dimanche 27 juillet 2008

Froid dans le dos...

...c’est l’effet que le nouveau Joker m’a fait. Cela faisait des années qu’un personnage de cinéma ne m’avait pas fait froid dans le dos comme ça… La dernière fois c’était… Hum. Hannibal Lecter peut-être (dans le Silence des Agneaux, pas l’horrible vaudeville qu’ils ont fait après…).

Jack Nicholson était très bien dans son interprétation du Joker, mais il jouait dans un autre registre : celui du Joker comique comme on le voyait dans les vieux Batman « en tutu » des années 1960. Heath Ledger nous livre ici un Joker plus proche des dernières bandes dessinées de Batman : un vrai psychopathe à la logique perverse et dont l’imprévisibilité n’a d’égale que le sadisme — et l’imagination, dirais-je : je pense entre autres à cette scène avec le « crayon qui disparaît par magie » et qui donne tout de suite le ton quant à la nature de ce personnage. Et j’ai bien aimé les scénarios interactifs que le Joker construit avec ses victimes, tous inspirés des petites expériences de morale qu’on voit souvent dans les cours d’éthique, et qui ajoutent à la folie du personnage. Ledger vole la vedette aux autres, et en même temps il nous montre comment il avait beaucoup à offrir et à quel point sa mort n’est que trop prématurée.



Pour le reste, le film est bien fait, on est accroché du début jusqu’à la fin. Soyez prévenu : même si la longueur est à peu près semblable au précédent, il est beaucoup plus dense et touffu. On suite très bien l’intrigue, mais celle-ci connaît rebondissements sur rebondissements et j’en suis sorti content, mais avec le cerveau complètement lessivé. Peut-être quelques petits éléments chicotants comme le précisait Caro sur son blogue, mais dans l’ensemble c’est très efficace.

Et je ne peux omettre aussi l’apparition — trop courte mais très efficace — de Double-Face, beaucoup plus hideux que celui joué par Tommy Lee Jones et aussi plus proche de ce que j’aurais fait si j’avais été le réalisateur. Pas de visage brûlé comme Freddy Krueger, mais une moitié de visage réduit presqu’à l’état de crâne vivant (bon, je me suis posé des questions sur l’infection bactérienne et tout mais comme mutilations accidentelles j’en ai déjà vu des « assez capotées merci! ».) Et aussi, une psychologie beaucoup plus approfondie que dans l’autre version — ce qui rend le personnage beaucoup plus intéressant.

En gros un film intéressant qui, comme le disait Jean-Louis Trudel, pose la question des limites que les représentants de la Loi doivent respecter alors que les criminels qu’ils pourchassent se fichent complètement de ces mêmes limites. Peut-on tout faire pour lutter contre les criminels? La réflexion dans le film passe peut-être avec un peu de prêchi-prêcha, mais elle laisse son empreinte dans nos cerveaux...
Il y a une chose que je me dois de mentionner et qui m'a choqué un peu -- mais qui n'implique en rien le film: la régie a classé The Dark night "Général -- Fortement déconseillé aux jeunes enfants". Je trouve cela aberrant! Je dirais 16+ minimum! Tant pour la violence du Joker (toujours gratuite mais justifiée pour caractériser le personnage) que pour Double-Face qui est beaucoup plus réaliste et répugnant que sur la photo que j'ai collée ci-dessus. Les parents qui vont aller voir ce film avec de jeunes enfants sont carrément irresponsables!

1 commentaire:

Jean-Louis Trudel a dit…

Le lien permanent pour mon billet sur The Dark Knight serait plutôt celui-ci.