mercredi 5 janvier 2011

Cette réplique qui vous fait frémir...


C’est une discussion que j’ai eue avec plusieurs amis dans le passé et qui est revenue sur le tapis pendant le dernier congé des fêtes (Bonne année tout le monde, au fait...) : quelle est la scène qui vous a le plus fait frémir parmi tous les films que vous avez vus?
Il faut entendre « frémir » au sens large : pas nécessairement frémir de peur, mais peut-être de surprise, d’extase, de joie, etc. Posé autrement, la question serait « Quelle est la scène, parmi tous les films que vous avez vus, qui vous a laissé un souvenir impérissable et que vous aimez revoir pour ressentir toujours le même frisson, la même intensité? »
Il y a quatre films que je considère « parfait » – pas dans l’absolu, mais je ne vois en eux aucun changement à apporter, aucune correction, je ne veux pas voir d’autres montages, de version longue ou améliorée, etc. Ces quatre films sont: 1) Les aventuriers de l’Arche perdue, 2) Amadeus, 3) Les aventures du Baron de Münchausen (la version de Terry Gilliam) et 4) La beauté du Diable (de René Clair).
Mais dans ces quatre films, LA scène qui me fait le plus frémir se trouve dans Amadeus.
C’est la scène, magistrale, où Salieri explique au prêtre son plan pour assassiner Mozart. Salieri évoque le Requiem qu’il vient de commander à Mozart dans le dessein de faire passer l’oeuvre pour la sienne – aux propres funérailles de Mozart. Emporté par sa vision, Salieri décrit les funérailles de son rival (avec les premières notes du Requiem qui s’élèvent en arrière-plan). Et là, il déclare « Salieri inspiré par Dieu, enfin, et DIEU FORCÉ D’ÉCOUTER », appuyant sa remarque d’un geste violent de l’index vers le prêtre tétanisé... avant de conclure pragmatiquement: «La seule chose qui faisait problème, c'était l'assassinat. Comment fait-on cela, eh?»

Ces trois petits mots, la musique, le visage de F. Murray Abraham à ce moment... Ça m’a toujours fait frémir et je frémis encore quand j’écoute ce film. Toute l’intrigue d’Amadeus (deux heures quarante quand même) réside dans cette déclaration: Salieri n’en a rien à faire de Mozart, c’est à Dieu qu’il en veut pour s’être montré déloyal. Belle plongée dans la folie d’un homme confronté au génie. Et une prestation qui explique bien l’oscar décerné à F. Murray Abraham la même année. J'adore me taper le film pour en arriver à ce moment (qui n'a peut-être pas la même intensité quand on le voit ainsi coupé du reste mais coudonc, je tenais à le montrer ici).
Ah, si un jour je parviens à écrire une scène aussi intense...
Et vous, avez-vous une scène qui vous fait frémir? Le genre de scène que vous aimeriez arriver à créer dans vos oeuvres? Ou que vous aimez simplement voir et revoir? Si vous avez un blogue, partagez-la avec nous! :-)

5 commentaires:

Gen a dit…

Hum... faut que j'y pense.

Mais une chose est sûre : écrire une bonne scène, c'est une chose. Trouver quelqu'un pour la jouer, un réalisateur pour la faire sentir, ça c'est différent... et ça ne dépend pas du pauvre auteur.

J'ai jamais vu une réplique tomber autant à plat que le "I am no man" d'Eowyn dans le troisième volet du Seigneur des Anneaux. Pourtant, dans ma tête, c'était un moment très fort, farouche, puissant...

Alamo a dit…

Hmmmm... j'irais avec la finale du film "Fight Club" quand le narrateur dit à Marla, un trou de balle dans la joue avec le sang qui gicle: "You've met me at a strange moment in my life".

Comme si la vie allait revenir normal après cela! ;)

Sinon y a aussi la scène flashback/finale de 12 Monkeys, où le personnage de Bruce Willis revis à jamais sa propre mort et que le spectacteur réalise qu'il est prit dans une boucle sans possibilité de sortie, ça m'a toujours fait froid dans le dos et surtout, réfléchir sur la causalité...

Alexandre Babeanu a dit…

Excellente question Monsieur!

Très bonne scène de Amadeus, effectivement, quel acteur!

Pour ma réponse, bin comme je commençais à m'étaler une peu trop pour un commentaire, j'en ai fait un billet. Mes réponses ici, donc:

http://alexbabeanu.blogspot.com/2011/01/vos-scenes-de-cinoche-cultes.html

Philippe-Aubert Côté a dit…

Eh, salut Alex, ça boume? Content d'avoir de tes nouvelles! :-)

Je vais aller lire ton billet tantôt mais j'ai vu qu'il y avait une scène des Monthy Python... Hé hé hé ;-)

Alexandre Babeanu a dit…

Bin oui, on fait aller, super occupé en fait, j'ai à peine le temps de lire les Solaris, c'est dire, j'en ai 1 de retard! Ca a l'air d'aller pour toi :).Tous mes voeux pour cette année, et peut-etre à bientôt! Je passerais bien au salon du livre cette année...