dimanche 13 janvier 2008

Jean-Paul Sartre le Super Vilain...

Sûrement avez-vous entendu parler, ces jours-ci, de la célébration du centenaire de Simone de Beauvoir, écrivaine, philosophe, féministe, accessoirement compagne de Jean-Paul Sartre. Plusieurs chaînes nous ont offert des entrevues avec la célèbre écrivaine, ainsi que des documentaires et des films retraçant son parcours avec Jean-Paul Sartre. Lequel, décidément, ne m’est apparu nulle part sous un jour sympathique… Dans un téléfilm présenté cet après-midi à Art TV, on nous le montre même égoïste, irritant, privant Simone de Beauvoir du bonheur qu’elle espère.

Personnellement, Sartre n’a jamais été mon philosophe préféré — oh, en son temps il a dit un ou deux bons trucs mais je ne suis pas d’accord avec toutes ses idées. J’ai plutôt tendance à lui préférer Camus, qui fut son ami avant d’être son opposant sur le plan idéologique. Je ne m’attarderai pas sur les raisons de mon peu d’intérêt pour Sartre, mais ces documentaires autour de lui et de Simone de Beauvoir m’ont rappelé une anecdote amusante : Sartre était un pourfendeur de bandes dessinées.

Dans les années quarante et cinquante, les Comics américains étaient, aux États-Unis, la proie d’autodafés suscités par le psychiatre Frédric Wertham, qui, comme l’écrit Philippe Guedj dans Dans la peau des super-héros, stigmatisait « la violence [des comics], l’homosexualité latente de Batman et Robin ou les relents [sadomasochistes] de Wonder Woman ». Sartre partageait le point de vue de Wertham et n’hésitait pas à publier dans sa revue « Les temps modernes » tout article pouvant discrédité les bandes dessinées — même des articles qui concluait que, vu que Superman avait le nez droit, celui-ci était Aryen, donc antisémite! (Sans mentionner toutefois que les créateurs de Superman étaient eux-mêmes Juifs…)

On a le droit de ne pas aimer les bandes dessinées, ce peut ne pas être notre tasse de thé, d’accord. Mais de là à les discréditer sur une base pseudo-rationnelle aussi ridicule… Pour un philosophe défenseur de la liberté, scandaleux et contestataire à ses heures, Sartre avait fini par s’encroûter un petit peu...

Pour plus d’informations : Philippe Guedj, 2007, Comics — Dans la peau des super-héros, Timée-Éditions.

1 commentaire:

Guillaume Voisine a dit…

Il est vrai qu'il y a bien des philosophes plus intéressants que Sartre, mais quand même, il demeure un penseur important, même si on peut être en désaccord avec ses idées ou son mode de vie ;)

Pour la BD, je ne savais, et c'est effectivement complètement ridicule. Plutôt pédant, en fait.