mardi 22 avril 2008

Personnages et point de vue (O.S. Card)


Lors de cette journée passionnante au Salon du Livre de Québec, où j’ai pu discuter avec plusieurs copains du milieu SFQ (Mathieu Fortin, Alexandre Lemieux, Pascale Raud), faire la connaissance de nouvelles personnes (Jonathan Reynolds) et discuter avec quelques auteurs chevronnés (Joël Champetier et Francine Pelletier) je me suis procuré Personnages et point de vue d’Orson Scott Card. J’avais apprécié l’autre livre que ce dernier consacrait à l’écriture de fiction (Comment écrire de la fantasy et de la SF) : concis et direct, sans trop de langage technique (juste ce qu’il faut) et surtout influencé par des années d’expérience en écriture et en atelier d’écriture, c’était le genre d’ouvrage clair, qu’on lit rapidement et dans lequel on peut piger plein de trucs intéressants pour écrire nos propres histoires. On mentionnait dans « Comment écrire de la fantasy et de la SF » que Card avait consacré entièrement un autre ouvrage à la conception de personnage et à la manière de choisir le point de vue d’une histoire — éléments qu’on pourrait croire laissés à l’humeur de l’écrivain, quand on se limite à lire des histoires, mais ce choix relève au fond d’une réflexion méticuleuse et éclairée. En effet, on n’écrit pas une histoire en « je » ou en « il » selon notre humeur : chaque approche a ses avantages et ses inconvénients et il faut choisir la plus efficace en fonction de notre sujet. Mais comment choisir judicieusement? C’est là que les livres théoriques comme celui de Card (et bien sûr celui d’Élisabeth Vonarburg, Comment écrire des histoires) se révèlent à mon avis essentiels. Pas d’étonnement donc si je me suis rué sur l’ouvrage lorsque je l’ai aperçu au Salon du livre — achetant le dernier exemplaire en vente, au grand dam des autres, ah ah!

Honnêtement, j’en recommande la lecture. Clair, concis, non dénué d’humour, « Personnages et point de vue » donne plein de trucs intéressants pour cerner nos personnages (qu’est-ce qui les motive? Comment définir leur attitude? Comment définir un profil psychologique qui est éloigné du nôtre?), pour présenter adéquatement l’information permettant de caractériser le personnage (l’éternel dilemme entre le « dire » et le « montrer »), etc. J’ai bien apprécié la liste des avantages et des inconvénients de chaque type de narration (omnisciente, alignée, à la première personne, etc.), et les genres de récits pour lesquels ils sont les plus appropriés. Surtout, j’ai apprécié, au chapitre 2, les questions qu’on peut se poser, lorsqu’on construit nos personnages, afin de faire avancer notre intrigue : comment un personnage s’est-il retrouvé dans la situation où on le place? Pourquoi? Qu’est-ce qui peut mal tourner à ce moment? Qui souffre le plus des situations qu’on imagine? etc. Dit comme ça, ça semble nébuleux, mais quand on lit l’ouvrage, on voit qu’interroger nos idées et nos synopsis avec ce genre de questions permet de faire avancer notre intrigue. Je viens d’essayer avec l’histoire que je développe pour le prochain atelier Boréal et ma foi, cela m’a permis de développer mon intrigue jusqu’à un dénouement que je n’avais pas imaginé. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je me suis précipité sur ce livre que le site d’Archambault annonçait (à tort, dirait-on) comme ne devant pas sortir avant le début juin : je voulais en essayer les trucs sur cette histoire que je dois remettre au plus tard le 30 mai.

Bref, un ouvrage intéressant, qu’on lit facilement en deux soirées et qui possède plein de petits trucs parmi lesquels on peut piger ceux qui nous intéressent, sans nécessairement en retenir la totalité.

2 commentaires:

Guillaume Voisine a dit…

Ça semble tout à fait pertinent, ce livre... J'aurais plus tendance à le lire directement en anglais, par contre.

M a dit…

Je ne l'ai pas encore trouvé depuis notre escapade au SILQ. J'espère qu'ils l'auront à Boréal.