mardi 11 août 2009

Un bref long billet sur la WorldCon...

Bon, maintenant que je retrouve peu à peu forme humaine — hier matin, j’avais une tête hirsute de « cinquième jour de WorldCon » — je m’assois devant l’ordinateur pour pondre un billet relatant mon expérience… et je me rend compte que je suis trop vanné pour faire quelque chose d’exhaustif. Voyons ce que nous pouvons pondre malgré tout…

Il y a une semaine, j’avais visité l’exposition sur les momies au musée de la civilisation à Québec. À un moment donné, l’exposition a été envahie par une multitude d’enfants du primaire qui couraient partout sans comprendre la portée de ce qu’ils voyaient. La WorldCon m’a fait la même impression : j’avais l’impression de visiter un musée où je pouvais observer tous ces auteurs qui m’ont fait rêver autrefois, m’ont donné le goût de la science-fiction et du fantastique — avec la possibilité de « toucher » par-delà les vitrines :-). Et de constater que parfois on me montrait des auteurs dont j’ignorais tout. Et de me maudire à chaque fois. Mais au moins j'ai su en reconnaître plusieurs de ces écrivains dont j'ai parfois acheté les livres d'occasion dès le primaire...

Ce que je retiens surtout de cet événement, ce sont les gens. Les auteurs certes, avec qui j’ai parfois eu la chance de discuter ou d’obtenir le coup de griffe, mais aussi les gens du milieu de l’édition, des artistes-illustrateurs, des fans excentriques mais sympathiques, et quelques bizarroïdes aussi. Et aussi les amis, ceux du milieu SFFQ qui étaient essentiels : on pouvait, lorsque le cerveau saturait devant tant de tables rondes, de rencontres, ou que nos jambes fléchissaient suite aux interminables marches à travers le palais des congrès, s’asseoir avec eux, discuter de l’évènement, rire et se reposer — à ce titre, les Benoit Girard, Daniel Sernine, Mario Tessier, Éric Gauthier, Jean Asselin et Brenda-Lee (si j’en oublie, pardonnez-moi, je dois avoir en ce moment le QI d’un australopithèque…) m’ont été très utiles! Si j’ai établi quelques contacts brefs, mais intenses avec des auteurs au sommet, j’ai pu approfondir des relations avec d’autres auteurs du milieu et solidifier celles avec mes complices habituels de la relève — vous vous reconnaîtrez Vincent S-A-E, Alain Ducharme et Alain Jetté. Et faire de nouvelles connaissances — Alamo Saint-Jean, notamment, et surtout Lucas Moreno ainsi que sa charmante compagne.
.
Moi, Lucas Moreno (alias "M. Utopod") et Pascale Raud
.
Côté dédicaces, j’ai obtenu les coups de griffes de la moitié de Laurent McCallister (Yves Meynard, j’attraperai Jean-Louis Trudel probablement au Salon du livre de Montréal parce que je ne pouvais pas trimballer le volumineux "Suprématie", leur dernier Space Opéra, avec mes autres bouquins), Jon Courtnay Grimwood, Walter Jon Williams, Alain le Bussy, Robert Silverberg, Élisabeth Vonarburg John Scalzi et Neil Gaiman. Plus tôt, j’avais pu discuter quelques minutes avec Robert Silverberg qui se montrait intrigué par la revue Solaris et les livres publiés par Alire — comme il s’intéressait à la couverture du roman d’Éric Gauthier, j’ai dit qu’il s’agissait là d’un jeune auteur parmi les plus prometteurs, trahissant en fait ma pensée réelle. Quant à Gaiman, obtenir sa signature m’a demandé 90 minutes de file d’attente, mais l’exercice a été un plaisir puisque je l’ai fait en compagnie de Pascale Raud et Nathalie Faure. (Note à moi-même : vérifier si faire la file pendant 90 minutes est compatible avec la définition d’un être mentalement sain.) Côté discussion, un bref échange avec James Morrow, suite à une table ronde sur laquelle nous étions tous les deux, m’a permis de connaître brièvement un vieux monsieur sage et vénérable qui, à première vue, semble empli d’une profonde humanité.
.
.

Moi et John Scalzi (qui m'écoute avec la plus grande attention après avoir vu la mention "vilain critique" écrite sur mon badge ;-) )

Moi et Neil "The Master" Gaiman.

Très peu de dépenses, j’ai été sage ce coup-ci. En dehors de « Suprématie », j’ai préféré dépenser mon petit budget WorldCon pour acheter deux tee-shirts qui me convenaient bien et faire réaliser par Karine Charlebois, une dessinatrice de comics, un portrait d’Ugo le néomorphe, le personnage principal du "Premier de sa lignée" — je posterai une image de ce dessin dans un autre billet. L’expérience a été très positive et m’a permis une fois de plus de discuter avec quelqu’un d’intéressant. J’y reviendrai.

La mascarade fut aussi un événement des plus intéressants. Certains costumes et numéros relevaient du génie et pouvaient susciter autant le rire que l’ébahissement — j’ai bien aimé le personnage « d’Atomic Robot » et le couple qui a fait un numéro sur la Grande Citrouille de Charlie Brown. Le hasard m’a fait croiser le couple en question dans un ascenseur et ils étaient ravis que je complimente leur travail.

Et le clou de la semaine, la cérémonie des Hugo, véritables oscars du monde SFF, m’a semblé irréelle — oh, c’était une cérémonie de remise de prix, mais depuis le temps que je vois des mentions du genre « a gagné le prix Hugo du meilleur roman » sur les bouquins que j’achète, c’était comme assister à un événement mythique. Chance et hasard ont fait en sorte que j’étais assis au troisième rang avec Pascale Raud. L’animation de la soirée a été faite avec professionnalisme — et je tire mon chapeau à Yves Meynard qui semblait avoir fait cela toute sa vie. La soirée a couronné plusieurs auteurs, scénaristes, et éditeurs, avec comme paroxysme le Hugo du meilleur livre qui est allé à Neil Gaiman. Gaiman a reçu le prix des mains d’Élisabeth Vonarburg — rencontre de deux monuments, quoi. (Faut dire que la concentration des monuments de la SFF dans la salle était très élevée; la SFF avait intérêt à ce qu’aucun incendie n’éclate ou qu’aucun météorite ne nous tombe sur la tête…).

Récipiendaires et animateurs des prix Hugo 2009 -- avec à droite Élisabeth "The Great Lady" Vonarburg


Bon, j’ai fourni mon tribut à ce blogue pour quelques jours. Je retourne m’étendre devant le climatiseur et si j’ai oublié de mentionner quelqu’un ou quelque chose dans ce billet… on verra ça plus tard!

1 commentaire:

Lily a dit…

Plaisir partagé pour la file en attendant la signature de Gaiman, Phil ! C'était drôle surtout le lendemain quand Marion a eu un autographe à la sortie de sa lecture et avec un sourire énorme a dit "et voilà j'ai pas eu besoin d'attendre 90 mn..." c'était rageant un peu jusqu'à ce que j'aie pu rentrer pour le kaffeeklatsche lundi ;)