samedi 19 janvier 2008

Débat autour du nouvel homme nouveau


Dans mon milieu professionnel, ainsi que sur quelques listes de discussion SFF, j’ai échangé quelques réflexions sur Le nouvel homme nouveau, ouvrage consacré aux transhumanistes par le journaliste Antoine Robitaille. Je ne parlerai pas ici en détail de l’ouvrage, étant donné que je compte rédiger une critique approfondie pour une revue d’éthique. Toutefois, je peux mentionner que si, à mon humble avis, l’ouvrage constitue une bonne introduction au transhumanisme et posthumanisme en livrant références et noms en lien avec ces sujets, je le trouvais incomplet pour ce qui était des questions éthiques. Le transhumanisme, et son opposé idéologique, le bioluddisme, soulèvent un ensemble de questions éthiques sur lesquelles il faut réfléchir (L’humain a-t-il une nature qu’on peut modifier? Jusqu’à quel point? etc.) et nombre de travaux et de colloques ont porté sur ce sujet. Or très très peu de détails là-dessus dans l’ouvrage de Robitaille, ce qui m’avait laissé grandement sur ma faim. De plus, l’auteur, qui affirmait avoir voulu rester le plus neutre possible, distille de petits jugements subtils ici et là sur les personnes qu’il interviewe. Que le philosophe en chef des transhumanistes soit hyperactif, que l’autre qui veut trouver la cure au vieillissement ait l’air d’un vieux hippie, que les autres sont des nerds à lunettes m’importe peu. Ce qui m’importe, c’est ce qu’ils racontent et la critique éthique qu’on peut faire de leurs propos.

Comme de fait, un débat avait lieu lundi dernier, le 14 janvier, à l’Université de Montréal, entre Antoine et Robitaille et Michèle Stanton Jean, chercheure invitée au CRDP et, de surcroît, une collègue que je respecte profondément. En fait, le débat fut plus une discussion, fort intéressante d’ailleurs, où Antoine Robitaille, de son propre chef, avoua dès le début s’être livré à une enquête strictement journalistique et non pas éthique, court-circuitant, sans le neutraliser, le commentaire que je voulais faire au sujet de son livre — et que d’autres ont formulé aussi. Plus encore, lors d’une discussion après la conférence, il m’a demandé des références pour approfondir la réflexion éthique sur ce sujet, ce qui je lui ai fourni sur le champ. Tant mieux si ce journaliste, fort sympathique au demeurant, était conscient des limites de son ouvrage. Celui-ci reste quand même une introduction intéressante, mais qu’il faut compléter par d’autres lectures pour obtenir une réflexion complète.

Je ne peux en dire plus pour le moment, devant garder du matériel pour cette éventuelle critique dans une revue professionnelle :-)

Pour plus d’information sur le transhumanisme et sur le livre d’Antoine Robitaille:
http://www.ircm.qc.ca/bioethique/obsgenetique/cadrages/cadr2004/c_no16_04/c_no16_04_01.html

http://www.editionsboreal.qc.ca/fr-result_isbn.php?id=1541

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