lundi 27 juin 2011

Super 8 : un autre film à voir...

La bande-annonce de Super 8, le dernier né de J.J. Abrams, est celle qui m’a le plus intrigué au dernier Boréal : d’accord, c’était de toute évidence une histoire de vilain mo-monstre qui terrorise une petite ville (schéma archi-classique) mais quelques chose dans la musique et l’ambiance laissait sous-entendre qu’on n’aurait pas affaire à un film d’horreur bon marché qui copie-colle bêtement ce qui se faisait dans les années 1960-1970. Je soupçonnais plus quelque chose qui irait vers une science-fiction « à révélation » (comme Rencontre du 3ème type) — d’ailleurs, Spielberg étant le producteur du film, c’était une possibilité. J’étais donc intrigué. J’ai profité d’un petit voyage éclair à Chicoutimi via Québec pour aller le voir.


Constat : ça fait du bien de débourser pour un film (sans être forcé de choisir le 3D) et d’avoir un BON film (chose qui devient rare, me semble, ces temps-ci…)

Je n’ai pas envie de m’étendre en long et en large, de faire le bilan du positif et du négatif et de tout argumenter, aussi dirai-je simplement que j’ai adoré. On pourrait craindre que Super 8 ne s’adresse qu’aux fans de films d’horreurs ou de préadolescents (comme l’a dit la critique de Médiafilm): la prémisse des jeunes amateurs d’horreurs qui veulent faire des films (Des films de zombies en plus! Shame on them! Shame on them!) et qui se retrouvent confrontés à un phénomène fantastique est assez éculée. On pourrait croire que seuls les amateurs d’horreurs pourraient s’identifier aux personnages — eux-mêmes fans d’horreurs. Il n’en est rien : tout le monde peut y trouver son compte parce que les personnages sont bien développés, attachants, leurs expériences possèdent un quelque chose *d’universel*. Ce quelque chose fait en sorte que leurs drames personnels rejoignent aisément les spectateurs, même s’ils n’y a aucun point commun entre les héros du film et les gens assis dans la salle. On embarque dès la première image (un exemple GÉNIAL de comment *montrer* qu’un drame a eu lieu sans le *dire*), et l’intérêt ne descend pas d’un cran. La scène du déraillement de trains est franchement impressionnante… La dernière fois que je me suis tordu comme ça sur mon siège, je crois que c’était en allant voir Le Poséidon, devant la scène où le paquebot chavire.

Et ce que j’ai personnellement aimé, c’est qu’on ne s’est pas enligné dans l’ornière du film de monstres : une créature attaque un groupe d’individu/une ville puis c’est la lutte pour tuer le monstre avec beaucoup de morts, etc. (Voir les Jaws, Aliens, Blobs, Peur Bleue et la tonne de navets qui copient bêtement le schéma, sans oublier les films (certains génialissimes, d’autres pourris à l’os) où le *monstre* est un humain — voir tous les slashers…) Je craignais qu’après des débuts orientés vers le mystère Super 8 ne fasse que raconter la chasse et la mise à mort du monstre évadé du train (Jaws ou Alien sur terre, quoi). Mais on s’oriente dans une autre direction : la créature (bien qu’hostile parce que passablement échaudée par son séjour sur Terre) ne cherche en fait qu’une chose : partir. La confrontation à mort anticipée se transforme plutôt en *rencontre* qui transforme les protagonistes sur le plan psychologique. Les jeunes personnages du film (mais nombre d’adultes) ressortent tous grandis de l’aventure. On pourrait trouver cela un peu naïf (et bon, la fin est appuyée, certes, par une musique « sortez vos mouchoirs ») mais personnellement, cela a marché pour moi. Après tout, pourquoi ne pas clore une histoire de ce genre par quelque chose de positif, de constructif — plutôt que de nous asséner une énième fois que dans ce genre de conflit seul la destruction violente est envisageable…

Alors que vous aimiez ou pas les films d’épouvante, que vous aimiez plus ou moins la SF, que vous soyez ou non un nostalgique, vous trouverez sûrement dans Super 8 quelque chose d’intéressant auquel vous raccrochez. Et vous passerez un bon moment au cinéma — sans doute mieux qu’en allant voir Green Lantern (Je sais, je n’ai pas vu ce film, je ne peux pas parler, mais la bande-annonce augurait tellement mal…)

5 commentaires:

Lily a dit…

Je l'ai vu en fin de semaine et j'ai bien aimé Super 8 aussi. Il y a nombre de clins d'oeil nostalgiques au passage et c'est très bien filmé. Je le souligne parce qu'Abrams parfois abuse de la caméra dans tous les sens et ça me donne mal au coeur. J'ai particulièrement apprécié le petit film final pendant le générique de fin, un clin d'oeil de plus. :)
Green Lantern pas vu, mais Jean-Louis m'a juste dit que c'était pour ados, voire préados... ;)

Gen a dit…

Pas mal en effet Super 8. Sauf la fin, vraiment trop "commanditée par Kleenex" ;)

Philippe-Aubert Côté a dit…

En effet, les Kleenex sont de mise: la clim dans les salles de cinéma vous dessèchent les yeux comme c'est pas possible. Tout le monde larmoyait à la fin du film: pas étonnant après une heure et demie à endurer une telle sécheresse...

;-)

Daniel Sernine a dit…

Tu ne trouves pas que ça manquait de poil?
(Gag. J'ai bien aimé moi aussi.)

Philippe-Aubert Côté a dit…

Le petit côté "jolie brute" de la créature compensait le manque de poils ;-)

Je suis sûr que le monstre était surtout un gros tendre en manque d'affection :-D