dimanche 27 janvier 2008

Les hauts et les (très) bas de Michael Crichton


Un collègue m’avait parlé l’autre jour du dernier roman de Michael Crichton, Next, qu’on peut se procurer depuis 2007 en Français et en grand format. Le synopsis ne m’avait guère intéressé, rapportant l’histoire d’un homme qui, suite à la malhonnêteté de son médecin, a vendu sans le savoir ses cellules à une compagnie pharmaceutique — devenant ainsi, lui et sa descendance, la propriété de cette compagnie. Toutefois, le collègue en question affirmait que le livre parlait de singes transgéniques doués de la parole. Comme je m’intéresse beaucoup aux chimères ces temps-ci (des travaux à pondre sur ce sujet pour deux de mes cours) j’ai emprunté le roman.

En gros : bof!!! (Ce n’est pas la pleine lune mais je me sens très méchant ce soir :-) )
Expliquons-nous. Crichton n’est pas dénué de talent, non, mais les derniers livres que j’ai lus de lui (La Proie, notamment) ne sont presque pas des romans de SF, mais de longs prêchiprêchas contre la technologie qui tombent dans la bioéthique à deux sous. Pas que la technologie est sans défauts, bien au contraire — je suis bien placé pour le savoir —, mais depuis quelques années on dirait que Crichton s’est mis en tête de prêcher la peur de la science auprès de ses lecteurs. Instruire les lecteurs de dérives potentielles de la recherche scientifique et du système économique dans lequel cette recherche se déroule, d’accord : il y a beaucoup d’aberrations potentielles à dénoncer. Mais dans Next, Crichton le fait en construisant une histoire qui s’éparpille en de multiples sous-intrigues, chacune d’elle devant montrer l’une des dérives possibles que la littérature sérieuse recense au sujet des recherches en génétique. Résultat : on s’éparpille dans les intrigues, les personnages, et après deux cents pages on se demande où l’auteur veut en venir. Le tout est entrecoupé de longs monologues-conférences qu’on lit en diagonale. Et j’avoue que c’est ce que j’ai fait à partir de la moitié du roman. Le livre est trop touffu : l’histoire des singes parlants aurait pu constituer un seul livre, celui de l’homme qui a vendu ses cellules un seul livre, etc. Et cela aurait fait de bons livres. Mais à la place, Crichton veut tout aborder en seul volume, n’effleurant sommairement que chaque sujet, introduisant une tonne de personnages qu’il délaisse en court de route pour les ramener plus loin, ce qui nous fait demander tout le temps : « C’est qui déjà celui-là? Qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans? », etc.

En dehors de l’histoire du singe parlant, un mignon chimpanzé, nommé Dave, qui tente de s’intégrer à la communauté humaine avec plus ou moins de bonheur, et l’histoire d’un perroquet parlant du nom de Gérard, peu de choses ont retenu mon attention dans ce livre. Crichton aurait pu pondre un meilleur ouvrage s’il avait laissé tomber son goût pour le sermon…

4 commentaires:

Guillaume Voisine a dit…

Même le titre du roman recommande clairement de passer à une autre lecture ;)

Philippe-Aubert Côté a dit…

En effet!:-) Et c'était vraiment le fun de se plonger dans autre chose après... D'ailleurs je ne comprends pas ce titre. Un jeu de mot dans la version anglaise que j'ai raté à cause de la traduction et de ma lecture en diagonale? Hum...

En tout cas romans suivants : L'été-machine de John Crowley (eh, Pascale) et Mastication de Jean-Luc Bizien (des loups-garous, yé!)

Jean-Louis Trudel a dit…

Je n'ai pas lu le livre, mais je suppose que Next renvoie à l'idée de « post » (comme dans post-humain) ou à l'idée qu'on aurait là un possible successeur de l'homme, ou un brouillon de la manière de créer un homme nouveau...

Philippe-Aubert Côté a dit…

Comment ai-je fait pour passer à côté de cela???

:-)

J'ai une réputation à préserver quoi!