mercredi 2 juin 2010

De la couverture du H1N1...


Le 19 mai dernier j'ai assisté à une conférence très intéressante donnée par Julie Miville-Dechêne, ancienne reporter télévisuelle bien connue et aujourd'hui ombudsman de Radio-Canada. L'allocution portait sur la couverture médiatique accordée à la pandémie de grippes AH1N1 à l'automne dernier -- couverture qui, suite au nombre élevé de plaintes de la part des télespectateurs, s'est méritée une enquête de la part de l'ombudsman.


L'allocution s'était révélée très intéressante -- je m'y étais rendu parce que je m'intéresse aux relations entre médias, science et éthique, mais j'ai eu droit à un aperçu fort intiguant du métier d'ombudsman, le mandat que cela implique, le processus d'enquête, les normes sur lesquelles ces enquêtes s'appuient, etc.


Le texte de la conférence est disponible ici. J'y place un lien compte tenu de mes intérêts, mais parce que certains des rares lecteurs de ce blogue pourraient être intéressés par l'analyse très critique que livre Julie Miville-Dechêne d'une couverture médiatique à laquelle tous ont été exposés. Et dans laquelle les responsabilités ne sont pas toujours celles qu'on croit...


Lien vers le texte de la conférence.


Lien vers le site de l'ombudsman de Radio-Canada.


Lien vers le site des conférences "éthiquement vôtre", activité gratuite donnée par la santé publique et dans le cadre duquel se tenait celle donnée par Julie Miville-Dechêne.

2 commentaires:

Frédéric Raymond a dit…

C'est en effet très intéressant comme document. J'avoue que j'ai moi-même parfois été un peu choqué par la couverture médiatique qui était parfois trop sensassionaliste. Évidemment, je suis un peu biaisé dans mon point de vue, puisque je travailles directement sur ce joli petit virus. Ce qui me dérange un peu (sans m'étonner) sont les plaintes qu'ils ont reçu et qui ont justifié cette réflexion. Des commentaires comme ça, j'en ai entendu des tonnes pendant la pandémie. Quand c'était des gens raisonnables (ce n'était pas toujours le cas), je leur expliquait les faits derrière la panique. J'ai été soulagé quand j'ai vu les médias passer du mode panique à celui de messager de la Santé Publique.

Il y a quand même de l'espoir pour les futures éclosions de nouvelles maladies. En se posant les bonnes questions, les médias seront peut-être prêts. En tout cas, dans des situations comme ça, ils auraient besoin de journalistes scientifiques critiques qui connaissent leur affaire et qui sont capable de se documenter adéquatement dans la littérature scientifique pour bien comprendre le phénomène qu'ils couvrent. De même pour le choix des experts. Certains des experts consultés par les médias au cours de la pandémie n'étaient pas, à mon avis, des experts. Je me souviens en particulier d'un médecin de famille qui n'avait pas trop l'air de savoir de quoi il parlait. D'un autre côté, ils ne peuvent pas présenter le même spécialiste tous les jours...

Gen a dit…

Moi ce qui m'avait frappée avec cette couverture, c'était le manque de relativisme.

On nous bombardait des chiffres des morts prévues, mais sans nous donner le comparatif.

Quand j'ai fini par mettre la main (auprès du prof d'histoire de la médecine de l'Uqam!) sur des chiffres permettant de comparer le taux de mortalité issu de la H1N1 vs le taux de mortalité d'une grippe saisonnière ordinaire, j'avais déjà eu le virus.

Cela dit, je comprends que les médecins et les autorités aient voulu jouer "safe", mais quand on a commencé à dire "On comprend pas pourquoi les gens veulent pas se faire vacciner plus que ça. Quand on a inventé le vaccin contre la polio, les gens se précipitaient", là j'ai comme eu l'impression qu'on exagérait un tantinet...