mercredi 17 mars 2010

Téléréalité à la sauce Milgram...


Quoi? Surpris? Eh oui, je suis toujours vivant, (Mouhahahahahha...) malgré un silence d'un mois sur ce blogue -- mais comme je l'ai dit à plusieurs reprises, les mots que je ne mets pas ici, je les place ailleurs. Dans un endroit très intéressant :-)
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(Je constate d'ailleurs que ce blogue a dépassé les 27 000 visiteurs malgré mes négligences... Merci à mon paternel de me l'avoir fait remarquer :-) )
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Ce qui me fait sortir de mon mode cryptique aujourd'hui, c'est cette nouvelle, vue ce matin, comme quoi des psychologues français auraient répété la célèbre expérience de Milgram dans un contexte de téléréalité. Stanley Milgram (photo) avait montré, dans la foulée des affirmations d'Hannah Arendt selon laquelle les tortionnaires nazis étaient, à l'origine, des gens banals, comment le simple citoyen pouvait, sous la protection d'une autorité extérieure et dans certains contextes, perpétrer des atrocités. L'expérience a été répétée à plusieurs reprises dans divers contextes, et aujourd'hui on l'a fait dans un contexte de téléréalité.
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Je me suis interrogé: personne dans le studio ne devait connaître l'existence de l'expérience de Milgram pour que cette pseudo-téléréalité fonctionne. J'imagine que dans les critères d'inclusion et d'exclusion des participants, on a vérifié ce fait, mais je n'ai rien repéré sur ce point. En tout cas, l'article consacré à ce sujet sur le site de Pour la science est très intéressant à lire. Ce lien donne sur une manchette, mais de celle-ci on peut rebondir sur un article plus complet qui sera publié dans le prochain Cerveau&Psycho.
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Très intéressant. Et très glaçant aussi.

4 commentaires:

Gen a dit…

Ce qui m'a toujours fascinée avec cette expérience, c'est que les gens se soumettaient pour des raisons de pur conformisme.

Dans le cas des nazis, on leur faisait très clairement comprendre que s'ils n'obéissaient pas, ils prendraient la place de leurs victimes. Il ne faut donc pas s'étonner qu'ils aient obéit (et parfois même avec zèle).

Ce qui est également très intéressant dans cette histoire, c'est de constater que dans ce type de situation, des personnalités normalement considérées rebelles, asociales ou même déviantes vont réagir en se braquant contre les ordres reçus lorsque ceux-ci dépassent les limites du bon sens.

On peut donc considérer que ces rebelles ont un rôle social très important à jouer... et/ou on peut comprendre pourquoi les autorités cherchent toujours à les faire rentrer dans le moule.

S@hée a dit…

Ça me fait penser à un film allemand, L'EXPÉRIENCE, que j'ai écouté il y a quelques années. Vingt volontaires étaient choisis pour une expérience, certains jouaient les détenus, les autres des gardiens. Et les gardiens devenaient de plus en plus cruels, même si c'était un jeu. Terrifiant.

Alexandre Babeanu a dit…

Il y avait également un film Français avec Yves Montand (me rapelle plus du nom)...

Ca fait froid dans le dos effectivement. J'imagine la vie des tortionnaires dudit jeu télévisé le lendemain, quand les gens les reconnaissent au boulot ou dans la rue...

Jean-Louis Trudel a dit…

En passant, le film Das Experiment dramatise l'l'expérience de Stanford du docteur Zimbardo. Dans le film, il y a mort d'homme, paraît-il, et j'ai déjà eu un étudiant dans un de mes cours qui croyait que c'était aussi ce qui avait mis fin à l'expérience de Stanford (alors qu'il avait suffi des objections d'une seule personne pour convaincre le professeur Zimbardo d'arrêter).

Le film avec Montand, c'est I... comme Icare, dont on peut voir l'extrait inspiré de Milgram ici.