lundi 15 décembre 2008

Quand les scientifiques trichent...

...eh oui, malheureusement ça arrive. Il y a parfois une marge entre les scientifiques et ce qu'ils devraient être. Heureusement cette marge est très mince chez plusieurs, mais parfois large chez certains...

Le numéro de novembre de Science et vie, qui vient tout juste de débarquer sur nos tablettes, consacre un dossier intéressant au sujet de la fraude scientifique. La science, d'un point de vue épistémologique, soumet les explications qu'elle formule sur le fonctionnement du monde à l'épreuve des faits et de la critique. La rigueur est de mise, mais les scientifiques -- surtout les contemporains -- sont aussi des humains aux prises avec un contexte social qui peut miner toute leur bonne volonté. Et bien sûr, il y a des scientifiques qui n'ont guère de conscience morale, j'en ai croisé quelques horribles spécimens...

Ce qui m'a particulièrement frappé dans ce dossier -- frappé mais après coup j'ai trouvé que ça rejoignait certaines de mes intuitions -- c'est qu'on y montre l'absence d'un profil psychologique propre aux fraudeurs scientifiques. Il n'y a pas de psychologie à risque pour la fraude en recherche... mais des situations à risques: la forte pression du patron pour sortir des résultats, la crainte de manquer un poste ou une occasion de faire progresser sa carrière, l'impression d'avoir un retard de carrière, l'impératif du "publish or perish" (ce damné "publis or perish" que tout le monde dénonce mais tarde à botter les fesses...), etc. etc. Si, autrefois, le scientifique travaillait dans son laboratoire au gré de sa fantaisie, aujourd'hui il est à la tête d'équipes complexes et dépend des subventions d'un tiers, subventions qu'il doit disputer à ses concurrents, obtenir en publiant au maximum (et en publiant au possible des résultats qui sastifont les organismes subventionnaires). Le contexte qui entoure la recherche -- surtout la recherche en biologie -- génère une pression malsaine chez le chercheur qui peut être tenté de tourner les coins ronds ou, dans les cas extrêmes, d'inventer ses résultats, prendre ceux des autres, etc.

Et il n'y a pas que les chercheurs d'impliqués: il y a aussi les étudiants universitaires, souvent employés dans des laboratoires dont ils dépendent pour leurs études, et qui peuvent dès lors subir des pressions intenses de la part de leur employeur-directeur de maîtrise ou de doctorat. Les dérives rendues possibles par cette inégalité inhérente au système se sont vues à maintes reprises.

Un exemple d'interaction néfaste entre la science et la société... qui peut se révéler fort néfaste pour les deux!

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