dimanche 9 mars 2008

Les balbutiements de la chirurgie esthétique

Ces temps-ci je parcours en dilettante quelques ouvrages sur la chirurgie esthétique. C'est un univers intrigant, et au cours de ces recherches je suis tombé sur un ouvrage traitant de l'histoire de la chirurgie esthétique. (Dr Sydney Ohana, L'histoire de la chirurgie esthétique, de l'Antiquité à nos jours). J'ai été fasciné par cette histoire, de voir les relations souvent tumultueuses entre la médecine et la chirurgie, puis entre la chirurgie réparatrice et la chirurgie esthétique. On peut y voir comment l'idée d'une intervention technique sur le corps, enveloppe de l'âme qui ne pouvait être remodelé que par Dieu, a longtemps rebuté les esprits les plus brillants. Mais surtout, et ça je ne m'en doutais pas, j'ai appris comment on a réalisé certaines opérations de chirurgie esthétique assez audacieuses dans des époques aussi reculées que l'Antiquité. On est saisi d'une certaine admiration devant l'audace et l'ingéniosité des opérants de l'époque, mais aussi d'un certain effroi quand on pense aux plus ou moins bonnes conditions d'asepsie (les hébreux avaient une connaissance intuitive de l'apsepsie toutefois...) et aux anesthésiques de mauvaises qualité, quand il y avait une forme d'anesthésie de disponible.

Ainsi, j'ai appris que la première lipectomie de l'histoire avait été réalisée chez les hébreux il y a fort longtemps: Mais l'intervention la plus étonnante est celle d'un talmudiste qui est rapportée dans le traité Baba Mezia. Rabbi Éléazar, qui souffre d'obésité, subit la première lipectomie de l'histoire de la chirurgie dans une "maison de santé": "On le transporta dans une maison en brique [...]. On lui ouvrit le ventre et on retira de nombreuses corbeilles de graisse. Celles-ci furent exposées au soleil du mois d'Ab et de Tamouz [juillet, août], pourtant il n'y eut pas de putréfaction..." [pp. 52-53]

Je dois retracer la publication originale d'où le docteur Ohana tire cette anecdote: je me demande comment cela a été fait, avec quelles précautions et, surtout, quelle anesthésie. S'il y en a eu une.

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