dimanche 27 février 2011

Un café avec Tim Burton...

Cela fait un bout de temps que je vois ce livre en librairie, mais que j’hésite à ouvrir le portefeuille — pas donné le bouquin, comme tous les bouquins publiés chez Sonatine. Surtout, je ne suis pas friand de livres d’entretien ou de biographies. La seule biographie que j’ai vraiment lue avec fascination est celle d’Hergé, écrite par Benoît Peteers, où on nous présentait un créateur avec son côté lumineux et son côté obscur, sans jugement.

Je n’ai pas vraiment été intrigué par d’autres biographies jusqu’à ce que je tombe sur ces entretiens avec Tim Burton. En y repensant, c’est vrai que j’ai toujours tripé sur Bételgeuse, sur les deux premiers Batman, sur Edward aux Mains d’argent et sur Sleepy Hollow. Big Fish était extraordinairement plein de tendresses malgré la gravité du sujet, tout comme Ed Wood. Si j’aime certains bouts de la Planète des Singes, le reste ne me semble qu’une succession de corps étrangers — et j’avoue avoir toujours eu une sainte misère avec Mars attaque. Il y a, dans les univers de Burton, une petite musique de fond qui m’a toujours intéressé, sans que je parvienne à l’identifier (et parlant de musique j’adore les trames sonores de Dany Elfman, presque toujours associé à Burton).

Mais vous savez quoi? Un jour, il y a longtemps, quand j’étais de l’âge à croire au Père Noël et que je lui ai rendu une visite sur ses genoux comme un tas d’enfants, je ne lui ai pas dit ce que je voulais pour Noël, non. Je ne lui ai posé que cette question qui m’obsédait depuis des jours : est-ce que le Père Noël aimait l’Halloween?

Hé hé... :-)

Donc, je viens d’emprunter le livre de Mark Salisbury à la bibliothèque et après l’avoir dévoré, il m’apparaît évident que c’est une question de temps avant que je commette la dépense. Ce livre est TOTALEMENT FASCINANT.


Au travers de chapitres courts en entretiens indirects (les questions de l’interviewer, en gras, ont été retransformées en mise en contexte, et ça se lit beaucoup mieux que dans une interview directe
classique), Burton évoque rapidement ses jeunes années et son apprentissage chez Disney avant de passer en revue — de manière plus détaillée et avec des chapitres plus longs — la genèse de ses films. Les entretiens ont été réalisés au fil des années, le livre actuel complétant un contenu déjà publié auparavant, mais le livre s’arrête juste avant Alice au pays des merveilles, pour vous donner une idée.

Mais plus qu’une plongée dans l’univers du cinéma avec ses joies et ses coups bas, ce qui m’a interpellé ce sont les mécanismes de la création chez Burton : ce qui a motivé certains choix dans ses films, les connexions qu’il doit établir avec ses personnages pour se lancer dans un projet, ses considérations esthétiques, la manière dont il compose avec la critique, le fait que son esprit fonctionne « par éparpillement » (ce qui explique la structure non linéaire de ses histoires — tiens donc), comment il peut partir de quelques esquisses et d’un poème rédigé depuis longtemps pour en arriver à un film, comment il assume les thématiques récurrentes de ses films, etc. Le tout avec un calme qui semble bien aller avec l’allure « tombé du lit » qu’on lui connaît et surtout une bonne dose d’humour.

Le tout ponctué d’anecdotes amusantes et de réflexions à souligner au crayon. C’est ce qui va me motiver, dans un avenir proche, à me procurer un exemplaire de ce livre : pouvoir le relire en en soulignant certains passages, très pertinents pour ceux qui s’intéressent à la création — que ce soit pour un film, une BD, une histoire… Par exemple, juste la manière dont Burton s’est réapproprié le personnage de Willy Wonka pour Charlie et la Chocolaterie — en lui donnant un passé et en en faisant un personnage déjanté — est très instructive pour ceux qui doivent réfléchir à leurs personnages…

Et comme presque tout le monde a vu ses films, et que des gens comme ceux de ma génération ont eu leur enfance marquée par Bételgeuse, Batman ou Edward aux mains d’argent, beaucoup seront sûrement intrigués de découvrir les secrets derrière la genèse de ces œuvres.

Bref, pour moi une lecture à avoir dans ma bibliothèque.

Mettons que depuis mon emprunt, je me suis retapé tous les films de Burton que j'avais et je suis allé à la bibliothèque emprunter ses courts-métrages. Après avoir lu ce livre, on revoit ses films avec un regard tout à fait différent...

J'espère qu'un jour l'exposition qui lui est consacrée à Toronto vienne à Montréal!

Mark Salisbury, Tim Burton, Sonatine, 2009

Aucun commentaire: