samedi 12 novembre 2011

Ah, Fellini...

En rôdant sous la lune dans de sombres lieux de perdition (c.-à-d. un Renaud-Bray, avant d'aller chez Planète BD, mon pusher de bandes dessinées...), je suis tombé sur un livre d’esquisses de Fellini, aux pages remplies de ces femmes aux courbes voluptueuses et aux seins démesurés qu’il affectionnait tant. Ça m’a remis en mémoire une scène dans son Casanova qui m’avait marqué il y a longtemps, quand je devais avoir dans les 22-23 ans. Casanova, interprété par Donald Sutherland, est reçu à la cour du Duc de Wutenberg, qu’il tente d’impressionner en exhibant les trésors amassés dans ses voyages. Mais le Duc, un homme chétif et déconnecté, flotte dans un autre monde… Casanova tente de se faire entendre à travers la cacophonie du banquet — les convives s’amusant sur les orgues gigantesques qui décorent l’endroit.

Et soudain, les convives se mettent à jouer une musique étrange, à faire frémir. Je croyais au début qu’ils chantaient en allemand, mais je crois qu’il s’agit d’une langue inventée — ce que confirmerait certains sites que j’ai consultés sur le web pour retrouver l’extrait en question.

C’est sinistre, magnifique, onirique, démentiel, sans rapport… C’est du grand Fellini, quoi!

La musique en question débute vers 2 min 22 s, avec une conclusion intéressante à 4 min 37 s. Dommage que les dialogues soient en italien. D’après mes souvenirs, Casanova parle de ses voyages, de ses projets d’ingénieurs, présentent des graines qui apporteraient la jeunesse éternelle. Il s’insurge ensuite contre les soûlons qui tripotent une femme, laquelle se révèle être un automate de bois. Casanova ressent alors un coup de foudre pour l’automate. Dans mon souvenir, les paroles de Sutherland (en VF) faisaient un étrange écho à cette musique quasi diabolique qui joue en arrière-plan.


C'est du Fellini, eh!

3 commentaires:

David Hébert a dit…

Ah, Fellini... Je n'ai pas tout exploré de lui, mais c'est sans contredit un réalisateur que je vais découvrir davantage. Et j'aime bien Casanova (beaucoup plus que Don Juan comme séducteur...)
Question de clarifier les choses : j'écris ce commentaire complètement ivre. Voilà :)

Philippe-Aubert Côté a dit…

Être ivre est sûrement un bon état pour se taper un film de Fellini :-)

Ceci dit, dans ce film-là, Casanova y goûte. Je crois que Fellini détestait le personnage de Casanova (un héros chez les Italiens) et il s'est fait plaisir.

Si cela t'intéresse, le personnage de Casanova dans "Don Giovanni, naissance d'un opéra", est vraiment fascinant. On y voit comment Casanova a été présent dans la genèse de cet opéra de Mozart... consacré à Don Juan ;-)

David Hébert a dit…

Je jetterai un œil à ça ! J'aime beaucoup l'opéra de Mozart, que j'ai écouté de nombreuses fois. Kierkegaard y consacre d'ailleurs plus d'une centaine de pages dans son ouvrage "Ou bien... ou bien...", dans un texte intitulé « Les étapes érotiques spontanées ou l'érotisme musical ». Il y affirme être « amoureux de Mozart comme une jeune fille » ;-)