jeudi 5 avril 2012

Avoir les priorités aux bonnes places...

Je ne sais pas si vos parents vous ont déjà posé la question -- normalement ils le font pour vous aider à décider de quels jouets vous devez vous débarrasser -- : "Si un incendie se déclare, qu'est-ce que tu apporterais avec toi?"

(Remarquez, je ne me souviens pas que mes parents à moi m'aient posé ce problème philosophique d'importance, mais j'en ai déjà vu le faire).

Hier soir, je me couche vers 23h30, ferme la lumière et la télévision... Une minute plus tard j'entends un détecteur de fumée se déclencher dans un appartement voisin, puis s'arrêter. Et dix secondes après, l'alarme d'incendie se déclenche. Je me lève en grommelant : les fausses alarmes dans mon bloc, j'en ai affronté au moins quatre ou cinq en six ans. Toutefois, mon bloc présente cet avantage qu'il est facile d'évaluer en 15 secondes si c'est une fausse alarme ou pas, seulement en parcourant rapidement l'escalier traversant les quatre étages pour voir si les couloirs sont envahis de fumée. J'étais responsable d'évacuation en cas d'incendie dans ma résidence, à l'Université Laval, et à chaque fausse alerte j'ai le réflexe de passer rapidement devant chaque porte d'appartement pour y plaquer ma main (pour vérifier si c'est chaud).

Mais là j'ouvre ma porte et oh misère! Le couloir est plein de fumée! Mes voisins sortent, on échange un regard: ça ne vient ni de chez eux, ni de chez moi.

Je rentre, j'appelle les pompiers, donne les infos, fourre quelques objets dans mon sac d'armée et dans mes poches puis sors.

Les pompiers rappliquent, inspectent les lieux. La coupable se révèle être une locataire du troisième étage (absente, je crois) qui a laissé des aliments sur son rond de poêle ouvert. Plus de peur et de fumée que de mal. Et beaucoup de colère de la part des autres locataires.

Je rentre chez moi et commence à examiner ce que, dans l'empressement, j'ai apporté avec moi (après tout, avec l'adrénaline, j'en ai pour une bonne heure à me rendormir). Outre le portefeuille, les clefs, ma carte OPUS, j'ai mis dans mes poches mes clefs USB et dans mon sac d'armée mon ordinateur portable avec ma thèse et mes manuscrits en chantier, plus le cahier de notes de mes histoires en cours, mon moleskine et le cahier qui contient l'arrière-monde d'un projet de roman de science-fantasy. Plus le petit carnet dans lequel j'ai esquissé la suite indirecte de "Pour l'honneur d'un Nohaum" et mon cahier créatif pour composer des histoires policières.

Je n'ai pas pensé à ma carte de crédit, mais j'ai apporté ma casquette en tweed.

Maintenant, si on me demande ce que je sauverais en cas d'incendie, je suis fixé! :-)

7 commentaires:

richard tremblay a dit…

Mettre seulement une heure à se rendormir après une affaire pareille. Chapeau le sang-froid !

Isabelle Lauzon a dit…

LOLOL! Ouais, parle-moi de ça, tu as vraiment le sens des priorités, toi! ;)

Philippe-Aubert Côté a dit…

À Richard : Pour m'endormir, cela a été facile : j'ai utilisé cette thèse que je m'étais évertué à sauver :-)
(Non, je ne me suis pas mis à la lire, je l'ai pris pour m'en asséner un bon coup sur la tête...)

À Isa: hé hé, yep! Le pire, c'est que le fait d'avoir rédigé ces notes fait en sorte que si je les perdais, je crois que je serais capable de les retracer dans leur ensemble. Mais personnellement, je ne veux pas mettre cette hypothèse à l'épreuve... :-p

Gen a dit…

Lolol! Dans la même situation, je sais très bien ce que je ramasserais : Bibitte et ma sacoche (où se trouvent mes carnets remplis à la main). L'avantage d'être une fille, c'est que le sac contenant les essentiels (porte-feuille, carte de crédit, clefs USB et carnet) est toujours prêt! ;)

Philippe-Aubert Côté a dit…

À Gen: je devrais me préparer ça, tiens, une valise "en cas d'incendie" :-)

Avec une valise en cas d'innondation, de tremblement de terre, d'invasion extra-terrestres, d'élection des conservateurs (ah, non, déjà en cours d'utilisation...)

Caro a dit…

Hum, c'est là où je trouve que mon ordi de bureau s'apporterait très mal en cas d'évacuation rapide... avec tout ce qu'il y a à débrancher, je risquerais de cuire.

Bravo pour le sang-froid!

Philippe-Aubert Côté a dit…

J'avoue que c'est l'une des raisons qui m'a poussé à adopter les ordis portables "only" il y a quelques années... N'empêche, il serait temps que je me procure un nouveau disque dur externe...

Un de mes profs ne jure que par "Dropbox" sur le web mais je n'aime pas l'idée de centraliser mes documents personnels sur le web...