier un projet de nouvelle m'obsède. J'ai des pages et des pages de notes éparpillées à travers deux carnets. Au début, c'était une petite histoire mettant en scène des personnages vivant dans un futur éloigné -- je ne me suis pas encore branché pour le 700 ans ou le 2000 ans dans le futur, mais la première hypothèse est la plus plausible. J'avais déjà testé ces personnages dans une première nouvelle, l'exercice m'avait prouvé que ces personnages et cet univers me plaisaient. Je voulais récidiver plus sérieusement et faire une nouvelle d'environ 30 pages, puis je me suis buté aux difficultés de planter un décor futuriste radicalement différent du monde où nous vivons en si peu de pages. Puis en réfléchissant, j'ai retourné l'intrigue, creusé la psychologie des personnages... Bon, le projet de nouvelle devient un projet de novella...

Et suite au dernier colloque de bioéthique, une conférence du pédopsychiatre Marcel Ruffo (avec lequel je me suis longuement entretenu, par après, de l'écrivain Sallinger, et qui m'a appris que les poissons-bananes, comme dans la célèbre nouvelle de ce dernier, existe bel et bien!) j'ai tellement approfondi la psychologie de mes personnages (des ados, pourrait-on dire) et ajouté quelques retournements non-prévus que la novella est en train de muer en roman... Un court roman, mais un roman quand même... Pas un truc psychologique, non, mais ma discussion avec Ruffo a relancé le flux des idées... jusque dans des territoires insoupçonnés...

Si je me lance dans l'écriture de cette nouvelle, ça sera comme se faire piéger par le Gulf Stream et se faire entraîner malgré soi jusqu'en Europe... Je sais qu'en dépit de ma volonté la nouvelle va devenir roman... Alors autant la planifier comme un roman tout de suite pour que ça soit cohérent... Mais devrais-je attendre d'avoir au moins maîtrisé un peu plus l'art de la nouvelle, d'avoir publié quelques textes? J'ai deux nouvelles en banque, une soumise pour publication... Est-ce que je me laisse tenter par un roman?

Hum... Je me pose la question, j'ose même l'étaler dans l'espace public... Mais je crois que je connais déjà la réponse. Qu'est-ce que l'ami Wilde disait déjà? On résiste à tout sauf à la tentation? J'aime trop les personnages de ce projet de nouvelle pour y renoncer, ils sont trop tentants...

5 commentaires:

Guillaume Voisine a dit…

Salut ! Je lis ton blog relativement régulièrement, et voilà, je me risque à commenter (ouhhhh) :

Je te comprends très bien, mais je crois que tu n'as vraiment rien à perdre à te lancer dans l'écriture d'un roman, surtout si c'est vers ça que te mène ton processus de création... Tu te demandes si tu ne devrais pas plutôt te concentrer sur des nouvelles, question d'entrer dans le monde de l'édition de façon un peu plus douce et, j'imagine, plus facile (c'est moins de trouble écrire une nouvelle qu'un roman, la plupart du temps). Mais en même temps, écrire un roman, c'est toute une expérience... Je sais que c'est imposant, un roman (je n'ai pas encore réussi à en terminer un), mais si on attend d'être "prêt" pour en écrire un, ben... Ça peut être long. Certaines personnes ne se sentiront jamais prêtes à écrire un roman, même si elles ont le talent et la capacité pour le faire.

Tout ça pour dire que, ben, lâche pas la patate!

Philippe-Aubert Côté a dit…

Eh salut,

On se "risque à commenter" ? Ai-je l'air si farouche? :-) Tant que la lune n'est pas pleine il n'y a pas de risque... Enfin, si peu...

Tu soumets une idée très pertinente:"surtout si c'est vers ça que te mène ton processus de création". Ça me fait réaliser une chose qui me paraît si évidente soudainement... J'ai déjà fait des projets de roman en me disant à l'avance "je veux faire un roman", et les histoires inventées pour l'occasion étaient à peine suffisantes pour une longue nouvelle. Là c'est l'inverse. Avec cette conséquence que je me demande, à l'avenir, si je ne planifierai de roman que lorsque je tiendrai à l'avance une histoire qui conduit déjà vers un roman. Ne pas programmer de romans à l'avance mais seulement en produire lorsque les choses vont naturellement en ce sens...

Merci Guillaume, je médite là-dessus! Jusqu'à ce que tu te risques à nouveau sur mon blogue (prend quelques armes en argent au cas où...) :-p

Fortrel a dit…

Mon commentaire s'alignera avec celui de Guillaume. Écrire un roman (ce que je suis en train de faire) est un processus qui, en soit, et même si le dit roman n'est jamais complété/publié, est positif. Les nouvelles, ce n'est pas pour tout le monde. Ce n'est pas nécessairement une étape vers la publication et le monde de l'édition, même si c'est vrai pour plusieurs personnes. Ce n'est pas non plus réservé pour "se faire la main" et apprendre. On peut apprendre tout aussi bien avec un roman. Tant que tes attentes sont raisonables. J'ai souvent entendu que le premier roman d'un auteur n'est normalement pas publiable. (La-la-la-la, je n'écoute pas, la-la-la-la!)

C'est en forgeant qu'on devient forgeron. Dans le pire des cas, l'écriture d'un roman t'apprendra un peu plus à écrire. Dans mon cas, ça semble fonctionner. J'ai atteint les 54,000 mots hier-soir. Wou-ouh!

Philippe-Aubert Côté a dit…

54 000 mots, bravo!!! :-) Quand tu passes le cap des 60 000 on débouche une de ces bouteilles dont tu nous parle? ;-)

(Au fait, curiosité, t'aimes les portos Alexandre?)

Vous m'encouragez doublement parce que ce ne sera pas mon premier roman en fait... j'en ai même déjà soumis un, refusé, il y a un bout. Mais je m'étais dit que j'allais attendre un peu avant d'en tenter un autre. Mais comme l'inspiration semble aller en ce sens et que, comme vous dites, je ne pourrai que m'exercer... (En plus avec ce que j'ai appris à l'atelier ça va m'aider beaucoup...)

Hum... C'est décidé, je plonge! Dès que j'ai fini ces fichues demandes de subventions...

Merci les potes!

La tête dans les étoiles... a dit…

Bon, tu vois. T'as déjà passé l'étape du "premier roman pas publiable" (n'ayant pas encore commis ce premier pas, j'entonne le la-la-la d'Alexandre avec autant de fougue !). T'as aucune excuse ! ;-p Garde la patate bien en main, comme on disait plus haut.

Caro :-)