dimanche 2 septembre 2007

Vieux mais efficace... [SFF]

À une époque où les effets spéciaux devaient être inventés à chaque nouveau film, avec beaucoup de cogitations, d'effets optiques et de latex, on avait pas le choix: il fallait compenser avec des intrigues bien ficelées. Et souvent les films d'épouvantes qui me marquent le plus sont de vieux films, de ceux où on ne voit rien mais où votre imagination tourne et où il y a... un histoire justement! Cela faisait des années que j'avais découvert le synopsis de Rendez-vous avec la peur (Night of the Demon, Jacques Tourneur, 1957) dans les livres sur le cinéma, film toujours associé à l'image d'un démon (ci-dessous) qui avait, dit-on, bien impressionné le public. Je suis tombé sur le DVD qui montre les versions longues et courtes du film, ben tiens, louons-le, c'est trois locations pour le prix de deux...






Et ma foi... J'ai fini assis sur le bord du divan à me demander ce qui allait se passer, même si j'avais lu la fin des années plus tôt. Le Dr Holden, un parapsychologue très très critique et qui n'a pas son pareil pour découvrir les charlatans se rend en Angleterre pour un congrès où il entend dénoncer le culte satanique du Dr Karswell, riche supposé-sorcier. Celui vient rencontrer le Dr Holden pour le sommer de renoncer à sa dénonciation. Le parapsychologue refuse, puis constate, après une série d'incidents mystérieux, que le sorcier lui a refilé un parchemin avec une malédiction: s'il ne se débarrasse pas du papier, un démon viendra l'emporter dans trois jours... À partir de cette trame, Jacques Tourneur, considéré comme un grand maître du fantastique et à qui on doit la première version de La féline, réussit à développer une intrigue où le personnage sombre peu à peu dans l'anormal, avec quelques moments angoissés. La musique est d'époque et sert parfois à appuyer bruyamment les rebondissements, mais parfois elle ajoute juste ce qu'il faut à l'atmosphère. Comme dans les films d'Hitchcock on se demande sans arrêt ce qui va arriver à la scène suivante. Aucun acteur connu en plus, mais très bons. Certes, les démons font très "années 1950 et carton-pâte", mais à l'époque on avait déjà pris soin de les rendre flou et de peu les montrer. Mais bon, j'ai écouté jusqu'à la fin sans pouvoir m'arrêter et c'est ça que j'attends d'un film d'épouvante: être stressé et intéressé. Autre chose que du charcutage de membres avec une monotone régularité -- rien contre le gore, mais faut une histoire derrière.
Une petite curiosité donc, qui fait du bien, avec tous les épouvantables-navets-d'épouvantes qui nous assomment ces temps-ci...

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