dimanche 10 août 2008

Un peu de cinéma et de vidéo: la "Momie 3" et "Doomsday"

Cela fait un bail que le film est sorti mais je suis allé voir le troisième volet de la Momie -- La tombe de l'Empereur-Dragon -- au Quartier Latin. Je voulais surtout me vider l’esprit pendant deux heures, et de ce côté-là j’ai été satisfait. Pas besoin de se concentrer pour comprendre l’intrigue, on apprécie le spectacle, ça fait du bien de temps en temps.

Si on remet ses neurones en fonction pour quelques commentaires, il est vrai que cet opus ne propose guère de nouveautés, il se content plutôt de réinventer fusionner les rouages des deux premières intrigues de la trilogie puis de transposer le tout à la Chine. Alors que dans le premier volet la Momie était damné pour un histoire d’amour interdite et que dans le second le Roi Scorpion l’était pour avoir vendu son âme en échange du pouvoir, l’empereur-dragon joué par Jet Li est damné pour les deux, après avoir effectué un sordide chantage amoureux sur la magicienne chargée de lui procurer l’immortalité et le pouvoir. Et le vilain d’être momifié à l’intérieur d’une statue d’argile, comme toute son armée. Et des siècles plus tard, le fils de la famille O’Connell découvre la tombe de l’empereur, de méchants conspirateurs le ressuscitent et ça recommence. Bon, rien de surprenant à cela, il faut bien qu’une momie ressuscite pour que le film appartienne à la franchise. Mais le film, il faut l’avouer, recycle les clichés du film d’aventures beaucoup plus que les deux autres volets, surtout sur la relation tendue entre Brendan Fraser et son fils — on y voit l’ombre du troisième Indiana Jones et contrairement à ce dernier, on comprend mal l’origine des tensions entre le père et le fils. La postsynchronisation n’est pas la même que dans les autres films, et cela souligne davantage le fait que le personnage d’Amy est jouée par une autre actrice que Rachel Weisz — oh, elle s’en tire bien mais j’avoue que Weisz m’a beaucoup manqué. Ensuite, il faut fermer les yeux sur les innombrables coïncidences et scènes « arrangées avec le gars des vues » qui parsèment l’action. C’est fou, mais tous les protagonistes — dont certains ne se sont pas vus depuis des années — se retrouvent dans les mêmes lieux avec une incroyable facilité, comme si l’action se déroulait à l’intérieur du même kilomètre carré. Quant à l'humour, en dehors de quelques bonnes répliques, j'avoue avoir moins ri que dans les deux autres films. Mais la salle peu remplie n'a peut-être pas aidé.

Quelques points positifs quand même. J’ai adoré la reconstitution de la Chine ancienne visible au début du film — même si les détails des décors et des costumes sont probablement romancés. Michelle Yeoh, en magicienne multicentenaire, possède un charisme indéniable. Et j’avoue avoir été surpris par Jet Li. Je ne suis pas un fan de Jet Li et les films de Kung Fu ne sont vraiment pas ma tasse de thé, mais quand, dans le début du film, on le voit en empereur tout en armure avec la moustache et barbiche typiques des empereurs chinois, il m’a fait songer au défunt Toshiro Mifune. Je lui ai trouvé un charisme que je ne lui ai jamais vu ailleurs et je me suis dit « tiens, il pourrait être employé pour un autre genre de rôle celui-là ». Je ne serais pas contre le voir à l’essai dans un film « non-kung-fu ».

Mais par-dessus tout j’ai adoré les Yétis! Il y a trois Yétis qui aident les héros dans ce film, des créatures géantes mi-simiesques mi-félines et très intelligentes, qui comprennent tout ce qu’on leur dit. J’ai trouvé leur design intéressant et, ma foi, j’aurais aimé les voir davantage employé. Je sais que certains n’ont pas aimé leur intervention dans le film, mais j’ai eu un coup de cœur. J’achèterai le film peut-être juste pour les Yétis…

Tant qu'à faire, ils pourraient faire un film avec des yétis comme ça pour héros :-)


Côté vidéo, j’ai été surpris par Doomsday, film anglais dont j’avais vu le preview au dernier Boréal. J’avais cru qu’il s’agissait d’un film de zombies (ENCORE!!!) dans la lignée de 28 jours plus tard (autre film anglais que j’ai vraiment pas aimé, surtout à cause des éloges de la critique). Je n’étais pas sûr de le louer mais on m’en a fait de bons commentaires, je me suis donc décidé. Et j’ai été surpris. Surpris par la direction où nous emmenait finalement le scénario. L’intrigue débute comme celle d'un film de zombies : un virus mortel décime l’Écosse et le gouvernement britannique ne trouve rien de mieux que d’isoler la région derrière un mur construit sur les fondations de l’ancien mur d’Hadrien. Trente ans s’écoulent et le virus émerge soudainement à Londres. Or, on a découvert grâce aux satellites que des survivants existent en Écosse. Un commando franchit le mur pour trouver la cause de leur résistance, soupçonnant un ancien chercheur (Malcom McDowell), abandonné lors de la débâcle, d’avoir trouvé un remède. Mais le voyage tourne mal, les soldats tombant sur tout, sauf des gens accueillants...

Mais pas de zombies! Les soldats ne tombent pas sur les morts-vivants mais une société humaine qui, se croyant seule au monde, s’est organisée en clans rivaux cannibales ou déjantés — dont des punks et des… enfin, vous verrez bien :-) Sur le coup, je n’étais pas sûr si j’allais trouver le film bon — l’espèce de Sabbat des Punks me laissait couci-couça. Mais j’ai vu dans la suite du film de nombreuses tentatives pour justement nous surprendre, nous amener là où on ne s’y attend pas. De nombreuses références parodiques parsèment une intrigue qui ne connaît aucun temps mort, — notamment des références à Mad Max — le tout traité avec un humour pince-sans-rire (typiquement anglais, justement). Alors que Mad Max se prenait au sérieux, ici on en souligne le ridicule. C’est fait exprès, on rit, et on aime. Une petite curiosité à voir, donc. Notons au passage que le réalisateur n'est nul autre que Neil Marshall, qui avait tournée Dog soldiers il y a quelques années, lequel mélangeait aussi les styles sur un ton parfois un peu parodique -- néanmoins fait avec sérieux.

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