samedi 30 mai 2009

Le dentier de la gitane...


Autre sortie ciné hier soir, avec mon pote Sébastien Aubry, pour aller jeter un coup d’œil sur le dernier film de Sam Raimi, Malédiction de l’enfer — le titre original, Drag me to hell, sonne beaucoup mieux. Cela faisait un bail que je n’étais pas allé voir un film d’horreur au cinéma — trop de déceptions —, mais celui-ci semblait amusant de prime abord (et avec Sam Raimi à la barre, on pouvait s’attendre à une bonne dose d’humour et rien de sérieux.


Et c'est dans l'état d’esprit qu’il faut aller le voir : mon Dieu (ou plutôt mon diable!) que j’ai ri.

Le synopsis n’est pas sans évoquer le contexte économique actuel. Christine Brown, responsable des prêts bancaires dans une banque est soucieuse de mousser sa carrière. Pour plaire à son exigeant patron, elle refuse d’accorder plus de temps à une vieille gitane pour rembourser son hypothèque (on est en crise de crédit, paraît-il). Furieuse, la vieille harpie lance une malédiction sur Christine : dans trois jours, un démon, la Lamia, va venir la prendre pour l’emporter en Enfer. Et la suite du film de raconter les tentatives désespérées de Christine pour se défaire de la malédiction et de l’emprise de plus en plus menaçante de la Lamia.

L’idée de base n’est pas sans rappeler Rendez-vous avec la peur (1957) de Jacques Tourneur, que j’ai déjà commenté ailleurs sur ce blogue, et je crois que Drag me to hell constitue un hommage inavoué à ce dernier. Dans les deux films, on retrouve l’idée d’une malédiction semblable, transmise à une victime par l’intermédiaire d’un objet ensorcelé et la seule manière de conjurer le mauvais sort consiste à refiler ledit objet à une autre victime. Dans les deux films, la victime de la malédiction subit les assauts sournois des démons chargés de le prendre après trois jours, et dans les deux cas on a le droit à une finale qui se déroule sur des voies ferrées.

Mais pour le reste, les deux films se situent dans des registres totalement différents. Alors que Rendez-vous avec la peur était sérieux de A à Z, Drag me to hell verse dans l’humour le plus potache. Mais ce n’est pas un signe de médiocrité : certains films d’horreur sont drôles parce qu’ils sont cheaps et mal faits. Ici, le côté drôle est tout à fait volontaire et assumé de la part des scénaristes, réalisateurs et des acteurs — qui y prennent visiblement un plaisir fou. On retrouve ici le Sam Raimi des Evil Dead qui a décidé de nous livrer un *divertissement* ponctué de clins d’œil à d’autres films, de sursauts (attention, on sursaute tout le temps dans ce film) et de scènes d’horreurs volontairement si ridicules qu’on passe une heure et demie à se tenir les côtes tant on rit. La gitane, jouée merveilleusement, est simplement dégueulasse — mais vraiment, alors là, elle est tellement répugnante que c’en est drôle et qu’on imagine les fous rires de l’équipe de tournage lorsqu’ils l’ont mise en scène. La bagarre dans l’auto, où Christine Brown se défend à coup de brocheuse (si si !) contre la gitane, est un sommet de ridicule assumé. (Surtout la passe du *dentier de la gitane*, hein Sébastien? ;-) )

C’est niaiseux, point à la ligne, et c’est dans cet esprit qu’il faut aller le voir, si l’on est d’humeur :-)

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