mardi 26 avril 2011

Terremer : un Ghibli méconnu maintenant disponible

Pour ceux qui aiment les films du grand Miyazaki et du Studio Ghibli, on vient de sortir en DVD Les contes de Terremer, une paraphrase des romans d'Ursula K. Le Guin réalisée par Goro Miyazaki (le fils de l'autre) et sortie originellement en 2006.

J'étais curieux de voir ce film depuis un petit bout de temps: lors d'un voyage en autobus, le passager assis en avant de moi l'écoutait sur son portable. Je n'avais pas le son, mais juste à voir les images, j'avais déduit qu'il s'agissait d'une oeuvre des studios Ghibli. Les décors m'avaient fasciné et après une recherche sur le web, j'avais fini par identifier le long-métrage en question. Qui a la particularité, entre autres, d'avoir essuyé une critique assez mitigée. (Peut-être l'explication pourquoi il n'était jamais sorti en DVD ici.)

Mais surprise pendant Pâques: je suis tombé sur une copie à la Boîte Noire. J'ai loué, donc.

Je ne connais pas l'oeuvre d'Ursula Le Guin (j'ai un recueil de nouvelles mais je ne connais rien à Terremer). Je ne sais donc pas ce qu'en penseront les fans de Le Guin, mais dans le générique du film on mentionne explicitement que les Contes de Terremer sont inspirés à la fois des livres de Le Guin et d'un récit de Miyazaki père. Il s'agit donc explicitement d'une réappropriation de l'oeuvre originale par les artisans du studio Ghibli -- que Le Guin n'a pas apprécié, en fin de compte.

Mes impressions globales. C'est une curiosité à écouter. Les décors sont magnifiques. Il y a plusieurs belles scènes. (Les décors sont VRAIMENT époustouflants. L'ai-je dit? Ah, les villes qu'on voit dans ce film...)

Mais il manque quelque chose. Je ne saurais dire quoi. J'ai eu l'impression que les bases étaient posées pour de nombreuses intrigues toutes plus intéressantes les unes que les autres, mais finalement le film s'oriente après son premier tiers dans une histoire de confrontation bon-méchant très classique et plutôt... qui n'a pas levé pour moi. Miyazaki père nous a habitué à des histoires non-linéaires qui fonctionnent, avec des personnages tout en tons de gris. Ce n'est pas le cas ici, et j'ai eu l'impression que le film était bâclé. Une deuxième écoute rapide m'a confirmé mon impression: dans le premier tiers du film, beaucoup d'éléments sont posés, mais finalement on ne les exploite guère. Je suis resté sur ma faim, avec plusieurs questions en suspens. Quant à la psychologie des personnages, cela ne m'a pas semblé exploité jusqu'au bout. Comme des passerelles lancées dans le vide. Beaucoup de personnages se retrouvent finalement à n'avoir qu'un rôle passif, voire inutile dans l'histoire.

Et bon, même si la musique contenait un petit leitmotiv plutôt intéressant, je me suis ennuyé des géniales partitions composées par Joe Hisaishi pour d'autres longs-métrages du studio.

Quand même une mention spéciale pour Willem Dafoe qui prête sa voix à l'antagoniste principal, et qui est TRÈS efficace.

Bref, une curiosité intéressante à voir au moins une fois, mais qui supporte mal la comparaison avec les autres oeuvres du studio signés ou non par Hayao Miyazaki. Pour donner une idée, j'ai trouvé Le Royaume des Chats, auquel on avait repproché sa simplicité, beaucoup plus achevé.

Cliquez ici pour la page du DVD chez Archambault.

(En passant, pour ceux que ça intéresse, j'ai fait une seconde petite mise à jour sur mon précédent billet... Et non, je n'ai pas publié ce billet sur Terremer juste pour être sûr qu'on voie cette mise à jour. )

1 commentaire:

charles et sebs a dit…

C'est en tout cas moin pire que gunnm. Ils avaient essayer d'adapter les neuf tomes en 60 minutes. On passe tout simplement d'une oeuvre mélangeant combat et psychologie a une xxxxxx digne de pokémone