lundi 20 avril 2009

L’Académie des chasseurs de prime — une bande dessinée à ne pas manquer…


Dans mon billet consacré au Salon International du Livre de Québec, plus bas, j’ai évoqué ma rencontre avec Benoît Godbout, le dessinateur et coscénariste de la série Académie des chasseurs de primes, une bande dessinée 100 % québécoise publiée aux 400 coups. J’aimerais réunir quelques notes sur cette bande dessinée en espérant la faire découvrir aux amateurs du genre — cela nous rappelle qu’il se fait de la très bonne bande dessinée SFF au Québec.

C’est par hasard que je suis tombé sur cette bande dessinée : elle a été originellement publiée en revue et j’en ignorais l’existence jusqu’à ce que cette couverture rouge et très SF m’interpelle. Pour ceux qui l’ignorent, je suis maniaque de bandes dessinées, c’est un art que j’ai en haute estime. Elles sont pour moi une source d’inspiration : pour débloquer l’imagination coincée, feuilleter des bandes dessinées est aussi stimulant que feuilleter un roman ou un bouquin de philo choisi au hasard. En tombant sur l’Académie des chasseurs primes, je me suis dit « chouette, un nouveau matériau inspirant. » Et ma surprise de constater que ce que je croyais être une BD publié chez Soleil ou Delcourt était en fait 100 % québécoise. De quoi être ravi.

Le graphisme, qui emprunte parfois aux codes du manga, le design des personnages et les couleurs — remarquables — ont été un plaisir pour mon œil. Et je me suis bien amusé avec l’histoire de cette école de chasseurs de prime — d’ailleurs, l’onomatopée « be-bop » émise par le tableau de bord de certains vaisseaux me rappelait un excellent anime sur des chasseurs de primes que les fans de manga connaissent bien ;-)

Il ne s’agit pas là d’une SF « rigoureuse », c’est-à-dire construite autour de concepts scientifiques réels et conformes aux dernières publications de la NASA, mais de ce que j’appelle une SF « bon enfant » : le but est de nous raconter une histoire folle, avec des personnages colorés (c’est le cas de le dire) et des créatures dont la conception ne vise pas à respecter les lois de la biologie, mais à satisfaire l’extravagance des scénaristes — pour notre plus grand plaisir. Mais « extravagance » ne veut pas dire « incohérence » : il y a, derrière les aventures de ces chasseurs de prime, tout un arrière monde avec sa propre cohérence — on sait que j’accorde beaucoup d’importance aux arrières-mondes. L’histoire et l’univers présentés ici, bien qu’humoristique, se révèlent donc très solides, en fin de compte. Pour ce qui est des créatures extravagantes, j’avouerai avoir craqué pour le När, une sorte de méduse inoffensive, souriante et pleine d’yeux qui communique ses pensées grâce à un petit panneau digital… pour ne dire que des évidences. On m’a assuré que cet extraterrestre reviendra dans les autres tomes, j’espère bien…

Histoire folle, arrière-monde bien planifié, graphisme très professionnel, créatures charmantes… Ceux capables de s’amuser trouveront sûrement beaucoup de plaisirs à lire le premier tome de cette série qui se dévore rapidement, le temps d’une soirée, d’un parcours en métro, d’un voyage en autobus. Vivement que les autres tomes sortent et espérons que le succès sera au rendez-vous ici et ailleurs. Après tout, il s’agit d’une œuvre 100 % québécoise (éditée et imprimée ici) qui mérite d’être encouragée et qui a le potentiel pour percer. Aussi placerais-je un lien permanent vers son site sur mon blogue, tiens.

À noter aussi que Jacques Lamontagne, dessinateur de BD bien connu et qui a illustré nombre de couvertures chez Alire, a aussi publié récemment Les contes d’outre-tombe chez le même éditeur.

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